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Les meilleures machines pour recycler le plastique et créer son propre filament d’impression 3D

Publié le 2 juin 2026 par Carol S.

Qu’on le veuille ou non, l’impression 3D génère des déchets. Pièces ratées, purges entre matériaux, supports, impressions qui ne convainquent plus. Pendant longtemps, ce plastique finissait inévitablement à la poubelle. Mais le secteur cherche depuis des années une réponse plus cohérente avec l’idée de durabilité que beaucoup de makers veulent appliquer au quotidien : récupérer ce matériau, lui donner une seconde vie et le réintégrer dans le processus d’impression sous forme de filament neuf.

C’est là qu’interviennent les machines de recyclage de filament. On en trouve aussi bien sous forme de kits DIY, pour ceux qui aiment autant le processus que le résultat, que de produits commerciaux prêts à l’emploi. Si vous réfléchissez depuis un moment à en intégrer une dans votre espace de travail, ce classement vous aidera à y voir plus clair. Nous avons rassemblé quelques-unes des options les plus intéressantes du marché, avec des profils très variés en matière de prix, de compétences techniques requises et de matériaux compatibles, afin que vous trouviez celle qui correspond le mieux à vos besoins. L’ordre des machines est aléatoire.

L’extrudeuse Polyformer

Développé par le designer industriel Reiten Cheng, le Polyformer est une machine open source imprimée en 3D, conçue pour fabriquer du filament. Elle transforme des bouteilles en PET en filament de 1,75 mm compatible avec les imprimantes FDM standard. L’objectif : offrir aux créateurs une solution abordable pour travailler avec des matériaux de récupération plutôt que d’acheter du plastique neuf. La machine fonctionne grâce à un outil de découpe à roulements empilés qui découpe la bouteille en un ruban continu. Ce dernier est ensuite introduit dans un hotend réutilisé qui le thermoforme pour obtenir le filament fini. Fabriquée presque entièrement à partir de composants imprimés en 3D et de pièces matérielles standards courantes sur les imprimantes 3D de bureau, il s’agit d’un projet de bricolage accessible. Son architecture modulaire permet de remplacer ou de modifier les différents composants selon les besoins. Vous voulez en construire une ? Tous les détails et le guide de montage sont disponibles ICI.

Crédits photo : James Chou

ProtoCycler V3 de ReDecTec

Le ProtoCycler V3 de ReDecTec est un système d’extrusion de filament de bureau conçu pour l’expérimentation de matériaux et le recyclage. Il dispose de deux capteurs numériques de contrôle du diamètre et d’un système de régulation basé sur l’intelligence artificielle pour surveiller la consistance du filament pendant le traitement des polymères et des additifs. Sa caractéristique principale est son hardware breveté MixFlow™, qui fait fondre le plastique à des températures inférieures à celles des systèmes conventionnels — ce qui élargit la gamme de plastiques compatibles et réduit, selon ReDecTec, la consommation d’énergie jusqu’à 75 %. Le système inclut également un broyeur intégré pour transformer les déchets plastiques en filament réutilisable en un seul flux de travail. En raison des contraintes actuelles sur la chaîne d’approvisionnement et des droits de douane, ReDecTec produit uniquement ces configurations avec broyeur intégré, ce qui fait du V3 une option autonome pour ceux qui veulent recycler et extruder en une seule opération.

 

Crédits photo : ReDecTec

 

 

Le système de recyclage de Creality

Lancés en crowdfunding en mars dernier, le Filament Maker M1 et le Shredder R1 représentent le pari de Creality pour fermer le cycle des matériaux de l’impression 3D de bureau. Le système combine deux machines : la R1, qui broie et sèche les déchets, purges, supports et pièces ratées en particules de ≤4 mm, et la M1, qui les extrude en filament avec une tolérance de diamètre de ±0,05 mm et une production pouvant atteindre 1 kg/h. L’extrudeuse est compatible avec jusqu’à huit types de matériaux : PLA, ABS, PETG, ASA, PA, PC, TPU et PET. Au-delà du recyclage, ce nouveau système permet de créer des filaments personnalisés en mélangeant des granulés avec du masterbatch de couleur, des fibres ou des additifs naturels, ce qui facilite l’expérimentation de nouveaux matériaux.

Crédits photo : Creality

Système d’extrusion Felfil

Le système d’extrusion Felfil est un équipement complet de production de filament de bureau, capable de traiter aussi bien des granulés vierges que des matériaux recyclés broyés, grâce à trois machines modulaires. La Shredder+ s’occupe de la première étape, en décomposant les impressions ratées et les déchets plastiques en particules prêtes pour l’extrusion. La Felfil Evo prend ensuite le relais pour extruder ces particules en filament de 1,75 mm ou 2,85 mm de diamètre via des buses interchangeables, avec une température et une vitesse réglables manuellement via une interface intuitive basée sur Arduino. La Spooler+ ferme la boucle en bobinant automatiquement le filament obtenu, tandis qu’un capteur de précision de 10 microns surveille et calibre en continu le diamètre en temps réel, avec des réglages prédéfinis pour les matériaux courants et un mode manuel pour les expérimentaux. Le système permet aussi d’expérimenter avec des composés, des additifs et des poudres par lots de seulement 50 grammes. Chaque machine peut également être achetée et utilisée séparément. Le pack complet des trois machines est à 2 999 € ; la Evo est disponible séparément à partir de 349 € en kit de base ou 799 € assemblée, et la Shredder+ est vendue seule à partir de 1 649 €.

