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L’art et l’impression 3D : des applications toujours plus innovantes

Publié le 7 octobre 2021 par 3Dnatives

Si vous êtes amateur d’art, l’expression “l’art ne connaît pas de frontières” ne vous est pas inconnue. Et les nouvelles technologies, notamment l’impression 3D, ont confirmé l’adage grâce aux avantages qu’elles procurent. La fabrication additive permet aux artistes d’aller plus loin dans leur processus de création, en permettant par exemple la reproduction d’oeuvres d’art. Mais l’usage de l’impression 3D dans le domaine artistique ne se limite pas à la création de répliques. Aujourd’hui, la technologie est de plus en plus adoptée par les artistes, et ces derniers n’hésitent pas à utiliser la fabrication additive pour créer eux-mêmes des objets. Afin d’imager ces propos, 3Dnatives a sélectionné plusieurs exemples illustrant l’importance de l’impression 3D dans le secteur de l’art. 

Sebastian Errazuriz et ses sculptures imprimées en 3D

Basé à New York, le designer Sebastian Errazuriz a développé une collection de statues pour la galerie Elizabeth Collective de New York en mai 2019. Si le projet n’est pas tout récent, il n’en demeure pas moins que les personnages représentés sont connus de tous. L’artiste a repris quelques personnalités majeures comme Steve Jobs, Trump, Elon Musk ou encore Jeff Bezos et les a transformées en  statues imprimées en 3D qui rappellent la mythologie romaine. La collection a été baptisée “The Beginning of the End” et cherche à montrer tous les changements technologiques qui vont changer l’humanité. Elle utilise la technologie comme un moyen de dénoncer les répercussions de la technologie. Ainsi, on peut voir le buste du fondateur de Facebook, appelé “The New Opium”, avec cette idée que nous sommes devenus accros au réseau social. L’équipe a d’abord récupéré des centaines d’images de ces personnalités pour les reconstruire en 3D, un travail de longue haleine qui a pris plusieurs mois. On ne sait pas quelle technologie d’impression a été utilisée mais les détails sont au rendez-vous ! La vidéo ci-dessous revient sur l’ensemble du projet :

Mellifera, des ruches imprimées en 3D

A l’occasion du Festival de Design de Londres qui a eu lieu en septembre dernier, l’architecte français Arthur Mamou-Mani a imaginé Mellifera : The Dancing Bee Hives, un ensemble de structures imprimées en 3D qui rappellent des ruches. Imprimées en 3D à partir de PLA, elles ont été installées au centre de l’escalier en colimaçon du célèbre magasin Fortnum & Mason à Piccadilly. L’objectif de l’architecte est de rappeler l’importance des abeilles dans notre société et la nécessité de réhabiliter nos espaces urbains pour leur permettre de survivre. Il a choisi l’impression 3D et plus particulièrement le PLA pour son impact environnemental moindre. Arthur Mamou-Mani affirmait dans une interview que le PLA avait une empreinte carbone jusqu’à 80 % plus faible que ses équivalents pétroliers.

Crédits photo : Arthur Mamou-Mani

L’installation artistique Yinyun

Le « Yinyun » est une installation artistique composée de 85 pièces en céramique imprimées en 3D. Il est situé dans la salle d’exposition Taipower D/S ONE à Taipei, en Taiwan. Afin de mener à bien le projet, ils ont utilisé un algorithme de conception générative pour extraire les données et les visualiser sur chaque unité, en créant un effet de gradient. Les technologies de fabrication additive sont ensuite entrées en jeu pour créer chacune des pièces à partir de céramiques. Une méthode qui leur a permis de créer un relief de surface original et détaillé grâce à cette technique. La principale caractéristique de l’installation de Yinyun réside dans les formes complexes des pièces, aucune n’est identique.

