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Nik Huber Guitars mise sur l’impression 3D d’un métal amorphe pour ses guitares

Publié le 2 juillet 2020 par Mélanie R.
Nik Huber Guitars

Nik Huber Guitars (NHG) est une entreprise qui fabrique des guitares électriques depuis plusieurs années maintenant. Elle s’est récemment tournée vers la fabrication additive à travers une collaboration avec Heraeus, un groupe allemand spécialisé dans les métaux précieux. Ensemble, ils ont imprimé en 3D un chevalet de guitare, une pièce qui permet de régler la hauteur des cordes sur une guitare électrique. La particularité de la pièce réalisée est qu’elle a été imprimée en 3D avec un métal amorphe : elle présente une structure bionique qui permettrait de moins absorber les vibrations comparé aux autres chevalets traditionnellement fabriqués. Nous avons rencontré Nik Huber, le fondateur de l’entreprise NHG, afin d’en savoir plus sur la réalisation de cette pièce unique et le rôle de la fabrication additive dans le secteur de la musique.

3DN : Pouvez-vous vous présenter et nous dire comment vous avez découvert l’impression 3D ?

Je m’appelle Nik Huber et je suis le fondateur de Nik Huber Guitars, une société créée en 1996. Je fabrique des guitares depuis 1993 et depuis lors, NHG est devenue une entreprise qui compte maintenant 12 membres. Environ 300 guitares sont fabriquées chaque année avec un maximum d’attention à la qualité et aux détails. Un jour, Michael Klosch-Trageser, d’Heraeus, nous a appelés pour nous demander si nous étions intéressés par l’essai d’un matériau pour un chevalet (bridge en anglais) dont nous n’avions jamais entendu parler. Heraeus travaillait sur le thème des métaux amorphes et Michael a fait le lien entre leurs possibilités et le monde de la guitare. Nous avons pris connaissance de la technologie d’impression en 3D car nous disposons d’une simple imprimante.

Nik Huber et la guitare au chevalet imprimé en 3D (crédits photo : Heraeus/Amloy)

Chez NHG, nous aimons innover, chercher de nouvelles idées dans une industrie de la musique très conservatrice. Notre gamme de modèles est basée sur une tradition de 70 ans de guitare électrique. Chaque fois qu’on nous offre la possibilité de découvrir de nouvelles voies pour élargir notre horizon, nous sommes très enthousiastes. C’est pour cela que nous avons accepté la collaboration avec Heraeus/ Amloy et nous sommes très heureux de commencer.

3DN : Pouvez-vous nous rappeler l’importance d’un chevalet sur une guitare ?

Bien que je pense que le type de bois avec ses qualités de résonance et de sonorité joue un rôle essentiel pour avoir une bonne guitare, le chevalet est sans aucun doute une pièce importante du puzzle ! Le chevalet est la pièce qui transmet l’énergie des cordes et leur vibration au corps de la guitare. Nous voulons que cette partie absorbe le moins possible l’énergie, tout en maintenant une grande gamme de fréquences.

L’aluminium a été un bon choix pour nous et pour toute l’industrie depuis des décennies, mais maintenant le métal amorphe semble apporter des qualités que nous n’avons probablement pas encore expérimentées. Vous voulez aussi un chevalet qui soit confortable et ergonomique pour votre main.

Crédits photo : Heraeus/Amloy

3DN : Pourquoi vous êtes-vous tournés vers la fabrication additive pour créer cette pièce ?

La fabrication additive ouvre un tout nouveau monde de possibilités… regardez le chevalet et son design, il est à la fois beau et cool. À ma connaissance, cela n’a pas encore été vu dans l’industrie de la guitare et ce n’est certainement pas possible avec le moulage ou d’autres procédés de fabrication. En plus de l’aspect très esthétique du chevalet et des boutons, nous pourrions peut-être pousser notre design un plus loin en ayant des zones plus ou moins creuses sous certaines cordes qui pourraient permettre de régler la résonance dans certaines directions. Je suis sûr que nous aurons d’autres idées et raisons de travailler avec cette technologie.

3DN : Pourquoi avez-vous choisi un métal amorphe ? Quels sont les avantages ?

Comme mentionné ci-dessus, nous voulons que le chevalet de guitare transporte la vibration des cordes dans les niveaux les plus élevés. Le test effectué par Heraeus, où des billes d’acier frappent le matériau amorphe, a été très convaincant et nous a ouvert les yeux. Je peux très bien relier cela aux vibrations des cordes. Un autre avantage est la grande durabilité. Un chevalet amorphe remportera très probablement le test d’endurance contre l’acier, le laiton, l’aluminium ou d’autres alliages. Nous avons constaté une fatigue importante avec de l’aluminium nickelé ou du laiton chromé dès que ces surfaces présentaient des marques d’usure et des rayures. Nous n’aurons pas du tout ce type de problème avec le métal amorphe. Sa couleur est aussi un bénéfice clé, elle est vraiment belle.

Le chevalet imprimé en 3D (crédits photo : Heraeus/Amloy)

3DN : Selon vous, quel est l’avenir de l’impression 3D dans l’industrie de la musique ?

Nous aimons le bois avec toutes ses qualités de résonance et de beauté. Je sais, que les corps de guitare et probablement aussi les manches commencent à être imprimés en 3D. Je ne connais pas les résultats de ces projets, mais je suis sûr qu’il y a une valeur ajoutée à utiliser les technologies 3D. Chez Nik Huber Guitars, nous nous concentrons pour l’instant sur le matériel et les pièces métalliques, mais nous sommes bien sûr très curieux et enthousiastes de savoir où les possibilités nouvelles et innovantes vont et peuvent nous mener.

3DN : Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Nous sommes ravis de travailler avec Heraeus / Amloy et nous envisageons l’avenir avec enthousiasme en nous lançant dans de nouveaux projets et de nouvelles idées. Je suis heureux que nous ayons été les premiers à imprimer en 3D un métal amorphe dans le monde de la guitare. Vous pouvez retrouver toutes nos guitares sur notre site officiel.

Que pensez-vous de cette guitare et de l’utilisation de la fabrication additive en musique ? N’hésitez pas à partager votre avis dans les commentaires de l’article ou avec les membres du forum 3Dnatives. Retrouvez toutes nos vidéos sur notre chaîne YouTube ou suivez-nous sur Facebook ou Twitter !

Un commentaire

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  1. Prof Clair jean- jacques dit :

    Dans les années 90 le prototypage rapide etait deja developpé en France Il y avait un programme européen dirigé par nos amis danois
    J’etais rapporteur de ce projet et avais moi meme créé une start up (Bel 3D) a Belfort
    Nous avons travgaillé en particulier dans la lutherie a Mirecourt
    Je tiens a votre disposition les documents et adresses et references

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