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Poietis débute un premier essai clinique d’implantation de peau bio-imprimée

L’entreprise française Poietis, spécialisée dans le domaine de la bio-impression depuis quelques années maintenant, vient d’annoncer une collaboration en recherche clinique avec l’établissement de santé Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille (AP-HM) afin de mener des essais cliniques sur ses tissus cutanés bio-imprimés. Poietis poursuit donc l’objectif qu’il s’est donné, à savoir faire de la bio-impression une solution durable pour produire des tissus humains fonctionnels pour répondre aux défis de la transplantation d’organes. A travers ces essais cliniques qui devraient durer 2 ans, l’entreprise française pourrait devenir la première au monde à produire et implanter un tissu bio-imprimé chez un patient, en l’occurence ici de la peau bio-imprimée. 

A la fin de l’année 2018, Poietis avait annoncé la commercialisation de ses nouvelles bio-imprimantes 3D, Next Generation Bioprinting (NGB), principalement destinées à la recherche clinique et l’ingénierie tissulaire. Ce nouveau développement traduisait déjà à l’époque la volonté de l’entreprise française d’améliorer les procédés de fabrication de tissus biologiques et de proposer des solutions de bio-impression plus performantes. Cette fois, elle va encore plus loin puisqu’elle démarre des essais cliniques avec l’AP-HM ; l’établissement gère une unité de thérapie cellulaire, dirigée par le professeur Florence Sabatier. Baptisée Laboratoire de Culture et de Thérapie Cellulaire, cette unité est divisée en zones de fabrication en atmosphère contrôlée et répond à de nombreuses exigences et normes imposées par le secteur. 

Les nouvelles machines de Poietis devraient accélérer la recherche et l’ingénierie tissulaire

Concrètement, si les essais cliniques sont concluants, une personne qui aura subi une perte de peau suite à de graves brûlures, un cancer ou un accident pourrait bénéficier d’une autogreffe. Poietis proposera un substitut dermo-épidermique autologue c’est-à-dire un tissu cutané bio-imprimé à partir des cellules du patient en question. Les partenaires précisent que l’opération ne nécessitera ni anesthésie ni opération chirurgicale complexe : ils espèrent produire des greffons directement implantables à partir d’un prélèvement de cellules, réalisé lors d’une consultation au service de Chirurgie plastique et réparatrice.

Le Dr Bertrand, chirurgien plasticien à l’AP-HM,  ajoute : “Une peau bio-imprimée préparée à partir d’un simple échantillon des propres cellules du patient simplifierait grandement la procédure chirurgicale et éviterait d’avoir de gros échantillons de peau. Cette innovation thérapeutique « made in France » pourrait être une véritable révolution dans le traitement des patients nécessitant une greffe de peau, comme les brûlures graves.” 

La peau bio-imprimée de Poietis pourrait répondre aux défis liés aux greffes (crédits photo : Georges Gobet / AFP)

Poietis espère équiper tous les hôpitaux d’une bio-imprimante 3D et ainsi accélérer le développement de tissus cutanés adaptés au patient, facilement implantables et disponibles à la demande. Cela pourrait résoudre un certain nombre de défis liés à la greffe de peau, mais plus globalement aux greffes en général : les partenaires souhaitent aller plus loin dans leurs recherches et proposer des tissus encore plus complexes. Vous pouvez retrouver davantage d’informations sur le site de l’AP-HM.

Que pensez-vous de la peau bio-imprimée en 3D ? Peut-elle devenir une solution viable ? Partagez votre avis dans les commentaires de l’article ou avec les membres du forum 3Dnatives. Retrouvez toutes nos vidéos sur notre chaîne YouTube ou suivez-nous sur Facebook ou Twitter !

Mélanie W.

Diplômée de l'Université Paris Dauphine, je suis passionnée par l'écriture et la communication. J'aime découvrir toutes les nouveautés technologiques de notre société digitale et aime les partager. Je considère l'impression 3D comme une avancée technologique majeure touchant la majorité des secteurs. C'est d'ailleurs ce qui fait toute sa richesse.

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Mélanie W.

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