Le broyeur GP20 et la machine de fabrication de filament TWO de 3devo

Ce duo de l’entreprise néerlandaise 3devo a été conçu comme une solution accessible pour tester, apprendre et perfectionner des idées de matériaux en interne. Le broyeur GP20 réduit divers types de déchets plastiques — des emballages et isolants jusqu’aux composants industriels — en granulés uniformes adaptés à l’extrusion. Capable de traiter une large sélection de polymères, dont le PET, le PP, le PEEK et le PVC, ce broyeur est utilisé par des laboratoires, des équipes de R&D et des structures pilotes pour garantir un approvisionnement constant en matériaux de test.

En complément du broyeur, le Filament Maker TWO représente la nouvelle génération de la technologie d’extrusion de l’entreprise, mettant l’accent sur une vitesse de traitement accrue et une consommation d’énergie réduite par rapport à son prédécesseur. Le système dispose de commandes pour la détection du matériau, le chauffage, l’étirage et l’enroulement. Cette automatisation intégrée est conçue pour maintenir une production de filament stable et permet aux utilisateurs de produire du filament pour des phases de test, de validation et de production.

Le broyeur GP20 (à gauche) et le Filament Maker TWO (à droite), (crédits photo : 3devo)

L’extrudeuse Noztek Pro

Noztek est une entreprise britannique qui compte plus de 12 ans d’expérience dans le développement d’équipements d’extrusion de filament pour l’impression 3D. Au sein de leur catalogue, la Noztek Pro se positionne comme le modèle d’entrée de gamme. D’un point de vue technique, il s’agit d’une extrudeuse de bureau dotée d’une vis unique en acier inoxydable et d’un contrôle manuel de la température, capable de produire du filament de 1,75 mm ou 3 mm sur une plage de température comprise entre 180 et 220 °C. De plus, elle peut travailler aussi bien avec des pellets qu’avec du matériau broyé, bien qu’elle n’intègre pas de broyeur. Grâce à ces caractéristiques, la machine cible tout particulièrement les universités, les fablabs, les makers et les laboratoires de recherche.

Crédits photo : Noztrek

ExtrudeX, une machine de recyclage DIY

L’ExtrudeX est une machine de recyclage de filament DIY, entièrement open-source et imprimable en 3D, développée par Creative3DP. L’ExtrudeX est conçue pour transformer, directement à la maison, les impressions ratées, les restes de purges, les supports et les déchets en filament neuf de 1,75 mm. Le processus est très simple : on broie d’abord les déchets, puis on les mélange à des granulés vierges selon une proportion recommandée de 60/40, avant de les introduire dans un cylindre métallique chauffé, entraîné par un moteur à engrenages CC à couple élevé et un système de traction de filament contrôlé. Un ventilateur de refroidissement stabilise l’extrusion à la sortie du cylindre, tandis qu’un capteur de diamètre numérique optionnel peut être fixé au tracteur pour un suivi en temps réel pendant la production. Toutes les pièces structurelles peuvent être imprimées chez soi, même s’il faut disposer d’une imprimante avec un volume de fabrication minimal de 220 × 220 × 250 mm et utiliser des matériaux comme le PETG ou l’ABS. Le projet est disponible en téléchargement numérique pour 51,95 €, incluant les fichiers STL, les schémas de câblage, des tutoriels de montage en vidéo, une liste complète de matériel avec des liens d’achat directs et une assistance personnalisée par e-mail. Le matériel non imprimable coûte environ 210 € s’il est acheté sur AliExpress, ou entre 275 € et 370 € en magasin.

Recycleur de bouteilles en plastique de Sustainable Design Studio

Le Filament Maker de Sustainable Design Studio est une machine unique dans cette liste. Elle est spécifiquement conçue pour transformer les bouteilles en plastique PET jetées en filament de 1,75 mm pour imprimantes 3D, sans avoir besoin de pellets ni de broyeur supplémentaire. Elle affiche des dimensions d’à peine 34 × 16 cm et un moteur de 40 W capable de produire jusqu’à 84 g de filament par heure, ce qui est suffisant pour un usage maker régulier. Elle est disponible en version kit ou déjà assemblée. Le kit comprend un coupe-bouteille et un outil de jonction, et l’entreprise propose des guides détaillés allant de la préparation de la bouteille jusqu’aux paramètres d’impression recommandés. Un point à garder en tête : elle est uniquement compatible avec le PET, ce qui limite sa polyvalence par rapport à d’autres extrudeuses, mais en fait l’option la plus directe pour quiconque souhaite recycler des emballages ménagers.

Crédits photo : Sustainable Design

L’extrudeuse de filament de bureau ARTME 3D MK3S

La MK3S est une extrudeuse de l’entreprise allemande ARTME 3D, conçue pour les makers expérimentés. La raison ? Elle est commercialisée sous forme de kit DIY pour 839 €, comprenant la plupart des outils et 500 g de pellets de PLA, mais elle n’inclut pas certaines pièces imprimées en 3D, que l’utilisateur doit fabriquer lui-même avant de commencer le montage. Ce processus peut prendre entre 7 et 16 heures, selon le niveau d’expérience.

La machine traite les pellets de PLA, PETG, ABS, ASA ou TPU, ainsi que le matériau broyé recyclé à 100 %, avec une capacité de production allant jusqu’à 400 g/h. De plus, elle comprend deux vis interchangeables : une à haute compression pour le matériau broyé et une à faible compression pour les pellets. L’enrouleur est automatique et le système s’arrête de manière autonome une fois la longueur configurée atteinte. Pour ceux qui ont besoin d’une utilisation continue, il existe la variante MK3S+, équipée d’un engrenage planétaire métallique qui permet de fonctionner 24h/24 et 7j/7.

Et vous, recyclez-vous déjà vos impressions ratées ? Comment vous y prenez-vous ? Partagez votre avis dans les commentaires de l’article. Retrouvez toutes nos vidéos sur notre chaîne YouTube ou suivez-nous sur Facebook ou LinkedIn !

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