Recherche & Education

L’impression 3D en apesanteur testée avec succès à Bordeaux

Un groupe de chercheurs allemands travaille actuellement sur un projet pour mieux appréhender l’impression 3D en apesanteur et comprendre ses effets sur la technologie. Le projet a été nommé “Powder-based additive manufacturing in zero gravity” et devrait rapprocher un peu plus l’impression 3D dans l’espace de la réalité.

Les applications de l’impression 3D dans l’espace sont nombreuses et des entreprises comme Made In Space redoublent d’efforts pour amener ce processus de fabrication au-delà des limites terrestres. Ce groupe de chercheurs allemands n’est pas une exception : l’Université de Technologie de Clausthal (TU), le Centre Aérospatial Allemand et le Federal Institute for Materials Research and Testing (BAM en allemand) ont joint leurs compétences pour mener différentes expérimentations sur une imprimante 3D à liage de poudre créée par la TU. Elle utilise des poudres fluides développées par BAM et a été testée à bord de vols paraboliques. 

L’imprimante 3D développée par l’Université de Technologie

Un vol parabolique permet de recréer une situation de micropesanteur avec la possibilité d’avoir 40 personnes à bord qui peuvent mener 12 à 13 expérimentations dans les airs. Ces vols ont été organisés par l’entreprise française, Novespace, à bord d’Airbus 310. Les vols paraboliques sont répartis sur 3 parcours de 4h. Chaque parcours comporte 31 phases paraboliques qui offrent chacune 22 secondes d’apesanteur. Les chercheurs ont donc pu bénéficier de 35 minutes d’apesanteur au total pour effectuer leurs tests. 

L’impression 3D en apesanteur

A la différence de la Zero-G utilisée par la NASA à bord de la Station Spatiale Internationale, l’imprimante 3D utilisée n’était pas une machine FDM mais une imprimante de liage de poudre. Les chercheurs se sont concentrés sur la fabrication d’une seule pièce imprimée en 3D et le développement d’une méthode pour stabiliser la poudre métallique dans ces conditions de micropesanteur. Une opération assez difficile car la poudre ne tient pas aussi bien qu’elle devrait sans les forces gravitationnelles agissant sur elle.

Les chercheurs à bord de l’avion

Afin de stabiliser la pièce pendant son impression couche par couche, l’air est aspiré à travers chaque couche de poudre, remplaçant alors la gravité qui permettait cette stabilisation du matériau. L’imprimante est enfermée dans une double enceinte hermétiquement scellée pour éviter que la poudre ne s’échappe. 30 couches ont été imprimées avec succès, un début prometteur pour tous les astronautes qui pourraient par la suite créer les pièces qu’ils souhaitent. Une technique qui pourrait aussi être utilisée sur Terre afin d’optimiser les impressions au maximum.

L’équipe de chercheurs affirme qu’elle va continuer ses tests sur les vols paraboliques afin d’atteindre des résultats encore plus prometteurs. Le projet pourrait aider à approvisionner les vaisseaux spatiaux plus rapidement et de façon plus sûre en termes de pièces de rechanges, outils, etc. Pour en savoir plus sur ce projet, rendez-vous sur le site officiel de BAM.

L’impression 3D en apesanteur peut-elle aider les astronautes dans leurs missions spatiales? Partagez votre avis dans les commentaires de l’article ou avec les membres du forum 3Dnatives.

Mélanie Wallet

Diplômée de l'Université Paris Dauphine, je suis passionnée par l'écriture et la communication. J'aime découvrir toutes les nouveautés technologiques de notre société digitale et aime les partager. Je considère l'impression 3D comme une avancée technologique majeure touchant la majorité des secteurs. C'est d'ailleurs ce qui fait toute sa richesse.

Voir les commentaires

Share
Publié par
Mélanie Wallet

Articles récents

Le système de vision basé sur l’IA du LLNL détecte les défauts d’impression en direct

L'écriture directe à l'encre fait partie de ces technologies d'impression 3D dont le processus peut…

23 septembre 2026

Bambu Lab dévoile son premier graveur laser quelques jours après sa condamnation au profit de Stratasys

Bambu Lab vient de passer une semaine difficile devant les tribunaux. Le 17 septembre, un…

22 septembre 2026

Grâce à l’IA, une résine 3D s’étire jusqu’à 6 fois sa longueur sans casser

A-t-on trouvé un moyen rapide et efficace pour développer de nouvelles résines pour l’impression 3D…

22 septembre 2026

Impossible Objects lève 40 millions de dollars : un boost pour le marché de la FA ?

La semaine dernière, la société Impossible Objects, Inc., spécialisée dans la fabrication additive et basée…

21 septembre 2026

Unica, la selle imprimée en 3D de Selle Italia qui s’adapte à chaque cycliste

Selle Italia a présenté Unica, une selle dont le rembourrage intérieur est conçu et imprimé…

18 septembre 2026

#Startup3D : Et si les imprimantes 3D n’utilisaient plus de courroies ? Le pari de Tesseract Technologies

Presque toutes les imprimantes 3D déplacent leur tête d'impression à l'aide de courroies et de…

17 septembre 2026

Ce site utilise des cookies anonymes de visite, en poursuivant vous acceptez leur utilisation.