Interviews

Pressinger Dental Solutions et l’utilisation de l’impression 3D pour le dentaire

Il est difficile d’ignorer les progrès que la fabrication additive a déjà réalisés dans le domaine de la médecine. De nombreuses vies ont déjà pu être sauvées ou simplifiées, et l’ensemble des spécialités médicales peuvent aujourd’hui s’appuyer sur les bénéfices qu’offrent les technologies 3D. Selon un rapport de Future Market Insights, c’est surtout le marché de l’industrie dentaire, d’une valeur de 31,13 milliards de dollars US, qui devrait continuer à croître dans les années à venir. Mais la fabrication additive est-elle déployée dans le secteur dentaire et qu’est-ce qui pousse les laboratoires à intégrer la fabrication additive dans leur flux de travail ? Pour obtenir des réponses à ces questions, nous nous sommes entretenus avec Manfred Pressinger de Pressinger Dental Solutions, un laboratoire dentaire basé en Autriche.

3DN : Pouvez-vous présenter Pressinger Dental Solutions ainsi que votre lien avec la fabrication additive ?

Manfred Pressinger

Je m’appelle Manfred Pressinger, je suis le fondateur et le directeur de Pressinger Dental Solutions. Nous sommes un laboratoire dentaire qui a mis l’accent sur la technique dentaire numérique. Il a toujours été important pour nous d’optimiser en permanence les étapes de travail afin de travailler efficacement. Ces dernières années, il s’est avéré que l’on pouvait très bien atteindre cet objectif en intégrant des technologies numériques dans le flux de travail existant. La fabrication additive, en particulier, nous offre des possibilités incroyables. Nous avons essayé d’optimiser numériquement des processus de travail qui prenaient beaucoup de temps, voire de les remplacer. Pour notre entrée dans le monde de la fabrication additive, nous avons choisi les imprimantes de la marque Anycubic. Nous avons ainsi obtenu des imprimantes avec la précision nécessaire à nos besoins, à un prix d’achat vraiment avantageux. Ce facteur a été décisif, car au début, nous ne savions pas encore quels seraient les conséquences d’un tel investissement et si notre efficacité allait augmenter.

Le choix de la bonne résine était au moins aussi important que celui de la bonne imprimante. Les exigences déterminantes pour notre but sont : une opacité élevée pour l’identification des détails, une faible viscosité pour un nettoyage plus facile, une réactivité élevée pour des processus d’impression plus rapides et surtout un retrait aussi faible que possible. C’est là que notre choix s’est finalement porté sur la résine de la société Sipea. Après la phase de réglage initiale, nous nous sommes rapidement rendu compte des énormes avantages que la fabrication additive nous offrait par rapport à la fabrication traditionnelle. Outre l’immense gain de temps, puisque les processus de travail se déroulaient en parallèle et non plus l’un après l’autre, la reproductibilité rapide était pour nous un énorme avantage.

3DN : Qu’est-ce qui a poussé Pressinger Dental Solutions à utiliser la fabrication additive ?

Les empreintes analogiques en alginate ou en silicone, qui sont généralement très désagréables pour le patient, constituent la base initiale et encore dominante des travaux de technique dentaire. Le progrès nous permet depuis un certain temps d’utiliser des scanners intra-oraux à la place de ces empreintes. C’est à ce moment-là que nous avons commencé à utiliser des imprimantes 3D pour nos besoins, car cela nous permettait de traiter les données du scanner et de fabriquer nos modèles à l’aide de la fabrication additive, au lieu de les couler de manière analogique avec du plâtre. De plus, l’envoi numérique des données de numérisation présente l’avantage de supprimer les trajets de transport initiaux. Cela permet non seulement de gagner du temps, mais aussi de préserver l’environnement.

Crédits photo : Pressinger Dental Solutions

3DN : Expliquez-nous votre workflow de fabrication : quelle(s) technologie(s) utilisez-vous ?

Après réception des données scannées par le cabinet dentaire, nous commençons la fabrication numérique du travail sur PC. Une fois la variante numérique de la prothèse dentaire terminée, la fabrication de la restauration céramique est effectuée simultanément par notre fraiseuse CNC et la création des modèles par l’imprimante 3D. Pour cela, nous utilisons exclusivement des imprimantes SLA et DLP. La précision est pour nous indispensable, c’est pourquoi nous avons opté pour cette technologie.

3DN : Qu’est-ce qui vous fascine dans la fabrication additive ?

La précision reproductible à une vitesse incroyable est pour moi le plus grand avantage de la fabrication additive. C’est incroyable que l’interaction entre la technique de fraisage CNC et les imprimantes 3D fonctionne si bien ensemble. On ne peut pas se passer de l’artisanat, mais la fabrication additive facilite énormément mon travail quotidien, c’est pourquoi elle est intégrée de manière fixe dans notre flux de travail.

Crédits photo : Pressinger Dental Solutions

3DN : Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Depuis quelques années maintenant, je m’intéresse à la fabrication additive et elle me fascine plus que jamais. Dans mon secteur, elle est encore peu utilisée, mais je pense qu’elle deviendra incontournable dans quelques années. Si vous souhaitez en savoir plus sur Pressinger Dental Solutions, cliquez ICI.

Que pensez-vous de l’utilisation des technologies 3D par les laboratoires dentaires ? Partagez votre avis dans les commentaires de l’article. Retrouvez toutes nos vidéos sur notre chaîne YouTube ou suivez-nous sur Facebook ou Twitter !

*Crédits photo de couverture : Pressinger Dental Solutions

Mélanie W.

Diplômée de l'Université Paris Dauphine, je suis passionnée par l'écriture et la communication. J'aime découvrir toutes les nouveautés technologiques de notre société digitale et aime les partager. Je considère l'impression 3D comme une avancée technologique majeure touchant la majorité des secteurs. C'est d'ailleurs ce qui fait toute sa richesse.

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Mélanie W.

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