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InfraredTags, des codes-barres invisibles intégrés à des objets imprimés en 3D

Publié le 1 février 2022 par Mélanie W.
infraredtags

Au MIT, un étudiant en quatrième année de doctorat au département de génie électrique et d’informatique a mis au point une méthode pour “enfermer” des informations dans un objet physique. Grâce à l’impression 3D et un appareil photo utilisant la gamme infrarouge (IR), il peut fabriquer des pièces intégrant une étiquette invisible à l’œil nu contenant une série de données. Imaginez par exemple un routeur imprimé en 3D qui, une fois scanné via cet appareil IR, vous donne directement les identifiants et code WiFi de chez vous, ou un boîtier pour régler la température de votre maison directement depuis votre téléphone. Cette méthode, baptisée InfraredTags, pourrait remplacer les étiquettes et codes barres, et ainsi stocker une certaine quantité de données. 

Mustafa Doga Dogan est un étudiant du MIT qui s’est penché sur ce nouveau projet fin 2020. Il cherchait à développer un moyen de faire parler des objets physiques, à l’image d’une photo ou d’un fichier audio qui comprennent différentes informations comme l’heure, la date, le titre ou encore l’artiste. En combinant impression 3D et l’infrarouge, il a donc imaginé un moyen astucieux et imperceptible à l’oeil nu pour que n’importe quel objet du quotidien puisse transmettre des données, comme un code barres ou une étiquette. 

Des étiquettes courantes (codes QR ou marqueurs ArUco utilisés pour la réalité augmentée) peuvent être intégrées à la géométrie de l’objet pour les rendre imprimables en 3D sous forme d’étiquettes infrarouges (crédits photo : MIT CSAIL)

Des codes-barres invisibles à l’oeil nu

Les InfraredTags sont cachés à l’intérieur d’une pièce imprimée en 3D et visibles uniquement via une lumière infrarouge. Concrètement, un utilisateur va pouvoir l’intégrer lors de la phase de modélisation de sa pièce et lui donner vie au moment de la phase d’impression. Le défi technique de l’étudiant résidait dans le choix du matériau : il fallait que la lumière infrarouge puisse le traverser. Dogan affirme qu’il a mis deux mois avant de trouver la bonne solution, en l’occurrence le bon filament plastique. Il s’est tourné vers un fabricant allemand qui propose des thermoplastiques sur-mesure, opaques à la lumière mais transparent à la lumière infrarouge. Il est toutefois resté discret quant au nom de l’entreprise.

Dogan et son équipe ont ainsi imprimé plusieurs prototypes, avec des parois assez fines pour qu’ils puissent être reconnus par des caméras IR. Par exemple, ils ont conçu des tasses qui, une fois scannées, renvoient vers le fichier 3D. L’utilisateur peut alors facilement retrouver le modèle d’origine et lancer rapidement le processus d’impression. Ils ont aussi imprimé en 3D le boîtier d’une enceinte pour pouvoir contrôler son volume depuis son SmartPhone ou encore une manette de jeu vidéo sans aucun composant électronique.

Crédits photo : MIT CSAIL

Quelle est l’utilité des InfraredTags ?

Ce projet est un nouvel exemple des possibilités de la fabrication additive et ses domaines d’application. Mais quel serait l’intérêt d’intégrer des codes-barres invisibles dans des objets du quotidien, surtout s’il faut se munir d’une caméra infrarouge ?  Fraser Anderson, chercheur principal senior au centre technologique d’Autodesk à Toronto, donne un premier élément de réponse : « InfraredTags est une approche vraiment intelligente, utile et accessible de l’intégration d’informations dans les objets. Je peux facilement imaginer un avenir où vous pourrez pointer une caméra standard sur n’importe quel objet et il vous donnera des informations sur cet objet – où il a été fabriqué, les matériaux utilisés ou les instructions de réparation – et vous n’aurez même pas à chercher un code-barres. »

Kaan Akşit, professeur associé d’informatique à l’University College London, poursuit : « L’industrie de l’étiquetage et du marquage est une vaste partie de notre vie quotidienne. Tout ce que nous achetons dans les épiceries et les pièces à remplacer dans nos appareils (par exemple, les piles, les circuits, les ordinateurs, les pièces de voiture) doit être identifié et suivi correctement« . Les InfraredTags offriraient donc un système d’identification numérique, en dehors des limites spatio-temporelles que nous connaissons. Et à mesure que le concept de métavers se développe, ne serait-il pas intéressant de pouvoir prendre avec nous une copie numérique de nos biens ? 

Vous pouvez retrouver l’ensemble du projet mené par Dogan ICI. N’hésitez pas à nous dire ce que vous pensez des InfraredTags dans les commentaires de l’article. Retrouvez toutes nos vidéos sur notre chaîne YouTube ou suivez-nous sur Facebook ou Twitter !

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