Crédits photo : Adesignaward

Les nénuphars de Claude Monet imprimés en 3D

Joseph Coddington, étudiant à l’université Victoria de Wellington, a réalisé un projet combinant les technologies d’impression 3D et l’art. Plus précisément, il a étudié comment la fabrication additive voxel peut être utilisée pour reproduire un tableau de la collection « Nymphéas”, une série de peintures réalisées entre 1914 et 26, du célèbre artiste Claude Monet. Pour ce faire, M. Coddington a reproduit la peinture numériquement, puis a utilisé l’imprimante 3D Stratasys J750 pour produire les impressions. Cette méthode lui a permis de définir une couleur pour chaque point individuel, appelé voxels, dans l’entièreté du modèle final. Enfin ,l’étudiant ajoute que son objectif était de présenter les nouvelles applications artistiques que l’impression 3D voxel peut offrir au domaine de l’art.

Crédits photo : Joseph Coddington

Une réplique du David imprimée en 3D

À l’occasion de l’Exposition universelle 2020 de Dubaï qui a débuté le 1er octobre dernier, le pavillon italien a fabriqué une réplique du David de Michel-Ange grâce aux technologies 3D. C’est le département d’ingénierie de l’Université de Florence et le groupe industriel suédois hexagonal qui sont à l’origine du projet. La statue imprimée en 3D, qui représente le héros biblique David à l’approche de son combat contre le géant Goliath, mesure la même taille que l’originale, c’est-à-dire plus de 5 mètres de haut. Et afin de pouvoir numériser totalement l’oeuvre, il a été nécessaire de réaliser des milliers de scans. En ce qui concerne l’impression, les organisateurs du projet ont décidé de diviser l’oeuvre en 14 pièces imprimables. Elles ont été imprimées à partir de résine acrylique, et ensuite assemblées par des restaurateurs d’art à l’aide de colle et de poussière de marbre.

L’oeuvre Silent Orchestra

Développée par Peter Lang et des experts en acoustique de l’Université des sciences appliquées de Rosenheim, Silent Orchestra est une sculpture imprimée en 3D. Inspirée des nids de guêpes et frelons, l’oeuvre agit comme un absorbeur acoustique. Composée de tubes de différentes tailles, Silent Orchestra a été imprimée en 3D à l’aide du procédé FDM. Pour ce faire, Peter Lang a tout d’abord dessiner à la main le contour de l’objet de chaque couche sur des feuilles de molleton de 3 x 6 mètres avant de les numériser. Ensuite, en collaboration avec la société Additive Tectonics, l’absorbeur acoustique a été imprimé en 3D à partir du biopolymère Arboblend de Tecnaro, qui est 100% biosourcé. Une œuvre d’art unique et durable, capable d’absorber le son, qui allie le meilleur de l’artisanat et les nouvelles technologies.

Crédits photo : FIT AG/Martin Hangen

Hypnerotomachia Naturae 

La sculpture “Hypnerotomachia Naturae », réalisée par Stefan Maier et Giacomo Pala sous la supervision de Bart Lootsma à l’Institut de théorie architecturale de l’université d’Innsbruck, fait à première vue penser à un kit de construction. Et ce, de manière délibérée : la méthode de construction modulaire a pour but de nous rappeler les liens et les contradictions de la relation de l’homme avec la nature et la technologie. Hypnerotomachia a été réalisée en béton en collaboration avec Concr3de et exposée l’année dernière dans le cadre de l’exposition « La beauté avant la sagesse. La connaissance de l’art et l’art de la science » au Tiroler Landesmuseum à Innsbruck. L’exposition présente une multitude de pièces individuelles qui sont reliées les unes aux autres pour former un grand ensemble. Les différents objets sont destinés à rappeler au spectateur, de manière thématique, la diversité des mythes, des cultures mais aussi des utopies. 

Crédits photo : Bart Lootsma

L’Equinox de Mat Collishaw à l’Expo 2020 de Dubaï 

À l’occasion de l’Exposition universelle 2020 de Dubaï, qui, en raison de la pandémie, n’a démarré qu’en octobre 2021, l’artiste Mat Collishaw a imaginé quelque chose de spécial avec son œuvre « Equinox ». Il a réalisé une illusion d’optique dans laquelle une gigantesque fleur de lotus, située au centre du pavillon Terra, prend véritablement vie. Les fleurs tournent et les insectes volent autour de la fleur afin de la polliniser. Et pour rendre l’oeuvre toujours plus réaliste, le zootrope de cinq mètres de haut et de trois mètres de large s’ouvre et se ferme à l’aide d’un système hydraulique. Si les pétales ont tous été imprimés en 3D, on ne sait pas quel procédé l’artiste a utilisé. Ce n’est pas la première fois qu’un tel projet voit le jour, Collishaw a déjà réalisé par le passé un zootrope pour la Galleria Borghese de Rome en collaboration avec la société espagnole Sicnova 3D. 

