Aérospatiale et Défense

Navier, le moteur de fusée imprimé en 3D de la startup française Latitude

La jeune pousse française Venture Orbital Systems vient de lever 10 millions d’euros et en a profité pour faire peau neuve avec un nouveau nom “Latitude”. La startup dévoile également Navier Mark I, la première version de son moteur de fusée entièrement imprimé en 3D métal. Une fois abouti, Navier sera intégré au micro-lanceur Zéphyr dont le premier lancement devrait avoir lieu en 2024. Le moteur en question est imprimé à partir d’un alliage de nickel sur une machine de fusion laser sur lit de poudre. Une étape importante pour l’entreprise basée à Reims qui se rapproche peu à peu de son objectif. 

En octobre 2021, Latitude annonçait l’ouverture de son nouveau site de production à Reims : 1 700 mètres carrés dédiés au développement du micro-lanceur Zéphyr. La startup possède actuellement plusieurs imprimantes 3D de bureau pour fabriquer des prototypes et envisage d’investir dans une solution d’impression 3D métallique. Pour le développement de son moteur Navier, elle a fait appel à Saturne Technology, une PME luxembourgeoise. A terme, Latitude espère internaliser toute la fabrication de son micro-lanceur.

Le micro-lanceur Zephyr (crédits photo : Latitude)

Navier Mark I, un nouveau moteur soutenu par une levée de fonds

Navier Mark I est donc la première version du moteur de Zéphyr et sert principalement de preuve de concept à la startup. Elle va en effet mener plusieurs tests avant de développer d’autres itérations. Le moteur imprimé en 3D mesure 45 centimètres de hauteur et pèse 30 kilos, le tout pour une poussée de 1,2 tonne. Il a été fabriqué à partir d’Inconel 718 sur une machine SLM 500 en quelques jours seulement. Il devrait être testé à Vernon, dans le cadre d’un partenariat avec ArianeGroup.

Latitude a également bouclé une levée de fonds de 10 millions d’euros afin de soutenir ces phases de test. Stanislas Maximin, le CEO de la startup, explique : “Il s’agit de ressources essentielles à tous les projets et activités que nous devons mener dès à présent pour ouvrir la voie vers l’orbite. Parmi nos priorités figure la réalisation de tests au sol de Mark 1, la première itération de Navier. De plus, nous serons en mesure de faire des progrès majeurs dans le développement des systèmes, de l’électronique et des logiciels de Zephyr.” Latitude a ainsi renforcé ses équipes et compte désormais 60 collaborateurs. 

Le moteur Navier est imprimé en 3D par Saturne Technology sur une machine SLM (crédits photo : Saturne Technology)

Une chose est sûre, Latitude apporte un nouveau souffle au secteur de l’aérospatiale en France, souvent dans l’ombre face aux géants américains. Nombreux sont les acteurs qui ont déjà misé sur la fabrication additive pour produire leurs fusées – on pense bien évidemment à Rocket Lab qui imprime certaines pièces de ses fusées depuis maintenant plusieurs années. La startup française n’a pour l’instant pas pour ambition de concevoir autre chose que son moteur par fabrication additive. On attend avec impatience le lancement en 2024 et on espère découvrir la deuxième version du moteur imprimé en 3D très rapidement ! Pour patienter, rendez-vous sur le site de Latitude ICI.

Que pensez-vous du moteur Navier ? Partagez votre avis dans les commentaires de l’article. Retrouvez toutes nos vidéos sur notre chaîne YouTube ou suivez-nous sur Facebook ou Twitter !

*Crédits photo de couverture : Latitude

Mélanie W.

Diplômée de l'Université Paris Dauphine, je suis passionnée par l'écriture et la communication. J'aime découvrir toutes les nouveautés technologiques de notre société digitale et aime les partager. Je considère l'impression 3D comme une avancée technologique majeure touchant la majorité des secteurs. C'est d'ailleurs ce qui fait toute sa richesse.

Share
Publié par
Mélanie W.

Articles récents

TCT Asia 2026 : les innovations les plus marquantes autour de l’impression 3D multi-matériaux

Le salon TCT Asia 2026 a clairement montré que la course à l'impression 3D FDM…

31 mars 2026

13,5 % de croissance annuelle sur les 5 prochaines années pour la fabrication additive

Connaissez-vous le cabinet allemand AMPOWER ? Chaque année, il publie un rapport sur le marché…

30 mars 2026

AKEMI mise sur l’impression 3D de fibres optiques pour l’éclairage intérieur

La lumière, c'est la vie. Après un long hiver passé dans l’isolement de bâtiments souvent…

27 mars 2026

Lab 3Dnatives : Test de l’imprimante 3D Snapmaker U1

Longtemps synonyme de machines de fabrication numérique polyvalentes, combinant impression 3D, usinage CNC et gravure…

26 mars 2026

L’aéroport de Milan accueille un premier bâtiment imprimé en 3D

L’aéroport de Milan Bergamo n’est pas le plus proche du centre de la ville (50…

25 mars 2026

8 raisons d’intégrer l’impression 3D dans les hôpitaux

On ne vous explique plus pourquoi la fabrication additive est aussi prisée par le secteur…

25 mars 2026

Ce site utilise des cookies anonymes de visite, en poursuivant vous acceptez leur utilisation.