Médical et Dentaire

L’impression 3D s’invite au CHU de Brest 

Si vous vous intéressez à l’impression 3D, vous savez probablement que dans le secteur médical la fabrication additive devient de plus en plus populaire. À tel point que, lors du dernier rapport du cabinet d’études Allied Market Research, le marché a été estimé à plus de 3,6 milliards de dollars en 2026. Face à ce succès, plusieurs hôpitaux et établissements de santé ont logiquement décidé de faire appel à la technologie. Ce fût notamment le cas au début de la crise sanitaire, lorsque l’AP-HP s’est doté de 60 imprimantes 3D pour concevoir des dispositifs médicaux en urgence. Mais les avantages offerts par l’impression 3D ne se limitent pas à la fabrication en temps de crise. Dans les CHU de Brest et Besançon, la fabrication additive est aujourd’hui utilisée pour aider les praticiens à prendre des décisions thérapeutiques mais aussi pour permettre aux patients de mieux comprendre leurs pathologies.  

Manipulateur radio à Brest, Samuel Guigo s’intéresse depuis maintenant plusieurs années aux bénéfices que peut apporter l’impression 3D au secteur hospitalier, intérêt qui l’a poussé à intégrer la technologie au sein de l’hôpital dans lequel il travaille. L’établissement est désormais équipé de deux imprimantes 3D, la Form 3 de Formlabs et la Connect 2+ d’Ultimaker ; une troisième, la J5 MediJet de Stratasys, devrait bientôt venir rejoindre les deux machines. Grâce à ses imprimantes 3D, le CHU est indépendant et n’a pas besoin de passer par des prestataires externes. Les praticiens ont donc rapidement des réponses à leurs questions, sans avoir à faire appel à des entreprises spécialisées dans la modélisation et l’impression. Après avoir commencé à utiliser l’impression 3D pour les anévrismes, le professionnel de santé l’utilise désormais pour d’autres pathologies. Il explique : “Ce qui est vraiment attrayant c’est qu’on a développé toutes les compétences de A à Z. On peut donc obtenir les pièces rapidement, ce qui nous permet de prendre des décisions thérapeutiques optimales en peu de temps.” Et pas plus tard que le mois dernier, la chaine numérique d’impression 3D du CHU de Brest a démontré l’ampleur de son intérêt. 

Les imprimantes 3D du CHU de Brest

Une prise de décision en moins de 24h grâce aux technologies 3D

Cet été,  un jeune patient victime d’une chute à vélo s’est présenté aux urgences de Brest aux alentours de midi avec une fracture de l’omoplate et muni d’un scanner de la blessure. Grâce aux images de ce dernier et du logiciel de segmentation Dicom Viewer Pro d’Inobitec, ils ont imprimé en 3D à partir de PLA un « jumeau numérique » de l’os fracturé. L’impression de la pièce a été lancée une heure après l’arrivée du patient, et le lendemain matin, elle était prête. Les chirurgiens du service ont alors pu comprendre « l’architecture de la fracture » et prendre une décision collégiale. Après avoir examiné la pièce anatomique, ils ont affirmé que procéder à une opération serait trop risqué, et qu’il fallait privilégier la rééducation. Évidemment, sans la pièce imprimée en 3D, les praticiens se seraient tout de même prononcés et auraient peut-être pris la même décision, mais avoir une réplique dans les mains leur a permis de s’assurer de leur choix.

En plus d’accompagner les médecins dans leur prise de décision, les pièces imprimées en 3D jouent un rôle très important dans ce que les professionnels de santé appellent « l’éducation patient ». Ils peuvent expliquer concrètement aux patients pourquoi ils ont pris telle décision, quelle est l’ampleur de leur pathologie et réduire le stress si opération il y a. Ce processus fonctionne évidemment pour tout ce qui concerne les fractures osseuses, mais il est peut-être encore plus efficace pour les anévrismes intra-crâniens – ce genre de pathologie pouvant être abstraite pour les patients.

L’impression en 3D de l’omoplate fracturée

L’intérêt de l’impression 3D au CHU de Brest

Comme énoncé ci-dessus, l’impression 3D accompagne les praticiens lors de leur prise de décision, permet aux patients de comprendre leurs pathologies et de les rassurer, mais ce n’est pas tout. En effet, dans certains cas, les chirurgiens peuvent s’entraîner sur des modèles imprimés en 3D en amont d’une opération. De cette manière, ils sont par exemple capables de déterminer quelle technique sera utilisée lors de l’intervention, si le patient doit être allongé sur le dos ou sur le ventre, et de nombreux autres détails pratiques.

À l’image des CHU de Besançon et Brest, il ne serait pas surprenant de voir à l’avenir plusieurs hôpitaux adopter à leur tour la technologie. D’autant plus que, pour ce type d’application, le PLA est amplement suffisant et le rapport coût/production est dérisoire. Au moment d’évoquer le futur de la fabrication additive au sein du domaine médical, Samuel Guigo confie ne « pas avoir encore idée de toutes les utilisations possibles de l’impression 3D dans le secteur hospitalier« , mais affirme que la technologie se démocratisera dans les années à venir. Des dires confirmées par l’acquisition de la MediJet de Stratasys, qui devrait rejoindre le CHU de Brest d’ici peu.

Que pensez-vous de l’utilisation de l’impression 3D par le CHU de Brest ? N’hésitez pas à partager votre avis dans les commentaires de l’article ou avec les membres du forum 3Dnatives. Retrouvez toutes nos vidéos sur notre chaîne YouTube ou suivez-nous sur Facebook ou Twitter !

Philippe G.

Voir les commentaires

  • svp , est il possible de savoir le nom du logiciel utilisé pour passer des images du scanner ou l'IRM pour avoir la possibilité de les imprimés en 3D, merci.
    PS : je suis chirurgien est cette technique je veux la reproduire a mon niveau pour les malades.

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Philippe G.

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