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10 initiatives qui combinent l’impression 3D et l’écologie

De nombreuses initiatives se sont lancées ces derniers mois pour utiliser l’impression 3D comme fer de lance de l’écologie, que ce soit pour fabriquer des objets plus propres, pour transformer des déchets inexploités en produits du quotidien, pour protéger l’environnement ou tout simplement communiquer de manière innovante sur des sujets graves. 3Dnatives vous propose aujourd’hui un TOP 10 des initiatives mêlant impression 3D et protection de l’environnement !

1. Les filaments eco-friendly de 3DOM

La startup américaine 3DOM s’est spécialisée dans le développement de filaments originaux à partir de marc de café ou de bière. Les déchets issus des différents processus de fabrication sont mélangés à des granules de plastique PLA pour l’obtention du filament qui est alors enroulé sur une bobine 100% recyclée pour le plus grand plaisir des makers et de l’environnement.

Proposés en plusieurs diamètres, les filaments de 3Dom sont commercialisés au prix de $49 la bobine de 1kg, soit environ 45€. 3DOM devrait proposer de nouveaux filaments bio-sourcés dans les mois à venir comme par exemple un filament issu de la fabrication du vin. Plus d’infos sur le site de 3DOM ICI.

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Buzzed, le filament à base de bière de chez 3DOM

2. Des déchets plastiques pour les baskets Adidas

À l’occasion de la conférence COP21, la marque Adidas présentait fin 2015 une chaussure innovante entièrement recyclée à partir de déchets plastiques issus de la mer. Réalisée en partenariat avec l’association Parley for the Oceans et la firme i.Materialise, la basket présente une semelle imprimée en 3D à partir des technologies SLS.

Elle s’inspire directement du projet FutureCraft 3D développée récemment par la marque ayant pour objectif d’utiliser l’impression 3D pour développer des semelles personnalisées aux mesures de chaque pied. Plus d’infos sur le projet ICI.

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3. Imprimer en 3D à partir de paquets de chips

La startup 3D Brooklyn présentait récemment un nouveau matériau d’impression 100% issu du recyclage de sachets de chips. En cours de développement, le filament pour imprimantes 3D FDM devrait être disponible en version PP (polypropylène) ou en PE (polyethylène) pour un prix de $24 la bobine de 400g (soit 22€).

Le magazine Mashable est allé à la rencontre de Will Haude, fondateur de la startup new-yorkaise, pour en savoir plus sur ce projet prometteur. Plus d’infos sur 3D Brooklyn ICI.

4. Des récifs coraliens imprimés en 3D

La ville de Monaco recevait en octobre dernier 6 rochers artificiels imprimés en 3D qui viendront rejoindre la réserve maritime du Larvotto afin de renforcer la faune et la flore locale. Réalisés par les entreprises Boskalis et D-Shape, les récifs ont nécessité environ 13 heures d’impression et mesurent près de 1,20 mètre de hauteur par 2 mètres de largeur.

Le fabricant D-Shape, fondé par l’ingénieur italien Enrico Dini, a mis au point les imprimantes 3D XXL à l’origine du projet. Elles reposent sur la fabrication additive de couche de sables à l’aide d’un liant à base d’algues. Pour respecter au mieux l’écosystème local, le sable utilisé comme matériau d’impression est extrait directement du fond marin où sera déposé les coraux.

Un des 6 rochers imprimés en 3D

Un des 6 rochers imprimés en 3D

5. Fabriquer son filament à la maison

Dans la mouvance « Do It Yourself », des extrudeurs de plastique font peu à peu leur apparition sur le marché de l’impression 3D avec à la clef la possibilité de créer son propre filament d’impression à la maison. Parmi les projets existants, on pourra citer ProtoCycler, FilaMaker, 3DEvo, FelFil Evo, Filabot ou Plastibot.

Ces petites machines permettent de recycler des déchets plastiques, qui une fois broyées sont fondues afin d’obtenir le précieux filament. Une manière de protéger l’environnement mais aussi de faire des économies !

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L’extrudeur de filament ProtoCycler

6. Un filament biodégradable à partir d’huîtres

Le département composiTIC de l’Université de Bretagne-Sud, en partenariat avec l’Usine de Kervellerin, développe un filament pour imprimantes 3D à base de coquilles d’huître, un matériau déjà utilisé dans la production de peinture pour le marquage au sol mais aussi dans l’agro-alimentaire, la cosmétique ou la parapharmacie.

