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WASP mise sur l’impression 3D pour bâtir un monde durable

Publié le 22 novembre 2016 par
WASP

Avec WinSun en Chine, DUS Architects ou MX3D aux Pays-Bas, mais aussi XtreeE ou Constructions-3D en France, l’impression 3D dans le domaine de la construction prend de l’ampleur ! Imaginé pour répondre à la demande croissante d’habitations à bas prix et misant sur l’Open-Source ou le recours aux ressources naturelles, la firme italienne WASP se veut de son côté la figure de proue du mouvement Makers ! Pour en savoir plus sur les fondements et les objectifs du projet, 3Dnatives est allé poser ses questions à Massimo Moretti, CEO chez WASP.

3DN : Comment est né le projet WASP ?

WASP, pour World’s Advanced Saving Project, est né en 2012 dans un but très clair : Construire une imprimante 3D capable de réaliser des maisons à partir de matériaux sourcés localement avec des coûts de mise en oeuvre quasi-nuls. En parallèle, nous avons développé une gamme d’imprimantes 3D personnelles avec lesquelles nous souhaitons mener à bien notre projet révolutionnaire.

Massimo Moretti (à droite) avec une partie de l'équipe de WASP

Une partie de l’équipe de WASP devant l’imprimante 3D Big Delta

3DN : Vous avez récemment lancé Maker Economy, qu’en est-il ?

Maker Economy est un nouveau modèle où absolument tout peut-être fabriqué en se détachant des entités ayant le monopole productif. L’impression 3D est liée à ce qu’on appelle la 4ème révolution industrielle, car elle donne aux gens ayant des connaissances suffisantes les instruments pour transformer un projet en objet tangible.

Grâce à la fabrication additive, l’individu a la possibilité de produire ce dont il a besoin. Nous appelons cette approche le « nouvel artisanat » ou « artisanat digital ». Le modèle Maker Economy peut être exporté n’importe où et particulièrement là où il n’y a pas les infrastructures suffisantes.

3DN : Pouvez-vous nous parler de Shambalha, le premier village « technologique » imprimé en 3D issu de Maker Economy ? 

À cheval entre l’utopie et le pragmatisme scientifique, nous avons développé un nouveau type de village : Shambalha. Il a vu le jour avec une première maison imprimée en 3D avec des coûts quasi-inexistants et réalisée à partir de matériaux trouvés sur place (à Massa Lombarda, ville située dans la province de Ravenne en Italie). Nous souhaitons également imprimer en 3D un jardin vertical où la culture hydroponique sera exercée. Le troisième élément du village est un laboratoire contenant des imprimantes 3D compactes utilisées pour créer tout type d’objets.

Tous les outils nécessaires à la fabrication d’un village comme Shambalha sont contenus dans notre kit de départ de Maker Economy : Un container facilement transportable dans le monde entier où de nouveaux villages seront réalisés. Ce container contient tout ce qu’il faut pour fabriquer des maisons en réutilisant des matériaux d’origine naturelle et recyclée, mais aussi en les combinant à des matériaux standards de construction.

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Maker Economy : Un modèle économique basé sur un « artisanat digital »

L’avantage de la technologie permet de diffuser l’ensemble des connaissances requises via internet. Les informations nécessaires afin de mettre en place un kit de départ sont partagées gratuitement en ligne au travers d’une série de tutoriels qui amènent l’utilisateur à mener à bien son idée. Le projet est Open-Source et permet aux designers, ingénieurs, architectes et Makers de profiter de contenus en ligne et de le partager.

Concrètement, le kit contient plusieurs modèles d’imprimantes Delta de chez WASP : La Big Delta, notre imprimante 3D de 12 mètres de haut pouvant construire des maisons, mais aussi la Delta WASP 3MT, une imprimante 3D polyvalente capable de créer du mobilier, un jardin vertical et plus globalement des objets de taille moyenne. Le kit contient aussi d’autres équipements de construction développés par WASP afin de créer des objets plus petits, cela inclut un système de recyclage des matériaux plastiques ou des déchets de chantier par exemple.