Crédits photo : Dany Eid / Expo 2020

Des meubles imprimés en 3D par MAD Architects

Au cours de la semaine du design de Milan, MAD Architects a présenté son projet de conception de meubles imprimés en 3D. Pour ce projet, le studio a réinterprété le meuble emblématique de Christian Dior, la Medallion Chair. Grâce à la technologie d’impression 3D, le studio de design a pu représenter l’ensemble des chaises en leur donnant un effet de mouvement. Selon les réalisateurs du projet, les chaises en polyuréthane imprimées en 3D, intitulées « Meteor », sont une réflexion sur le temps et l’espace. 

Chaises Meteor par MAD Architects. (Crédits photo : Ken Ngan/Dior)

Hold Your Nose

“Hold Your Nose » d’Alan Phelan est une sculpture imprimée en 3D de 5,5 mètres de haut, réalisée en éco-plastique et en papier. Elle est exposée à Dublin dans le cadre d’une initiative du conseil municipal de la ville visant à commander six sculptures publiques pour les parcs et les espaces publics de la ville.  Et « Hold Your Nose » a été la première à être commandée. La sculpture a été conçue pour être placée sur un socle historique vide à Dublin, depuis que la statue originale a été enlevée dans les années 1860. La sculpture a d’abord été réalisée sous la forme d’un modèle réduit, qui a ensuite été scanné en 3D et imprimé à l’échelle avant d’être assemblé. L’artiste s’est inspiré des différentes formes d’émancipation de la région, notamment l’indépendance de l’Irlande, les présidences de l’UE, les tribunaux d’enquête et les événements civiques importants liés à l’égalité du mariage et au choix en matière de procréation. 

Crédits photo : Naoise Culhane / Structure Dublin

L’impression 3D pour rendre l’art accessible aux malvoyants

Regis Kern, un Strasbourgeois passionné de nouvelles technologies et d’informatique, a développé une application plus qu’intéressante grâce à l’impression 3D.  Afin de permettre aux personnes aveugles ou malvoyantes de découvrir différentes oeuvres d’art, principalement des tableaux, M. Kern a imprimé en 3D des répliques de tableaux dotés de reliefs pour que les malvoyants puissent découvrir l’oeuvre au toucher. Si les personnes souffrant de troubles de la vue ont tout de même besoin d’un accompagnant pour cerner l’oeuvre et son contexte, les « tableaux à reliefs » restent néanmoins une très intéressante application, permettant de rendre l’art accessible à tous.

Crédits photo : C.Munsch/France3Alsace

La Queen Magic

Présentée à la Biennale d’architecture de Venise 2021, la Magic Queen se différencie des autres oeuvres imprimées en 3D. La Magic Queen est une structure biodégradable imprimée en 3D, fabriquée à partir de terre locale. Elle est entretenue par un robot jardinier qui l’arrose et détecte les changements de texture de la surface et la croissance de la flore sur la structure. Créé par MAEIN, un cabinet dirigé par Daniela Mitterberger et Tiziano Derme, le projet a pour objectif de montrer la fusion entre les matériaux organiques et les machines, prouvant la possibilité de coexistence des deux. L’impression 3D à partir de terre a permis aux concepteurs de créer une structure unique parfaitement adaptée au maintien de la vie.

Que pensez-vous de l’usage de l’impression 3D dans le domaine de l’art ? N’hésitez pas en tout cas à partager vos commentaires sur ce projet dans les commentaires de l’article ou avec les membres du forum 3Dnatives. Retrouvez toutes nos vidéos sur notre chaîne YouTube ou suivez-nous sur Facebook ou Twitter !

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