Art & Design

Comment l’impression 3D a donné vie au Demogorgon

Stranger Things est une série américaine réalisée par les Duffer Brothers en 2016 et qui a récemment dévoilé sa deuxième saison. Plongés dans une atmosphère à mi-chemin entre la science-fiction et l’horreur, on retrouve des créatures fantastiques dont le célèbre Demogorgon. Derrière ce monstre se cache un studio de design californien, Aaron Sims Creative qui a eu recours à l’impression 3D pour concevoir ce personnage. Un processus qui aurait permis au studio mais aussi aux réalisateurs de se rendre compte physiquement du résultat final à l’écran. Nous avons rencontré Chase Friedman, le Brand & Marketing Director, afin d’en savoir plus sur le lien entre impression 3D et industrie cinématographique.

3DN : Pouvez-vous vous présenter et votre studio de design?

Nous sommes un studio de concept design et d’effets visuels spécialisé dans la construction de l’univers et de personnages de cinéma, télévision, jeux vidéos. Notre méthode de travail, que nous avons appelée « Sketch to Screen » nous permet de collaborer avec des réalisateurs dès le début du projet et de la visualisation pour les aider à donner vie à leur vision grâce à des designs, story-boards, animation, prévisualisation, effets spéciaux et plus récemment à des prototypes imprimés en 3D.

3DN : Quel est votre lien avec l’impression 3D?

Chase Friedman

C’est un aspect assez nouveau dans notre méthode de travail et c’est un processus de plus en plus apprécié parce qu’il permet de donner vie – physiquement parlant – à des modèles 2D qui étaient jusqu’ici seulement numérisés. Cela a commencé avec notre première impression du Demogorgon que nous avons conçu pour les Duffer Brothers, réalisateurs de la fameuse série Stranger Things. Une fois que quelques clients ont aperçu cet imposant modèle 3D peint à la main, ils ont immédiatement demandé des impressions 3D similaires pour les propres personnages et projets. Nous pensons que c’est une partie essentielle dans le processus de visualisation et nous continuerons d’explorer les limites de cette technologie qui nous aide actuellement dans notre processus de création.

3DN : Pouvez-vous nous en dire plus sur le projet Demogorgon pour la série Stranger Things?

La durée classique pour concevoir des créatures et développer les ressources associées peut prendre quelques semaines, en fonction de la complexité du projet. Nous commençons par des dessins au crayon, nous les modélisations sur Zbrush et obtenons un rendu final sur Vray. De là, nous pouvons imprimer toutes nos pièces. L’impression 3D en elle-même peut prendre quelques jours. Nous aimons ensuite peindre les pièces à la main, un travail qui peut être plus ou moins long selon les qualités texturales qu’on vise. Le Demogorgon par exemple a une couche quasi translucide et humide que nous avons essayé de reproduire avec une série de couleurs et de couches transparentes.

Le plus grand Demogorgon que nous ayons imprimé mesure environ 50 cm de haut et est composé d’environ 20 pièces individuelles imprimées en 3D. Chacune d’entre elles a nécessité un design et une conception précise pour tout assembler à la fin.

La version originale du Demogorgon créée et imprimée par Aaron Sims Creative

Nous avons 4 imprimantes Formlabs dans notre studio et nous sommes très satisfaits du rendu final qu’elles offrent. En plus, l’équipe de support chez Formlabs nous a beaucoup aidés à pousser encore plus loin les limites de ces machines.

3DN : Pourquoi vous êtes-vous tournés vers l’impression 3D ? Quels ont été les principaux défis que vous avez rencontrés lors de l’impression de cette créature ?

Voir quelque chose de physique répond à certaines questions qui restent sans réponse avec la 2D. L’impression 3D donne vraiment vie à nos designs, cela fait longtemps que nous n’avions pas vu cela – probablement depuis les maquettes sculptées à la main, elles étaient la méthode classique pour concrétiser un projet. Notre principal défi concernait le volume d’impression des imprimantes car nous avons cherché à plusieurs reprises à créer des créatures plus grandes et dans certains cas des scènes clés entières. Imprimer de petites pièces et les retravailler ensuite implique plusieurs tests et des erreurs avant de s’assurer que tout se passe comme on le souhaite.

La version finale du Demogorgon

3DN : Comment voyez-vous le futur de l’impression 3D dans l’industrie cinématographique ?

Nous pensons que cette technologie est une reprise d’une technique plus traditionnelle autrefois utilisée dans la conception et la modélisation de personnages – c’est juste qu’elle est plus rentable et plus rapide. Ce qui autrefois prenait des mois à sculpter à la main peut maintenant être réalisé en quelques jours ou semaines.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site officiel d’Aaron Sims Creative ou regardez le making of ci-dessous:

Quel est l’avenir de l’impression 3D dans l’industrie cinématographique? Partagez votre opinion dans les commentaires de l’article ou avec les membres du forum 3Dnatives.

Mélanie Wallet

Diplômée de l'Université Paris Dauphine, je suis passionnée par l'écriture et la communication. J'aime découvrir toutes les nouveautés technologiques de notre société digitale et aime les partager. Je considère l'impression 3D comme une avancée technologique majeure touchant la majorité des secteurs. C'est d'ailleurs ce qui fait toute sa richesse.

Share
Publié par
Mélanie Wallet

Articles récents

26 poussins éclos dans des œufs imprimés en 3D : va-t-on vers la résurrection du dodo et du moa ?

Ramener à la vie des oiseaux disparus grâce à l’impression 3D, voilà le pari de…

8 juin 2026

Novak Djokovic arbore une veste en vraie terre battue avec un loup imprimé en 3D à Roland-Garros

Le tournoi de Roland-Garros 2026 se termine dans quelques jours, mais nous ne pouvions pas…

5 juin 2026

#Startup3D: MATERIAL imprime en 3D des batteries qui s’adaptent à toutes les formes

Depuis des décennies, la conception des appareils électroniques est dictée par une réalité tenace :…

4 juin 2026

Voici l’A2L, la nouvelle imprimante 3D grand volume et modulable de Bambu Lab

Bambu Lab lance l'A2L, une imprimante 3D qualifiée de « terrain de jeu créatif »…

3 juin 2026

Les meilleures machines pour recycler le plastique et créer son propre filament d’impression 3D

Qu'on le veuille ou non, l'impression 3D génère des déchets. Pièces ratées, purges entre matériaux,…

2 juin 2026

New York accueille pour la première fois l’œuvre d’Iris van Herpen

La rétrospective consacrée à Iris van Herpen fait étape à New York après Paris, Brisbane,…

1 juin 2026

Ce site utilise des cookies anonymes de visite, en poursuivant vous acceptez leur utilisation.