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Striatus, un pont arqué imprimé en 3D en béton non armé

Publié le 21 juillet 2021 par Mélanie R.
Striatus

Des architectes et des ingénieurs de l’ETH Zurich, en collaboration notamment avec Zaha Hadid Architects et Incremental3D, ont imaginé un pont imprimé en 3D en béton non armé. Cette passerelle en forme d’arc de 12 mètres sur 16 est installée dans un parc à Venise à l’occasion de l’Exposition internationale d’architecture qui y a lieu tous les deux ans. Baptisée Striatus, elle est composée de plusieurs blocs pouvant être assemblés et désassemblés n’importe où. Ce qui est surtout remarquable dans cette structure est le processus d’impression utilisé : le béton n’est pas déposé horizontalement mais selon des angles spécifiques pour bien presser chaque couche les unes aux autres et ainsi éviter le recours à un renforcement quelconque.

Dans le secteur de l’architecture, le recours à la fabrication additive est devenu de plus en plus fréquent, notamment dans la construction de ponts. Aujourd’hui, c’est une industrie très polluante de par l’utilisation de béton armé qui vient générer de très grandes quantités d’émissions de CO2. Face à ce constat environnemental peu encourageant, plusieurs acteurs se mobilisent afin de trouver des alternatives plus vertes. On pense par exemple au projet hollandais Print Your City! qui imprime en 3D du mobilier urbain à partir de déchets plastiques recyclés. Cette fois-ci c’est à Venise que notre pont imprimé en 3D se trouve.

Crédits photo : Studio Naaro

La construction du pont Striatus

Le pont Striatus est formé de plusieurs blocs imprimés en 3D : une fois assemblés, ils forment cette arche de 12 mètres sur 16. L’équipe de l’ETH Zurich a développé un nouveau procédé d’impression en collaboration avec l’entreprise autrichienne Incremental3D : au lieu de d’appliquer des couches de béton à l’horizontal, ils ont privilégié une direction orthogonale aux flux des forces de compression. Ainsi, les différentes couches sont bien pressées les unes contres les autres ce qui évite d’utiliser un mortier, de l’acier ou tout autre renfort. Le béton a quant à lui été formulé par Holcim afin de respecter ces contraintes. Selon l’entreprise, ce matériau serait 70% moins volumineux que le béton traditionnel.

Philippe Block, professeur à l’ETH, ajoute : « Cette méthode précise d’impression 3D du béton nous permet de combiner les principes de la construction traditionnelle en voûte avec la fabrication numérique du béton, afin d’utiliser les matériaux uniquement là où ils sont structurellement nécessaires, sans produire de déchets. » L’équipe explique que les blocs peuvent être assemblés n’importe où, permettant d’obtenir un pont mobile. Si la structure ne sert plus, ils pourront être recyclés entièrement, évitant un amont de déchets inutiles et peu écologiques.

L’assemblage du pont (crédits photo : Tom Van Mele)

La passerelle, dotée d’une charpente en bois, est accessible à tous les piétons du parc Giardino della Marinaressa jusqu’au 21 novembre. Pour l’instant, on ne connait pas son prochain emplacement. Vous pouvez retrouver plus d’informations sur le site de l’ETH Zurich.

*Crédits photo de couverture : Studio Naaro

Que pensez-vous de ce pont imprimé en 3D ? N’hésitez pas à partager votre avis dans les commentaires de l’article ou avec les membres du forum 3Dnatives. Retrouvez toutes nos vidéos sur notre chaîne YouTube ou suivez-nous sur Facebook ou Twitter !

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