News

Bio-impression 3D contre le cancer et l’arthrite : la technologie ReJI accélère le développement de médicaments

La bio-impression, une technologie d’impression 3D existant depuis plusieurs années, est utilisée à des fins médicales depuis environ l’an 2000. Toutefois, elle présente certaines limites, notamment en matière de développement de médicaments, dont le coût reste élevé. Grâce au soutien financier de Versus Arthritis, des chercheurs de l’université de Newcastle ont mis au point une nouvelle méthode de bio-impression 3D de gels contenant des cellules, ouvrant la voie à des avancées dans la mise au point de traitements contre le cancer, les maladies cardiaques et l’arthrite. Ce procédé, capable de reproduire fidèlement les tissus humains, a été breveté aux États-Unis et en Europe. Par ailleurs, sous la direction du professeur Kenny Dalgarno, l’équipe a fondé la start-up Jetbio afin d’attirer des investissements pour déployer l’imprimante ReJI à l’échelle mondiale dans les laboratoires.

Comment se déroule précisément le processus d’impression ? La technologie, appelée Reactive Jet Impingement, repose sur un procédé de bio-impression où deux liquides sont projetés l’un contre l’autre. L’un contient une solution de réticulation avec des cellules en suspension, tandis que l’autre est une solution de polymère. Leur mélange dans l’air forme un hydrogel enrichi en cellules, qui peut ensuite être imprimé en 3D sur presque toutes les surfaces. Ce procédé se distingue par une vitesse d’exécution bien supérieure aux technologies classiques et permet d’atteindre une densité cellulaire dix fois plus élevée. De plus, les tissus obtenus présentent une ressemblance avec les échantillons de tissus humains.

À gauche : la technologie d’impression 3D et à droite : l’imprimante ReJI.

La technologie Reactive Jet Impingement (ReJI) joue un rôle important dans le développement de médicaments, en particulier pour les tests de cultures cellulaires in vitro, où les cellules sont habituellement cultivées sur une surface plane, c’est-à-dire en dehors du corps, dans des conditions artificielles. Cependant, ces modèles 2D traditionnels ne reflètent pas la réalité du corps humain, où les cellules interagissent dans un environnement 3D. C’est ici que la technologie ReJI intervient : en imprimant des cellules dans une matrice 3D, elle permet de mieux reproduire les tissus, rendant ainsi les tests plus précis. Cela contribue à accélérer l’ensemble du processus. Par ailleurs, la méthode Jetbio présente d’autres avantages : elle est plus économique et rend le développement de médicaments plus accessible, permettant ainsi à un plus grand nombre de personnes de se procurer des traitements. De plus, l’équipe de Jetbio a déjà été invitée à la Chambre des députés pour présenter cette technologie, qui devrait optimiser la production de médicaments.

Le professeur Kenny Dalgarno, de la faculté d’ingénierie de l’université de Newcastle, met en lumière les défis actuels du développement de médicaments : « La recherche de médicaments est un processus complexe et très coûteux, impliquant plusieurs séries de tests avant même d’entamer les essais cliniques. Lors de ces essais, seul un composé sur dix parvient à être commercialisé. Ces taux d’échec démontrent clairement qu’il est nécessaire d’améliorer nos modèles pour mieux simuler la réponse aux médicaments chez l’homme. Il existe actuellement un grand intérêt pour le développement de modèles in vitro humains plus performants pour les maladies et les tissus, afin de tester les médicaments de manière plus efficace. »

La technologie de bio-impression Reactive Jet Impingement (ReJI) est un système rapide d’impression de gels biomimétiques pour le développement de modèles de maladies in vitro pour les tests de médicaments.

Les scientifiques visent également à développer une technologie destinée aux patients souffrant d’arthrite, permettant une culture cellulaire plus personnalisée dans le cadre de l’implantation autologue de chondrocytes (ACI), déjà existante. « L’équipe de Jetbio est à la pointe de la recherche et fait progresser de nouvelles technologies qui devraient améliorer à la fois la qualité et la rapidité du développement des médicaments. Ces avancées pourraient permettre à la population d’accéder plus rapidement à de nouveaux traitements, en particulier pour l’arthrite, le cancer et les maladies cardiovasculaires. C’est une avancée majeure », a souligné Lucy Donaldson, directrice de la recherche chez Versus Arthritis.

De plus, les imprimantes seront utilisées à l’avenir pour traiter une large gamme de maladies, comme dans le cadre du projet REBORN financé par l’UE. Dans ce projet, une équipe de l’université de Newcastle développe des modèles in vitro d’un ventricule cardiaque. La bio-impression ReJI y est associée à d’autres bioprocédés. Pour en savoir plus sur l’imprimante ReJI et l’Université de Newcastle, cliquez ICI, et pour découvrir Jetbio, cliquez ICI. Dans la vidéo ci-dessous, le professeur Kenny Dalgarno, directeur scientifique de Jetbio, explique comment le procédé est utilisé pour la fabrication évolutive de modèles de leucémie in vitro.

Que pensez-vous de la technologie ReJI ? N’hésitez pas à partager votre avis dans les commentaires de l’article. Vous êtes intéressés par l’actualité de l’impression 3D médicale et dentaire ? Cliquez ICI.Vous pouvez aussi nous suivre sur Facebook ou LinkedIn !

*Crédits de toutes les photos : Jetbio und Newcastle University

Share
Publié par

Articles récents

Des micro robots imprimés en 3D qui nagent et se déplacent comme des organismes vivants

Un robot qui se comporte comme un être vivant mais qui n'a pas de capteurs.…

3 avril 2026

Syntilay combine impression 3D et IA, façonnant le futur de la chaussure

Dans le secteur de la chaussure, l'impression 3D permet de fabriquer des produits personnalisés, durables…

2 avril 2026

Votre prochain iPhone pourrait être imprimé en 3D pour vous… et vous seul

Depuis longtemps, Apple s'est donné pour mission de rendre la technologie intuitive, fluide et, surtout,…

1 avril 2026

Les offres d’emploi de l’impression 3D du mois de mars

Le secteur de l’impression 3D recrute en France. L’année dernière, de nombreuses offres d’emploi ont…

31 mars 2026

TCT Asia 2026 : les innovations les plus marquantes autour de l’impression 3D multi-matériaux

Le salon TCT Asia 2026 a clairement montré que la course à l'impression 3D FDM…

31 mars 2026

13,5 % de croissance annuelle sur les 5 prochaines années pour la fabrication additive

Connaissez-vous le cabinet allemand AMPOWER ? Chaque année, il publie un rapport sur le marché…

30 mars 2026

Ce site utilise des cookies anonymes de visite, en poursuivant vous acceptez leur utilisation.