Peut-on vraiment vivre de l’impression 3D ? Mathilde Berchon répond (et on vous offre son livre)

Comment on fait pour lancer son business dans le secteur de l’impression 3D ? Si vous cherchez des réponses concrètes, alors vous êtes au bon endroit ! Vous avez peut-être déjà entendu parler de Mathilde Berchon. Elle est en effet à l’origine de deux livres sur l’impression 3D, une première édition ayant été publiée en 2013. Forte d’une solide experience en fabrication additive, elle met ses connaissances au service du marché français depuis plus de 10 ans. Il y a quelques semaines, elle a publié un nouveau livre intitulé Vivre de l’impression 3D : Lancer et développer son entreprise avec l’impression 3D. Comme le titre l’indique, il s’agit de conseils pratiques pour construire son projet professionnel sur le marché de la fabrication additive. 3Dnatives vous propose de remporter un exemplaire gratuitement en vous inscrivant au formulaire ICI : vous avez jusqu’au 3 novembre pour participer ! Tentez votre chance et lisez l’interview de Mathilde ci-dessous pour en savoir plus ! Bonne chance !
3DN : Bonjour Mathilde, peux-tu te présenter et nous rappeler ton parcours dans l’impression 3D ?
Hello ! Moi c’est Mathilde Berchon, je suis entrepreneure, YouTubeuse et autrice, spécialisée depuis maintenant une quinzaine d’années dans l’impression 3D et le mouvement maker. Tout a commencé un peu par hasard à San Francisco. Après mes études au CELSA, je suis partie y vivre avec surtout une grande envie de liberté et de découvrir ce qui se passait de l’autre côté de l’Atlantique. On était en 2010, en pleine explosion du mouvement maker. J’ai découvert Maker Faire, le hackerspace Noisebridge qui était à côté de chez moi, les premières imprimantes 3D personnelles… et je suis complètement tombée amoureuse de cet univers.

Mathilde Berchon
Ce qui m’a plu dès le départ, ce n’était d’ailleurs pas seulement la technologie. C’était cet état d’esprit qui consiste à se dire : j’ai une idée, je vais essayer de la fabriquer. Et si ça ne marche pas, je recommence.
En 2013, j’ai publié chez Eyrolles mon premier livre consacré à l’impression 3D, puis j’ai voyagé pendant un an et demi à la rencontre des communautés makers dans le monde. À mon retour en France, j’ai participé pendant plusieurs années au développement des makerspaces TechShop Leroy Merlin, près de Paris et au sein du campus de startups Station F.
Cela fait quinze ans et toujours aussi passionnée par ce mouvement ! Ce qui m’anime tout particulièrement depuis trois ans, c’est l’entrepreneuriat dans l’impression 3D. Comment passer d’un goût pour la fabrication à une véritable activité rentable et pérenne.
3DN : Peux-tu nous en dire plus sur FuturFab ?
FuturFab, pour « Futur de la Fabrication », est né justement autour de cette idée : aider les makers qui veulent devenir pros. Je rencontre beaucoup de personnes qui ont énormément de compétences techniques. Elles savent modéliser, imprimer, bricoler, résoudre des problèmes… mais quand il s’agit de trouver des clients, fixer un prix ou décider quoi vendre, c’est tout de suite plus compliqué.
Certains veulent simplement générer 500 ou 1 000 euros de revenus supplémentaires par mois avec leur imprimante 3D. D’autres veulent vraiment construire une entreprise qui leur permette d’en vivre.
Avec FuturFab, j’essaie de les aider à franchir ce cap. Cela passe par mes formations et accompagnements, mais aussi beaucoup par la chaîne YouTube, où je vais rencontrer des entrepreneurs, décortiquer leurs modèles économiques ou tester moi-même de nouvelles façons de créer et vendre avec l’impression 3D.
Ce qui m’intéresse, ce n’est finalement pas tellement de parler de machines pour parler de machines. C’est plutôt de comprendre ce qu’on peut construire avec elles.
3DN : Ton nouveau livre vient de sortir : de quoi parle-t-il ? Pourquoi avoir écrit cet ouvrage ?
Le titre résume assez bien l’idée : Vivre de l’impression 3D : Lancer et développer son entreprise avec l’impression 3D.
Quand j’ai publié mon premier livre en 2013, la grande question était : « Qu’est-ce que l’impression 3D ? » Il y avait un fort besoin de démocratisation. Aujourd’hui, la situation est complètement différente. Les machines sont devenues incroyablement performantes et accessibles. On peut s’équiper chez soi et commencer à produire des objets de très bonne qualité avec un investissement relativement limité.
