Le Lab-REV embarque une imprimante 3D à bord d’un voilier

Le Lab-REV est une association basée dans le Finistère qui s’emploie à utiliser des techniques de fabrication écologiques dans l’univers du nautisme. Aujourd’hui, nous sommes allés à la rencontre de son président, Adrien Marchandise, pour discuter de leur projet ambitieux d’embarquer une imprimante 3D à bord d’un voilier.

Adrien Marchandise au centre avec l’équipe du Lab-REV

3DN : Bonjour Adrien, pourrais-tu nous présenter un peu plus le Lab-REV ?

Le Lab-REV est une association, dont les objectifs sont de chercher des solutions pour rendre le nautisme plus écologique et plus économique. Les membres sont des jeunes étudiants, tout juste sortis de formations d’ingénieurs, d’architecture navale, hydrodynamique ou électronique, rassemblés par la passion de la voile, une conscience de la fragilité de leur environnement ainsi qu’un portefeuille peu épais. Une bonne solution pour naviguer à moindres coûts et avec une empreinte carbone limitée est d’acheter un voilier d’occasion, mais il reste souvent de l’équipement à acheter, ce qui revient très vite exorbitant, d’autant plus si on souhaite naviguer en respectant l’environnement.

L’imprimante 3D a pris place à bord du voilier Karukera

Nous sommes donc une bande de voileux bidouilleurs, et pour pouvoir naviguer plus vert et moins cher, nous avons moult astuces : moteur modifié pour tourner à l’huile de friture récupérée, matériel d’occasion, centrale de navigation fabriquée maison avec de l’électronique open source… ainsi qu’une imprimante 3D embarquée !

3DN : Comment est né le projet d’installer une imprimante 3D sur un voilier ?

En même temps que ces problématiques écologiques et économiques se formulaient, nous avons découvert le monde des fablabs, à travers la Plateforme C de Nantes. Là, nous avons très rapidement imprimé nos premières pièces : des taquets d’ancrage. En moins d’une heure, on pouvait se fabriquer un objet plus écolo et beaucoup moins cher que dans le commerce ! Bien sur, pas n’importe quel objet, on ne fera pas un bateau entier par impression 3D, mais de nombreuses pièces plastiques peuvent être ainsi réparées ou améliorées. Nous avons déjà fabriqué une éolienne (dont la version 1 a été présentée au salon nautique, et la v2 est en cours de fabrication) et un hydrogénérateur afin d’améliorer notre autonomie énergétique.

Afin de tester ces prototypes, nous avons mis sur pied une expédition : un tour de la Méditerranée en voilier. Plus de 8 mois de navigation pour un test grandeur nature ! Et pour rester dans une démarche expérimentale et continuer à améliorer ou réparer nos prototypes nous avons décidé d’embarquer une imprimante 3D : la Mondrian de chez Open Edge.

L’imprimante 3D Mondrian installée dans la cabine du voilier

3DN : Quelles ont été les principales difficultés ?

Après les premiers tests, nous avons vu que la Mondrian était parfaitement capable d’imprimer à la gîte, voire même à l’envers ! Elle résiste aussi bien aux secousses que peuvent produire les mouvements du bateau, même si en cas de tempête nous serons sûrement trop occupés pour imprimer !

La Mondrian est capable d’imprimer même lorsque le bateau gîte !

Une de nos craintes était que l’imprimante 3D consomme trop d’énergie par rapport aux capacités de production et de stockage du bateau. Nous avons fait des mesures et on s’est aperçu que les 3/4 de la consommation d’une imprimante résidaient dans le plateau chauffant, on a alors décidé de s’en passer ! Nous avons ensuite modifié l’alimentation pour pouvoir la brancher directement sur les batteries du bateau.

3DN : Et quels sont les premiers résultats ?

Après quelques soudures ratées et fusibles cramés, nous avons testé l’impression 3D embarquée, en voiture ou en bateau, et les résultats sont plutôt concluants ! Le fonctionnement de la machine reste exactement le même qu’à terre. Nous continuons les recherches, avec peut-être un interfaçage avec la centrale de navigation (sorte d’ordinateur de bord) open-source que nous développons.

3DN : Pourrait-on un jour imaginer les grands navigateurs équipés d’une telle technologie à bord ?

C’est bien possible, certains s’y intéressent déjà ! Imaginez les possibilités de réparation lors d’un Vendée Globe, où les marins ne peuvent pas recevoir de pièces de rechange pendant la course ! Un simple e-mail suffirait pour pouvoir fabriquer la pièce à distance !

Plus d’informations sur le Lab-REV ICI.

Un emmagasineur imprimé en 3D pour enrouler la voile avant du bateau

Divers composants imprimés en 3D équipent l’éolienne du bateau

L’imprimante 3D devrait permettre de créer des prototypes mais aussi de réparer des pièces du quotidien.

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Alex M.

Fondateur de 3Dnatives

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