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Alex Reed Shoes, entre technologies 3D et artisanat

Publié le 22 septembre 2017 par Mélanie R.
alex reed

Le secteur de la chaussure connaît quelques bouleversements depuis l’arrivée des technologies 3D : elles ont ouvert les portes du prototypage rapide mais aussi de la personnalisation de masse avec des acteurs de renom tels que Nike, Adidas ou New Balance. Les cordonniers utilisent également la numérisation et l’impression 3D pour offrir des chaussures sur mesure confortables. Alexander Reed n’est pas une exception : ce jeune artisan anglais s’est tourné vers les technologies 3D pour créer sa marque Alex Reed Shoes et proposer des modèles adaptés aux goûts et couleurs de chacun. Il a relevé ce pari grâce à l’aide d’Autodesk qui l’a accompagné dans la réalisation de ces pièces uniques. Nous avons rencontré Alex pour en savoir plus et comprendre comme les technologies 3D peuvent impacter un métier artisanal comme celui de cordonnier.

3DN : Pouvez-vous vous présenter vos premières expériences avec l’impression 3D?

J’ai 31 ans et je viens de Londres. J’ai travaillé presque 7 ans en tant qu’artisan cordonnier, fabriquant toutes sortes de styles de chaussures unisexes. Ayant étudié la photographie à l’Ecole d’Art, j’ai rencontré un cordonnier qui souhaitait transmettre ses connaissances en la matière. Il m’a appris à fabriquer des chaussures dans son atelier de Notting Hill et m’a embauché comme cordonnier. Nous avions une petite alex reedboutique au départ où j’avais l’habitude de réaliser les commandes, assis au fond du magasin. Nous nous sommes rapidement développés et nous avons commencé à vendre des chaussures à des grossistes comme Selfridges, Harrods et ASSOS pour n’en citer que quelques uns. Nous avons également ouvert une grande usine à Londres où j’ai formé d’autres apprentis, leur transmettant le savoir-faire que j’avais acquis.

N’ayant pas reçu de formation universitaire dans le domaine de la conception et fabrication de chaussures, j’étais toujours intéressé par les techniques parfois désuètes qui m’étaient demandées de réaliser. J’étais toujours à l’affût de nouvelles méthodes de fabrication ce qui m’a conduit à l’impression 3D et à la façon dont je pourrais l’utiliser pour créer une forme à monter c’est-à-dire la pièce solide qui a la forme d’un pied sur laquelle on crée la chaussure.

J’ai commencé à me familiariser avec différents logiciels de modélisation et de scan 3D avant de tester ceux d’Autodesk. J’ai découvert qu’ils avaient un programme de résidence artistique, au Pier 9 à San Francisco. J’y ai postulé et eu la chance d’avoir été accepté dans ce programme de 4 mois. Je n’avais quasiment aucune compétence en modélisation 3D ou en impression 3D quand je suis arrivé mais ils ont beaucoup encouragé ma vision et m’ont offert une très bonne formation et support pour que je puisse apprendre et progresser rapidement.

Mon premier projet a été de créer ma propre paire de forme à monter en polycarbonate sur une imprimante Fortus M450 mc. Ces formes étaient probablement dix fois plus chères qu’une paire vendue en usine mais j’étais fier du résultat.

alex reed

Les formes à monter d’Alex Reed

3DN : Comment les technologies de fabrication additive s’inscrivent-elles dans le processus de création d’une paire de chaussures?

Quand je veux créer un nouveau style de chaussure grâce à la fabrication additive, je considère d’abord le style et les performances que je souhaite atteindre avec ce produit. Le choix du matériau est clé. A date, beaucoup de mes chaussures ont été fabriquées en utilisant plusieurs composants et matériaux – principalement du cuir, du tissu maillé et un filament TPU, le Ninjaflex.

Les imprimantes disponibles à Pier 9 sont principalement des machines FDM et je suis loin d’avoir exploré tout le potentiel des imprimantes SLS. Utiliser une imprimante à dépôt de matière fondue quand on souhaite créer les formes complexes d’une chaussure n’est pas optimal. Vous êtes obligés d’avoir une partie complètement plate pour que l’impression se fasse bien sur le plateau.

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Tout le travail de conception du départ est assez rapide – je dessine mes modèles sur un carnet avant de commencer la modélisation, le plus souvent sur Fusion 360. Le temps que je suis capable d’économiser me permet d’en passer plus à développer le style et les éléments techniques, à tester chaque modèle très rapidement pour corriger d’éventuels problèmes. Une fois que j’ai plusieurs pièces imprimées en 3D et découpées au laser, je les assemble à la main en utilisant principalement mon savoir-faire antérieur dans la fabrication de la chaussure.

3DN : Quelles sont les opportunités qui se sont ouvertes à vous depuis que vous avez suivi le programme Pier 9 d’Autodesk ?

Ayant fait partie de la famille Autodesk pendant quelques mois, j’ai rencontré des personnes fascinantes que ce soit dans le programme ou en dehors. J’ai rencontré les gens qui construisent la prochaine génération d’imprimantes 3D et de logiciels et les entreprises qui fabriquent les filaments correspondants. J’ai eu la chance d’être présenté à d’autres passionnés qui utilisent les technologies 3D dans l’industrie de la chaussure, que ce soit de grandes marques ou des startups.

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3DN: Comment voyez-vous le futur des technologies 3D dans le secteur de la chaussure?

Son avenir est plein de potentiel mais je ne suis pas certain que tout le monde sache où est-ce qu’il se trouve exactement. C’est une période assez intéressante où les petits créateurs indépendants comme moi et les plus grands fabricants peuvent expérimenter avec un panel d’outils tout en s’amusant. Adidas par exemple a déjà beaucoup investi en termes d’outils pour intégrer les technologies 3D dans leur ligne de production.

La production de semelles orthopédiques est une branche du secteur qui a déjà vu beaucoup d’innovations grâce à la technologie. La numérisation et l’impression 3D dans le but de personnaliser sont clairement une des tendances les plus utiles actuellement.

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3DN : Quels sont les futurs projets d’Alex Reed Shoes ?

Actuellement, j’aide à changer la façon dont les gens consomment la chaussure, de l’achat jusqu’à la fin de son cycle de vie. L’impression 3D est juste une façon avec laquelle je peux aider à fabriquer des chaussures qui peuvent être facilement réparables par opposition à des chaussures qu’on irait jeter directement lorsque trop usées. L’impact environnemental des chaussures est énorme. Je vois beaucoup d’opportunités avec les technologies émergeantes pour produire un impact énergétique plus faible et pour créer une fabrication plus locale des chaussures. Je développe actuellement une nouvelle gamme de chaussures qui reflète ces préoccupations tout en rendant la chaussure désirable en accentuant son style et son confort.

3DN: Un dernier mot pour nos lecteurs?

Je recommande fortement les programmes résidentiels disponibles à Pier 9. Vous pouvez voir tous mes projets Autodesk ici et suivre mes travaux sur mon blog.

Quel sera l’impact des technologies 3D sur le secteur de la chaussure? Partagez votre opinion dans les commentaires de l’article ou avec les membres du forum 3Dnatives.

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