En fonctions des caractéristiques demandées, le filament peut intégrer jusqu’à 20% de poudre d’huître et permet de donner une seconde vie aux déchets coquilliers. Le matériau présente une teinte naturelle et des propriétés mécaniques propices à son utilisation en prototypage rapide.

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7. L’impression 3D à partir de sables et d’énergie solaire

Solar Sinter est un projet imaginé par Markus Kayser, étudiant au Royal College of Art de Londres. Il s’agit d’une imprimante 3D reposant sur l’empilement de couches de sable solidifiées sous l’effet du soleil. Grâce à un système de panneaux solaires et de loupes, l’imprimante est capable d’atteindre une température de 1000°C afin de fusionner des grains de sable.

Après plusieurs phases de tests dans les déserts marocains et égyptiens, la SolarSinter est capable de matérialiser en 3D des objets de plusieurs dizaines de centimètres. Le projet explore notamment les problématiques liées aux pénuries de matières premières et laisse présager des possibilités exceptionnelles pour les habitants de zones reculées. Plus d’informations sur le projet ICI.

8. Les filaments recyclés Refilament

Tout droit venu des Pays-Bas, la startup Refil développe deux filaments conçu à partir de plastique recyclé : un filament ABS issu des tableaux de bord de voiture, principalement Volvo et Audi, et un filament à base de Polytéréphtalate d’éthylène, plus connu sous le nom de PET, que l’on retrouve dans les bouteilles plastiques.

Dénommé Refilament, le matériau a notamment gagné le prix « Best Material Development for 3D Printing in 2015 » lors de l’évènement 3D Printing Europe de Berlin. Les filaments « Dashboard Black ABS » et « Bottle Translucent PET » sont disponibles pour un prix avoisinant 40€ la bobine de 750g. Plus d’informations sur le site de Refil ICI.

9. Une imprimante 3D élaborée avec Coca-Cola

Le fabricant 3D Systems lançait en 2014 l’imprimante 3D EKOCYCLE en collaboration avec Coca-Cola. La machine utilise des filaments composés à partir de 25% de plastique issu des bouteilles Coca-Cola (soit environ 3 bouteilles par bobine) afin de fabriquer des objets.

L’imprimante est dérivée de la Cube 3 commercialisée par 3D Systems, un modèle d’entrée de gamme destiné au grand public. C’est le chanteur Will.i.am, Directeur Créatif pour 3D Systems, qui s’est chargé de la communication de l’imprimante EKOCYCLE :

10. L’impression 3D à base d’algues

Dès 2013, les entreprises Algopack et Le FabShop joignaient leurs forces pour développer le SeaWeed Filament, un matériau pour imprimantes 3D conçu  à  base  d’algues  cultivées  et récoltées en Bretagne. L’algue qui ne nécessite ni engrais ni pesticides, est déjà largement utilisé dans l’industrie de la plasturgie.

« En imaginant le SWF, nous avions pour ambition de révolutionner l’impression 3D qui constitue elle même déjà une révolution. Nombre de technologies mettent des années à passer au vert. Nous, nous voulions dès à présent proposer une alternative intelligente en la matière » explique Bertier LUYT, fondateur du FabShop. Plus d’infos sur le sujet ICI.

Le SeaWeed Filament développé par le FabShop et AlgoPack

Le SeaWeed Filament développé par le FabShop et AlgoPack

Que pensez-vous de ces initiatives ? N’hésitez pas à partager un projet similaire ou à donner votre opinion en commentaires de l’article ou avec les membres du forum 3Dnatives.


À propos Alex

Consultant en impression 3D, j’ai co-fondé 3Dnatives en 2013 pour promouvoir cette révolution en marche. J’accompagne les entreprises sur les transformations liées à l’impression 3D et j’interviens lors de conférences dédiées au sujet (TEDx, 3D Printshow, 3D Print Lyon, Essec, HEC). Diplômé de l'Université Paris Dauphine et du King's College London en Mathématiques Appliquées vous pouvez me suivre sur twitter @martelalexandre