La question qui revient maintenant est plutôt : « J’ai une imprimante 3D : comment est-ce que je peux en vivre ? ». C’est à cette question que j’ai voulu répondre.
J’ai passé plus d’un an à travailler sur le livre et j’ai interviewé plus de 40 entrepreneurs et professionnels : des personnes qui vendent des produits imprimés en 3D, des designers, des prestataires de services, des fermes d’impression, des artisans, des créateurs de fichiers…Je voulais comprendre très concrètement comment ils avaient construit leur activité : ce qu’ils vendent, à qui, comment ils fixent leurs prix, comment ils trouvent leurs clients, ce qui fonctionne et aussi ce qui ne fonctionne pas.
Le livre est donc vraiment pensé comme un guide pour passer de maker à maker pro, depuis l’idée jusqu’aux premières ventes puis au développement de l’entreprise.
3DN : Quelles sont les grandes conclusions que l’on peut en tirer ?
La première, c’est qu’il y a énormément de façons de vivre de l’impression 3D. C’est probablement ce qui m’a le plus intéressée pendant l’écriture. On pense assez vite à ouvrir une boutique Etsy et vendre des objets imprimés en 3D. Mais ce n’est qu’une possibilité parmi beaucoup d’autres. On peut vendre des fichiers 3D, faire de la fabrication à la demande, travailler pour des professionnels, créer une marque, proposer de la personnalisation, des ateliers, de la modélisation…
J’ai rencontré des entrepreneurs sur des marchés complètement différents : l’industrie, le handicap, la décoration, la réparation, les figurines, l’alimentaire… L’impression 3D permet de toucher quasiment tous les secteurs.
Le piège qui revient souvent est de penser que si on sait imprimer un objet, on a un business. Les barrières à l’entrée n’ont jamais été aussi basses. On peut acheter une excellente imprimante, télécharger un fichier et mettre un produit en ligne très rapidement.
La question-clé devient alors celle du positionnement et de la stratégie commerciale.
Il me semble que la prochaine étape de la démocratisation de l’impression 3D se joue à ce niveau-là. La machine est un outil, ce qui compte, c’est le besoin auquel on répond, le marché qu’on choisit, le produit qu’on imagine, l’univers qu’on crée autour.
Nous ne sommes qu’aux prémices du secteur, une nouvelle génération d’entrepreneurs 3D est en train de voir le jour.
3DN : On va démarrer une série d’articles avec toi : rapidement, de quoi vont-ils parler ?
J’ai très envie de profiter de cette série pour continuer le travail commencé avec le livre : aller regarder ce qui se passe derrière les entreprises de l’impression 3D. Il y a énormément de personnes qui font des choses géniales en France et qu’on connaît encore assez peu. Cette série d’articles va partir à la rencontre de différents profils : des designers 3D, des prestataires de services, des créateurs de contenu, des entrepreneurs qui ont trouvé des niches originales… Et surtout essayer de comprendre leurs modèles économiques. Comment ont-ils démarré ? Qu’est-ce qu’ils vendent réellement ? Comment trouvent-ils leurs clients ? Comment gagnent-ils de l’argent ?
J’aime beaucoup les histoires d’entrepreneurs parce qu’elles montrent qu’il n’existe jamais une seule bonne façon de faire. J’espère que cette série pourra donner des idées – et surtout l’envie de se lancer.
3DN : Un dernier mot pour nos lecteurs ?
Testez ! C’est probablement la chose que le mouvement maker m’a le plus apprise depuis quinze ans. On peut passer des mois à chercher l’idée parfaite de business, le produit parfait ou le bon moment pour se lancer. Mais on apprend énormément plus vite en fabriquant en se mettant en action avec une première version de son offre, même bancale, en la montrant, en essayant de la vendre et en regardant ce qui se passe.
Et je trouve que c’est justement une période assez géniale pour faire ça. Entre les nouvelles générations d’imprimantes 3D, les outils de conception, l’IA et toutes les plateformes qui permettent aujourd’hui de vendre directement ses créations, on peut tester une idée avec très peu de moyens.
Et je compléterai par un autre conseil : ne partez pas de votre imprimante 3D. Partez des gens. Trouvez un groupe de personnes que vous connaissez bien, un problème qui les embête, une passion qui les réunit, quelque chose qu’elles aimeraient personnaliser ou qu’elles ne trouvent pas ailleurs. Et demandez-vous ensuite comment l’impression 3D peut vous permettre d’y répondre. Les projets les plus intéressants naissent généralement d’un secteur très précis.
Tentez votre chance de remporter un exemplaire gratuit du nouveau livre de Mathilde !
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