7 raisons pour lesquelles l’impression 3D ouvre de nouvelles perspectives dans le secteur alimentaire

L’impression 3D alimentaire a vu le jour en 2006 avec la Fab@Home, une imprimante mise au point par l’université de Cornell qui ne pouvait fonctionner qu’avec du chocolat, de la pâte à biscuits et du fromage. Depuis lors, la technologie a évolué pour devenir une méthode de production numérique qui s’applique à des enjeux aussi variés que le gaspillage, la durabilité ou la nutrition personnalisée. Le principe est le même que pour toute autre impression 3D : créer des structures, dans ce cas comestibles, couche par couche à partir d’un modèle numérique. Le procédé le plus courant reste l’extrusion, bien que d’autres méthodes utilisant des ingrédients en poudre aient fait leur apparition.
Pour beaucoup, l’idée de « nourriture imprimée » évoque quelque chose d’artificiel ou d’ultra-transformé. Les experts du secteur la décrivent autrement : c’est un outil de plus, comme un four ou un mixeur, et la qualité du résultat dépend des ingrédients utilisés. Dans cette optique, voici 7 raisons pour lesquelles l’impression 3D est de plus en plus prisée dans le domaine alimentaire.

#1 : Libérer la créativité dans la haute gastronomie et la pâtisserie
En haute gastronomie, l’impression 3D révolutionne la présentation des plats. Elle permet de créer des formes géométriques, des structures ou des superpositions d’ingrédients qui seraient très difficiles à reproduire à la main. Il en va de même en pâtisserie. Une décoration complexe peut nécessiter des heures de travail manuel et le résultat n’est jamais identique d’une pièce à l’autre. Avec l’impression 3D, ce temps est considérablement réduit et chaque pièce est identique à la précédente.
La startup française La Pâtisserie Numérique, par exemple, a développé une imprimante basée sur une technologie de poudre qui produit des biscuits, des macarons et des fonds de desserts sans avoir besoin de moules. Ainsi, les pâtissiers consacrent moins de temps aux tâches répétitives et davantage à la partie créative.
Mais la liberté de conception ne se limite pas à la forme extérieure. En contrôlant la façon dont les couches sont déposées, il est également possible de concevoir le comportement de l’aliment lorsqu’on le croque : qu’il soit croustillant à l’extérieur et crémeux à l’intérieur, ou qu’il se défasse d’une manière spécifique lors de la mastication.

Crédits photo : La Pâtisserie Numérique
#2 : Personnaliser l’alimentation
Depuis des décennies, l’industrie agroalimentaire tente de répondre à la diversité nutritionnelle de ses consommateurs avec des versions « sans gluten », « sans sucre » ou « riches en protéines ». L’impression 3D permet d’aller plus loin en ajustant la teneur en protéines, en vitamines ou en minéraux produit par produit, sans modifier la forme du produit. Un diabétique, un sportif ou une personne souffrant d’intolérances peut ainsi consommer le même aliment avec des compositions complètement différentes.
#3 : Une alternative à la viande
La demande mondiale en protéines continue de croître alors que l’élevage et la pêche atteignent leurs limites. L’un des avantages de l’impression 3D dans ce contexte est sa grande flexibilité en matière de matières premières. Les imprimantes peuvent fonctionner avec des cellules de viande cultivée, des protéines végétales, des mycoprotéines issues de champignons, etc. Cette polyvalence explique pourquoi des entreprises aux approches différentes ont adopté la même technologie. Redefine Meat utilise des protéines végétales, Revo Foods travaille avec des mycoprotéines comme base pour son saumon imprimé en 3D et des entreprises comme Steakholder Foods explorent l’utilisation de cellules cultivées.

