Interviews

NES 3D, un espace pour développer la fabrication additive industrielle en Normandie

Sur le marché de la fabrication additive, les initiatives régionales se développent de plus en plus rapidement et de nombreux acteurs créent des écosystèmes afin de favoriser l’adoption de la technologie. C’est notamment le cas de Normandy EcoSpace, plus spécifiquement NES 3D, un espace de proworking qui a intégré l’impression 3D et soutient depuis les industriels de la région normande. Mais les ambitions de cette jeune initiative dépasse les frontières de la Normandie : son objectif est d’acculturer un maximum d’acteurs économiques à la fabrication additive grâce à la maîtrise d’une large gamme de procédés, de matériaux et une offre de formation professionnelle. Pour comprendre comment l’aventure a commencé et quels sont les futurs projets de ce pôle normand, nous avons rencontré Justin Demeslay, Responsable développement chez NES 3D.

3DN : Pouvez-vous vous présenter ainsi que NES ?

Bonjour, nous sommes Normandy EcoSpace. À l’origine, NES est un espace de proworking qui accompagne les entreprises dans leur développement. L’idée est de créer une émulation entre talents industriels notamment. Parmi les sujets important, la fabrication additive est arrivée très tôt dans notre histoire comme besoin de développement dans notre région.

L’équipe de NES 3D

Nous avons commencé avec seulement quelques machines, historiquement dans un but de soutien des industries locales dans l’expérimentation de l’impression 3D. Nous sommes peu à peu montés en compétences et nous avons travaillé l’industrialisation de nos méthodes. Depuis les débuts de l’aventure nous sommes passés de 2 à 12 salariés, de 4 à 130 machines. Avec ces nouvelles forces, nous avons maintenant l’ambition d’acculturer un maximum d’acteurs économiques sur ces technologies. Nous avons comme mission de mettre à disposition l’agilité des outils de production additive aux industriels normands et nationaux. Plus globalement de les faire adopter aux bureaux d’étude dans leurs réflexions.

3DN : Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parc machines et les technologies que vous maîtrisez aujourd’hui ?

Nous maitrisons 5 technologies de production : Le FFF (prototypage et série), le SLA, le ColorJet printing, le MultiJet Fusion ainsi que l’injection (courtes séries) avec nos propres moules en résine. Avec près de 100 machines FFF et résine, nous sommes capables de produire en série des pièces avec tout l’avantage des outils 3D : réactivité, personnalisation, flexibilité. Tout cela sans ticket d’entrée. Compte tenu de nos capacités de numérisation, nous travaillons également beaucoup à l’amélioration de solutions préexistantes.

NES 3D est passé de 4 à 130 machines pour soutenir les projets des acteurs de la région (crédits photo : Normandy EcoSpace)

3DN : Vous êtes à l’origine des MISTY : racontez-nous l’histoire de ce produit.

À l’origine il y a les visières de protection imprimées et fournies gratuitement au début de la pandémie de Covid 19. Puis nous avons utilisé un ancien projet de solution anti-buée pour les masques de soudure. Une fois le modèle retravaillé, nous avons commercialisé le Misty. Ce produit regroupe toutes les caractéristiques idéales pour l’impression 3D : modèle difficile à injecter, personnalisable, PLA biosourcé, production à la demande. C’est un succès formidable pour le monde l’impression 3D. Une série de 2 millions de pièces, produites en quelques mois, exportées à l’international, en portant haut et fort les valeurs de l’industrie 3D française.

3DN : Quels sont vos projets actuels et à venir ?

Notre ambition est de devenir un centre d’excellence de la fabrication additive. Créer une industrie 100% 3D réclame une réflexion plus globale sur les méthodes particulières de l’industrie d’hier, en les transposant à l’industrie de demain. Parce que les outils d’évaluation des industries classiques sont un gage de sérieux indéniable. C’est pourquoi le fil rouge de notre développement est l’excellence des méthodes. On parle ici de caractérisation de matière par exemple. Ca passe également par le développement de nouveaux outils digitaux pointus, qui apporteront des réponses problématiques à la 3D. Avec toujours les mêmes moteurs : innovation, production, conception et formation. Dans cadre-là, nous allons bientôt changer de locaux, en rénovant une friche industrielle d’une entreprise emblématique de la région. Enfin, l’excellence c’est aussi la formation. Nous sommes un organisme de formation certifié Qualiopi. Ainsi, nos formations certifiées commencent à se déployer pour faire rencontrer aux acteurs de la région les atouts de la 3D.

Crédits photo : Normandy EcoSpace

3DN : Pouvez-vous nous en dire plus sur l’offre de formation de NES 3D ?

Actuellement, nous sommes sur un cycle de formation concernant le prototypage rapide en dépôt de fil, réservé aux professionnels. Demain l’ambition est d’ouvrir celle-ci aux particuliers, puis d’en développer de nouvelles sur les autres technologies de production. L’objectif est encore une fois de pousser les modes de penser à évoluer, en faisant adopter la 3D dès la conception des pièces. Au plus tôt les pièces sont imaginées conçues en 3D, plus on s‘éloignera des contraintes inhérentes à l’usinage classique par exemple. Les technologies additives ne remplaceront pas les techniques plus classiques pour certaines applications. L’idée est d’apporter le meilleur des deux mondes grâce aux formations.

3DN : Selon vous, en quoi est-il important de créer des écosystèmes régionaux, et dans votre cas en Normandie ?

Nous sommes quelques-uns sur le territoire national à vouloir acculturer au maximum nos zones d’influence. Nous faisons notre maximum pour créer des synergies dans notre région Normande, qui est déjà riche en savoir-faire industriels. Nous nous sommes d’abord fortement inscrits comme référence dans la 3D dans le paysage Dieppois grâce aux talents du Cluster Dieppe Meca Energie. Puis nous avons fait grandir notre zone d’influence en étant des membres actifs de réseaux tels que Normandie Aéro Espace, grâce à sa marque FAN (Fabrication Additive en Normandie). Nous avons cette volonté de créer des connexions entre acteurs régionaux, en apportant ainsi des réponses globales à des projets complexes. Nous ne sommes volontairement pas positionnés sur le marché de l’impression métal. Mais nous sommes de fait capable d’apporter une réponse. Dans le même état d’esprit, nous échangeons également beaucoup avec nos homologues injecteurs régionaux, qui ne perdent plus de marchés comptant de prototype ou présérie grâce à nos services. Il faut également admettre qu’à force de fédérer à l’échelle régionale, nous commençons à déborder. Je pourrai prendre l’exemple de bureaux de design parisiens, attirés par notre réactivité.

Crédits photo : Normandy EcoSpace

3DN : Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Nous lancerons en début d’année prochaine un outil numérique qui, nous l’espèrerons, permettra d’influencer de manière encore plus grande les industriels. Nous sommes pressés de le dévoiler !  Rendez-vous sur notre site pour en savoir plus.

Que pensez-vous de cet espace normand ? Peut-il favoriser l’adoption de la fabrication additive ? N’hésitez pas à partager votre avis dans les commentaires de l’article ou avec les membres du forum 3Dnatives. Retrouvez toutes nos vidéos sur notre chaîne YouTube ou suivez-nous sur Facebook ou Twitter !

Mélanie Wallet

Diplômée de l'Université Paris Dauphine, je suis passionnée par l'écriture et la communication. J'aime découvrir toutes les nouveautés technologiques de notre société digitale et aime les partager. Je considère l'impression 3D comme une avancée technologique majeure touchant la majorité des secteurs. C'est d'ailleurs ce qui fait toute sa richesse.

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Mélanie Wallet

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