Aérospatiale et Défense

EOS et Hyperganic impriment en 3D des composants de propulsion spatiale plus performants

Le fabricant allemand EOS vient de signer un partenariat avec l’entreprise munichienne Hyperganic qui a développé un logiciel d’ingénierie algorithmique basé sur l’intelligence artificielle. L’objectif est d’intégrer la plateforme Hyperganic Core aux solutions d’impression 3D d’EOS et ainsi permettre la conception de pièces complexes et optimisées pour les procédés de fabrication additive. L’une des premières réalisations découlant de ce partenariat stratégique est un moteur de fusée aerospike, caractérisé par son design complexe. Le moteur a été imprimé en 3D d’abord dans un alliage de nickel puis en cuivre et dans un volume plus important. 

Fondée en 2015, Hyperganic a rapidement pris une place clé dans l’industrie de la conception en fabrication additive. Elle a développé un logiciel qui permet de reproduire des formes inspirées de la nature et d’automatiser au maximum les étapes de conception. Cette solution s’appuie sur des algorithmes et l’intelligence artificielle pour optimiser les performances d’une pièce imprimée en 3D. Quand nous avions rencontré l’entreprise en 2019, son objectif était de diversifier ses partenariats et de se rapprocher des fabricants d’imprimantes 3D. Un plan qu’elle a réussi à mettre en oeuvre avec cet accord signé avec EOS.  Lin Kayser, PDG d’Hyperganic, déclare : “Nous sommes très heureux de nous associer à EOS dans le cadre de cette collaboration inédite dans le secteur. L’ingénierie algorithmique traduit les idées en conceptions en quelques minutes, l’ingénieur fixant les règles et l’ordinateur générant les résultats. Plus précisément, le domaine de la propulsion spatiale, qui utilise encore des conceptions très conservatrices, bénéficiera grandement de l’ingénierie algorithmique.”

Crédits photo : EOS / Hyperganic

EOS et Hyperganic font avancer le domaine de la propulsion spatiale

C’est donc dans cette dynamique que les deux entreprises ont imaginé un moteur de fusée aerospike imprimé en 3D. Les équipes de Hyperganic ont imaginé une conception innovante à partir d’un modèle algorithmique. Plusieurs centaines d’itérations ont été générées et l’une d’elles a été imprimée en 3D sur une machine EOS M 400-4, sans support et à partir de l’alliage NickelAlloy IN718. C’est un défi de taille car ce type de moteur nécessite une déconstruction du design d’un moteur classique et donc une reconception plus complexe. Rappelons que les tuyères aerospike sont pensées pour optimiser l’efficacité de la propulsion dans une gamme d’altitudes très vaste.

Suite à cette première pièce imprimée, le moteur a été retravaillé pour être fabriqué sur un système plus grand, la machine AMCM M 4K, une solution développée par l’entreprise éponyme qui fait partie d’EOS. Elle propose un volume de production de 450 x 450 x 1 000 mm et intègre jusqu’à 4 lasers. C’est d’ailleurs dans cette machine que l’entreprise Launcher a investi. En tout cas, un plus gros moteur de l’aerospike a été imprimé en 3D, cette fois-ci en cuivre.

Le logiciel de Hyperganic permet de créer des formes complexes (crédits photo : EOS/Hyperganic)

Le fondateur d’EOS, Dr. Hans J. Langer, conclut : « En tant qu’innovateur constant et pionnier, nous nous associons aujourd’hui à Hyperganic pour introduire un nouveau changement de paradigme dans la fabrication additive. Il s’agit d’un changement de conception qui élargit le champ des possibles ainsi que les niveaux de performance. En même temps, il va révolutionner le processus de conception de la fabrication, faisant de la fabrication additive un véritable flux de travail numérique, de l’ingénierie algorithmique générée par logiciel à la fabrication numérique. » Retrouvez le communiqué de presse officiel ICI.

Que pensez-vous du partenariat entre EOS et Hyperganic ? Partagez votre avis dans les commentaires de l’article et retrouvez toutes nos vidéos sur notre chaîne YouTube ou suivez-nous sur Facebook ou Twitter !

*Crédits photo de couverture : EOS/Hyperganic

Mélanie W.

Diplômée de l'Université Paris Dauphine, je suis passionnée par l'écriture et la communication. J'aime découvrir toutes les nouveautés technologiques de notre société digitale et aime les partager. Je considère l'impression 3D comme une avancée technologique majeure touchant la majorité des secteurs. C'est d'ailleurs ce qui fait toute sa richesse.

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