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Nefilatek et ses filaments d’impression 100% recyclés

Nefilatek est une jeune pousse canadienne qui vient de lancer sa gamme de filaments d’impression 3D recyclés à 100%. Fondée en 2018 et après une campagne Kickstarter réussie, la startup souhaite proposer des matériaux plus respectueux de l’environnement et faire de l’impression 3D une méthode de fabrication plus durable. Nefilatek rejoint ainsi les différents projets combinant écologie et fabrication additive, de plus en plus nombreux sur le marché. Nous avons rencontré le fondateur de cette startup, Bastien Lepoutre, qui nous a expliqué le processus de création des filaments recyclés et l’avenir du recyclage et de l’impression 3D.

3DN : Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre lien avec l’impression 3D ?

Je viens tout juste d’obtenir mon diplôme d’ingénieur en mécanique il y a un mois. Passionné par le développement durable depuis mon enfance, j’ai découvert l’impression 3D au début de mes études. J’ai développé quelques projets personnels et des projets scolaires impliquant la conception et l’impression 3D ; c’est ainsi que j’ai rejoint cette grande communauté de l’impression 3D.

A gauche, Bastien Lepoutre – fondateur de Nefilatek, et Angel Chauffray – associé & ingénieur R&D (crédits photo : Nefilatek)

3DN : Comment est née l’idée de créer Nefilatek ?

Nous étions vraiment enthousiastes à l’idée d’utiliser l’impression 3D, nous sommes convaincus que c’est une technologie d’avenir. Elle pose toutefois un problème car elle utilise beaucoup d’énergie et de plastique, ce qui n’est pas cohérent avec ma vision du développement durable. Du coup, on a commencé à chercher un autre moyen de fabriquer et à voir comment on pourrait réutiliser le plastique recyclé dans ce processus d’impression.

3DN : Pouvez-vous nous en dire plus sur le processus de création de filaments d’impression 3D ?

Premièrement, nous devons trouver des déchets qui peuvent être recyclés, cela signifie des déchets homogènes. Deuxièmement, nous broyons ces déchets qui deviennent des granulés. Ces derniers passent par un processus de décontamination pour éliminer les impuretés et rendre le plastique homogène.

Ensuite, nous extrudons les granulés en filaments ; ils sont filtrés pendant l’extrusion pour éliminer les dernières éventuelles impuretés. Ensuite, les bobines sont nettoyées et expédiées. Nous avons choisi des bobines réutilisables pour éviter de les jeter quand il n’y a plus de filament.

Les bobines réutilisables (crédits photo : Nefilatek)

3DN : Sur quelles machines vos filaments sont-ils compatibles ?

Nos filaments sont compatibles avec la plupart des imprimantes 3D FDM du marché parce que nous fabriquons des filaments de 1,75 mm ; nous n’avons pour le moment pas de besoins qui justifieraient la création d’un autre diamètre (2,85 mm pour Ultimaker par exemple), mais nous avons la capacité de le faire si nécessaire.

Pour le moment, nous vendons du HIPS et notre PC sera bientôt prêt. Pour le HIPS, vous avez besoin d’une imprimante dotée d’un plateau chauffant et d’un extrudeur pouvant atteindre 250 ° C. Pour le polycarbonate, vous aurez besoin d’une enceinte fermée, d’un plateau chauffant pouvant aller jusqu’à 125°C et d’une buse en métal capable d’atteindre les 290°C.

Pièces imprimées en 3D avec les filaments Nefilatek (crédits photo : Nefilatek)

3DN : Pensez-vous que l’impression 3D soit plus durable que d’autres méthodes de fabrication?

Cela dépend de quelle application on parle : pour la réparation, le prototypage rapide ou encore la production en petite série, je pense que cette technologie est plus durable que d’autres méthodes. De plus, l’impression 3D permet de réaliser des pièces plus légères, ce qui signifie moins de matériaux utilisés et plus d’efficacité. L’impression 3D est d’ailleurs encore plus durable avec nos filaments.

Soyons toutefois vigilants car les imprimantes 3D ont besoin de beaucoup d’énergie par pièce par rapport à un processus d’injection classique. Du coup, c’est une méthode qui ne va pas être aussi intéressante en termes de développement durable pour une production grande série.

Pour l’instant, seul du HIPS est proposé (crédits photo : Nefilatek)

3DN : Quels sont vos futurs projets ?

Notre prochain objectif est de développer plus de filaments recyclés à 100% comme de l’ABS, du PLA, du PP ou du Nylon afin de proposer une grande variété de matériaux à nos clients.

Nous travaillons en outre sur une petite ferme de production qui fonctionnera avec nos filaments 100% recyclés. L’objectif est de proposer aux gens des objets 100% recyclés fabriqués avec nos filaments.

3DN : Un dernier mot pour nos lecteurs ?

N’hésitez pas à nous contacter si vous êtes intéressés par nos filaments 100% recyclés ! Et n’oubliez pas de laisser parler votre imagination !

Que pensez-vous de l’initiative de Nefilatek ? Partagez votre avis dans les commentaires de l’article ou avec les membres du forum 3Dnatives.

Mélanie Wallet

Diplômée de l'Université Paris Dauphine, je suis passionnée par l'écriture et la communication. J'aime découvrir toutes les nouveautés technologiques de notre société digitale et aime les partager. Je considère l'impression 3D comme une avancée technologique majeure touchant la majorité des secteurs. C'est d'ailleurs ce qui fait toute sa richesse.

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Mélanie Wallet

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