Ces dernières années, nous avons fait face à plusieurs défis techniques. La Big Delta a été construite pas à pas. Plusieurs variables devaient être prises en considération comme la consommation d’énergie, les moyens de transport mais aussi la création d’un système capable d’imprimer de façon durable et ce pendant plusieurs jours. Les composants utilisés pour fabriquer l’imprimante 3D devaient être légers et les machines ajustables selon les caractéristiques du terrain où elles seront installées.

Le matériau d'impression de la Big Delta est issu de ressources locales

Le matériau d’impression de la Big Delta est issu de ressources locales

Le problème de l’énergie est aussi très important quand on considère que la plupart des zones de la planète ne sont pas fournies en électricité. Dans ce cas il nous faut recourir au soleil, au vent et autres énergies renouvelables. Le développement de notre machine reste en totale adéquation à notre idée de base : Une imprimante capable d’extruder avec des matériaux locaux en recourant à l’énergie solaire, éolienne ou hydraulique. Une machine qui pourra également s’adapter à son environnement, facile à assembler et transportable !

3DN : Quel est l’importance de l’impression 3D dans la création d’un monde durable ?

Afin de réaliser le rêve d’une économie respectueuse de l’environnement, nous commençons par construire des maisons avec les ressources locales. Une étude internationale prévoit que d’ici 2030, on devrait observer une forte augmentation de la demande d’habitations low-cost avec un impact sur près de 4 milliards de personnes, celles ayant un revenu annuel inférieur à $3,000.

La plupart de ces gens ne dépenseront pas plus de 10% de leur revenu pour satisfaire leur besoin d’avoir un toit. Les Nations-Unies estiment que sur les 15 prochaines années, la demande quotidienne de maisons sera de 100,000 unités. Plus encore, la population croissante devra se nourir dans des zones au climat hostile rendant difficile la culture. La technologie d’impression 3D pourrait alors être utilisée afin de satisfaire les besoins primaires des individus tout en se plaçant dans un contexte de développement durable.

En avril dernier, les premières constructions du village de Shambalha voyaient le jour

En avril dernier, les premières constructions du village de Shambalha voyaient le jour grâce à la BigDelta de WASP

3DN : WASP est engagée dans de nombreux projets liés à l’impression 3D, où voyez-vous votre entreprise dans 15 ans ?

Difficile de prévoir ce qui se passera dans les 15 prochaines années. En plus du village de Shambalha, nous sommes impliqués dans d’autres projets, certains sont temporairement mis de côté, d’autres avancent lentement, cela s’explique par la petite taille de notre entreprise.

Nous croyons fermement dans le partage de connaissances et c’est pourquoi nous sommes toujours à la recherche de Makers ou de projets collaboratifs que nous pourrions aider. Si nous fermons les yeux, nous pouvons voir un monde où chaque famille à la possibilité de vivre de manière respectueuse grâce aux technologies et au partage d’un savoir faire.

En vidéo, la présentation de Maker Economy :

3DN : Avez-vous un dernier mot pour nos lecteurs ?

Nous entendons de plus en plus parler d’une nouvelle révolution. Nous considérons que l’on peut révolutionner une idée en la connectant avec les moyens de communication mais aussi avec la libre circulation des biens et des personnes. Toutes ces choses bouleversent le système à sa base.

L’impression 3D est un des composants de cette nouvelle révolution car elle relie la diffusion des connaissances et la matérialisation de celles-ci. La révolution est visible par la baisse des prix des équipements, changeant les capacités de production et les monopoles existants. L’impression 3D fait apparaître une société où des hommes et des femmes dotés d’un esprit brillant partagent gratuitement leurs connaissances avec internet et leurs donnent forme à l’aide d’une imprimante 3D.

Plus d’informations sur le site de WASP ICI

Quel rôle pourrait avoir l’impression 3D dans le domaine de la construction ? Partagez votre opinion dans les commentaires de l’article ou avec les membres du forum 3Dnatives.

Un commentaire

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  1. […] une grande expérience en électronique et en mécanique, Massimo a commencé à bâtir le projet WASP (World’s Advanced Saving Project) en 2012, projet qui tend à développer l’impression 3D […]

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