Crédits photo : Patxi Larumbe, CEO de Cocuus, via LinkedIn
#4: Rendre les repas sûrs pour les personnes souffrant de dysphagie
La dysphagie, ou difficulté à avaler, touche des millions de personnes, surtout les personnes âgées, et transforme chaque repas en un moment à risque. La solution habituelle consiste à suivre un régime à base de purées. Sûr, certes, mais sans forme ni aspect appétissant. Comme les imprimantes 3D alimentaires peuvent s’adapter à différents ingrédients et reproduire presque toutes les formes, elles permettent de préparer des plats sûrs qui, en plus, ont belle allure.
La startup néerlandaise Gastronology imprime des légumes qui conservent leur aspect et leur saveur d’origine, mais avec une texture conçue pour que les personnes souffrant de dysphagie puissent les avaler sans risque. Voir un morceau de carotte qui ressemble à une carotte, même s’il n’a pas sa texture habituelle, est une expérience bien différente de celle de se retrouver face à un bol de purée orange.

Crédits photo : Gastronology
#4 : Réduire l’empreinte environnementale de la production
La production alimentaire mondiale génère environ un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre. L’impression 3D ne résout pas ce problème à elle seule, mais elle modifie certaines des logiques qui l’alimentent. L’entreprise espagnole Cocuus est un exemple clair de ce que la technologie peut accomplir à l’échelle industrielle. Son imprimante de bacon végétal produit 1 000 tonnes par an, soit l’équivalent de ce que l’on obtient de 35 000 porcs. Un tel chiffre ne suffit pas à inverser le problème climatique lié au système alimentaire, mais il donne une idée de l’ampleur de l’impact que cette technologie pourrait avoir.
#5 : De nouvelles voies de recherche alimentaire
L’impression 3D alimentaire a également fait son entrée dans les laboratoires et les universités en tant que plateforme de recherche. Elle permet de travailler avec des ingrédients non conventionnels et de développer des solutions pour des groupes de population que l’industrie conventionnelle ne parvient pas à satisfaire.
Le projet 3DGood de l’Université polytechnique de Valence en est un exemple concret. L’idée était de partir de sous-produits agricoles, c’est-à-dire ce qui ne se vend pas ou finit à la poubelle, et de voir si l’impression 3D pouvait leur donner une utilité nutritionnelle. Les résultats comprennent des encres comestibles à partir de farines de tubercules andins, des formulations à base de fruits enrichies en ingrédients fonctionnels et des snacks élaborés à partir d’extraits d’écorce d’orange.
#6 : Résoudre la question de l’alimentation dans des environnements extrêmes
L’alimentation ne peut plus être envisagée uniquement comme un aspect terrestre. Les astronautes mangent eux aussi, et bien s’alimenter pendant une mission est un problème plus complexe qu’il n’y paraît. Les contraintes de poids, l’impossibilité de se réapprovisionner en vol et des besoins nutritionnels très spécifiques sont autant de facteurs pour lesquels l’impression 3D peut apporter une solution.

Crédits photo : Natural Machines
La NASA explore depuis des années l’impression 3D, y compris dans le domaine alimentaire. L’un des projets les plus marquants est sa collaboration avec Beehex, dans le cadre de laquelle ils ont réussi à transformer des déchets plastiques en aliments comestibles. Le processus consiste à broyer les déchets et à les introduire dans un bioréacteur contenant une bactérie modifiée. Cette bactérie se nourrit du plastique et le transforme en biomasse, qui est ensuite imprimée en 3D pour donner forme à un aliment.
L’impression 3D alimentaire ne fait plus la une des journaux comme il y a quelques années. Cela ne signifie pas qu’elle a régressé, mais simplement qu’elle n’est plus une nouveauté. Des entreprises comme Revo Foods ou Cocuus produisent chaque mois des aliments imprimés sans que cela ne suscite plus beaucoup de surprise. Et c’est peut-être là le signe le plus clair que la technologie a mûri. Reste à voir dans quelle mesure elle peut changer notre façon de manger.
Et vous, avez-vous déjà goûté un aliment imprimé en 3D ? Utilisez-vous la fabrication additive en cuisine ? Partagez votre avis dans les commentaires de l’article. Retrouvez toutes nos vidéos sur notre chaîne YouTube ou suivez-nous sur Facebook ou LinkedIn !
*Crédits photo de couverture : Natural Machines





