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L’huile de friture usagée de McDonald’s transformée en résine d’impression 3D

Publié le 3 février 2020 par Mélanie R.
huile de friture usagée

Il se passe des choses innovantes à l’Université de Toronto : une équipe de chercheurs a récupéré de l’huile de friture usagée dans un McDonald’s du coin et l’a transformée en résine d’impression 3D biodégradable haute résolution. Pour un litre d’huile déjà utilisée, ils auraient obtenu 420 mL de résine liquide avec laquelle ils ont imprimé en 3D plusieurs papillons présentant une structure et une température stables : la résine créée ne s’effriterait et ne fondrait pas au dessus de la température ambiante. Le projet montre bien comment les technologies 3D peuvent être employées pour redonner de la valeur à nos déchets alimentaires. 

Outre le fait qu’elle ne soit pas très saine pour notre santé, l’huile à frire provoque quelques problèmes environnementaux pour notre planète, notamment lorsqu’elle est utilisée : on la jette aujourd’hui dans nos éviers entraînant des canalisations d’égout bouchées à cause de l’accumulation de graisses. Il existe toutefois certaines initiatives pour la recycler et lui attribuer un autre usage ; McDonald justement s’était engagé à réutiliser son huile à frire pour créer du biocarburant. Au total, 35 000 litres sont transformés chaque mois ce qui permettrait d’économiser 420 000 litres de pétrole brut par an. L’initiative a débuté en Inde, rencontrant un franc succès ce qui n’est pas vraiment le cas pour le marché français. Peut-être que le projet de ces chercheurs canadiens séduira davantage nos consommateurs…

Un des papillons imprimés en 3D à partir d’huile de friture usagée (crédits photo : Don Campbell)

Les professeurs de l’université de Toronto à l’origine de ce projet sont partis d’un constat assez simple : la plupart des plastiques sont fabriqués à partir de composants synthétiques conçus par l’homme et donc beaucoup plus difficiles à assimiler pour la nature. Andre Simpson, professeur au département des sciences physiques et environnementales de l’université, explique : “Si les plastiques posent problème, c’est parce que la nature n’a pas évolué pour traiter les produits chimiques fabriqués par l’homme. Comme nous utilisons ce qui est essentiellement un produit naturel – en l’occurrence des graisses provenant de l’huile de cuisson – la nature peut beaucoup mieux s’en occuper.” 

Il semblerait en effet que les molécules de graisse de l’huile à frire présentent les mêmes caractéristiques que celles d’une résine commerciale. Le projet pouvait alors commencer. Les chercheurs devaient donc récupérer de l’huile de friture usagée et après avoir demandé à plusieurs restaurants et chaînes de fast food, ils affirment que seul McDonald’s a accepté. Grâce à un procédé chimique simple d’une seule étape, les chercheurs expliquent qu’ils ont transformé 1 litre d’huile usagé en 420 mL de résine plastique, compatible avec une imprimante 3D. Afin de démontrer le potentiel de cette transformation chimique, ils ont imprimé plusieurs papillons qui présenteraient de bonnes propriétés physiques et chimiques, preuve que le matériau est aussi efficace qu’une résine du marché de la fabrication additive. 

Andre Simpson a développé un processus de transformation simple (crédits photo : Don Campbell)

Et si la résine est plus respectueuse de l’environnement, elle est aussi moins chère à produire. Selon les chercheurs, elle coûte seulement $300 par tonne alors qu’une résine commerciale peut grimper jusqu’à $525 par litre – dérivée de combustibles fossiles, son processus de production est plus complexe. Enfin, notez que cette nouvelle résine serait biodégradable : les chercheurs ont enterré un des papillons imprimés en 3D dans le sol et deux semaines plus tard, celui-ci avait perdu 20% de son poids. Parce qu’il n’est essentiellement constitué que de graisse, les microbes présents dans la terre décomposent l’objet au fur et à mesure – Andre Simpson précise en effet que « Les microbes aiment la graisse, ils aiment la manger donc ils font un bon travail de décomposition. »

Rajshree Biswas, doctorante dans le laboratoire du professeur Andre Simpson, et les papillons imprimés en 3D (crédits photo : Don Campbell)

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’université de Toronto s’intéresse à la revalorisation des déchets alimentaires via l’impression 3D : des anciens étudiants ont fondé il y a quelques mois la startup Genecis qui conçoit des filaments d’impression 3D à partir d’aliments. En tout cas, on espère que la nouvelle résine apportera une solution viable pour recycler l’huile de friture usagée !

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Les 2 commentaires

Rejoignez la discussion et laissez votre commentaire.

  1. FM dit :

    Intéressant, par contre, serte les microbes aiment le gras et le mange, mais est ce que cette décomposition est réellement entièrement assimilé par les microorganismes présents dans le sol ?
    Ou bien est ce que ça n’est pas une fausse biodégradabilité qui ne fait qu’accélérer le processus de dégradation naturel de décomposition des plastiques et qui n’obtiens au final que des micros plastiques plus rapidement ?

    Si le résultat est le premier cas, c’est super, sinon c’est bien dommage.

  2. azerty dit :

    ils parlent de quoi une résine UV ? est ce qu’on peut imprimer les meme types d’objets, parce que le papillon est pas terrible.

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