L’impression 3D facilite une opération chirurgicale délicate
Une équipe de chirurgiens du CHU d’Amiens a opéré avec succès un petit garçon de 6 ans atteint d’une grave scoliose à l’aide d’un robot et d’un modèle sur mesure imprimé en 3D. C’est la première fois qu’une opération robotisée de ce type est réalisée sur un enfant. Une réussite qui pourrait accélérer l’adoption de l’impression 3D en chirurgie.
L’impression 3D est de plus en plus utilisée dans le domaine chirurgical, notamment dans la préparation des opérations. Elle peut en effet servir à créer des modèles qui reprennent les caractéristiques physiques du patient afin que le chirurgien puisse s’entraîner dans des conditions quasi réelles. Un des leaders français de la fabrication de modèles chirurgicaux est Biomodex : la startup imprime en 3D des organes pour que les chirurgiens puissent s’exercer avant des opérations complexes.
Le CHU d’Amiens a opéré un jeune garçon de 6 ans, Louis, qui souffrait d’une amyotrophie spinale génétique, une maladie qui provoque un affaiblissement des muscles. La scoliose était devenue si grave que Louis ne pouvait plus s’asseoir, il était allongé depuis 6 mois.
La préparation de cette opération complexe a pris un an. Les médecins ont réalisé un scan 3D de l’enfant pour obtenir une image détaillée de la position et de l’état de la colonne vertébrale. Avec ce scan 3D, ils ont ensuite pu imprimer en 3D la réplique de cette colonne la plus exacte possible. Ce modèle a ensuite été placé dans un mannequin de la taille de l’enfant, permettant ainsi aux chirurgiens de préparer l’opération et de la simuler. Ils ont pu vérifier que la taille de l’implant était correcte et tester le robot chirurgical.
L’objectif de l’opération était d’implanter des vis le long de la colonne vertébrale en procédant à de petites incisions. C’est le robot Rosa qui a percé et installé ces vis une fois que les médecins avaient choisi les points d’attache. Un des chirurgiens explique : “Placer les vis près des racines nerveuses est très complexe et inhabituel; elles sont larges par rapport à la petite taille des vertèbres de l’enfant – une vis a un diamètre de 7 mm et un os 8 mm. La complexité de l’opération ainsi que sa longue durée ont pu être soulagées grâce au robot Rosa. On voulait obtenir une prise osseuse car ce sont elles qui vont porter tout le poids du malade et en même temps il fallait absolument éviter les structures nerveuses importantes.”
Depuis l’opération qui a eu lieu le 28 septembre dernier, Louis se porte bien et peut à nouveau s’asseoir correctement. L’utilisation de l’impression 3D aura contribué à la réussite de cette intervention délicate. Le CHU d’Amiens n’est d’ailleurs pas le seul hôpital en France à avoir adopté la technologie : dans celui de Bordeaux, le service d’urologie et de transplantation rénale a recours à l’impression 3D pour obtenir des modèles physiques de reins.
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