Business

Les entreprises françaises sont plus nombreuses à avoir adopté l’impression 3D

Le fabricant Ultimaker réalise chaque année une étude mondiale qui analyse les usages de la fabrication additive, son adoption mais aussi sa compréhension et les défis auxquels sont confrontés les utilisateurs des imprimantes 3D de la marque. The 3D Printing Sentiment Index donne ainsi un score à chaque pays participant en fonction de son degré de maturité : la France conserve la 4ème place, faisant partie des leaders en matière d’impression 3D après les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Les participants français seraient plus nombreux à avoir adopté la fabrication additive en 2020 comparé à l’année précédente et auraient surtout acquis davantage de compétences en la matière, preuve que les utilisateurs se forment et cherchent à aller plus loin. 56% affirment d’ailleurs que la fabrication additive aura un impact significatif sur leur activité l’année prochaine (contre 44% l’année dernière). 

Comment l’impression 3D est-elle utilisée à travers le monde ? Comment est-elle perçue par les entreprises ? Quels avantages en tirent-elles ? C’est tout l’objectif de l’étude The 3D Printing Sentiment Index réalisée par Ultimaker. En 2020, le fabricant constate que la crise sanitaire a davantage poussé les entreprises, entrepreneurs et makers à utiliser les technologies 3D et ce, pour créer des pièces et composants inattendus. On se souvient tous de ce fameux adaptateur pour le masque de plongée Decathlon qui a permis de le transformer en respirateur. Globalement, en 2020, les entreprises étaient plus nombreuses à adopter la fabrication additive et plus de 50% d’entre elles l’ont employée pour concevoir des pièces finales. L’outillage reste toutefois une partie importante des cas d’application avec 75% des sondés qui affirment imprimer en 3D différents outils pour rationaliser les flux logistiques et mieux organiser ateliers et chaîne de montage.

The 3D Printing Sentiment Index 2021 a été réalisé auprès de 12 pays (crédits photo : Ultimaker)

L’utilisation de l’impression 3D par les entreprises françaises

43% des utilisateurs français interrogés affirment avoir adopté l’impression 3D dans leur entreprise soit 1% de plus que l’année dernière. Une hausse minime mais qui est tout de même encourageante au vue de la crise sanitaire traversée. La plupart impriment des pièces avec des polymères (82%) contre 24% pour les métaux et les composites. Un résultat finalement peu étonnant quand on connait toute la gamme de thermoplastiques qui existe sur le marché, des filaments classiques comme le PLA aux polymères hautes performances, en passant par toutes les poudres polyamides.

Enfin, le prototypage rapide n’est plus la principale application de l’impression 3D pour la plupart des sondés français : sa part s’élève à 65% contre 76% en 2019. Il semblerait que la production d’outillage ait pris le dessus puisqu’elle représente 68% des applications. L’impression 3D permet en effet de concevoir des outils sur-mesure pour les processus de production en interne, réduisant ainsi les immobilisations des chaînes de fabrication et permettant d’imaginer des pièces de rechange plus rapidement tout en optimisant les stocks. Les matériaux compatibles jouent également un rôle important dans ce cas-là, offrant des propriétés mécaniques similaires à de l’outillage usiné. Enfin, la part des pièces finies imprimées en 3D augmente : elle représenterait 49% en 2020 soit 1% de plus que l’année précédente. A nouveau, cette hausse est faible mais montre bien le changement de mentalité qui s’opère progressivement dans les entreprises.

Heineken a intégré l’impression 3D afin de concevoir de l’outillage pour ses lignes de montage (crédits photo : Ultimaker)

La perception de la fabrication additive

L’un des objectifs du 3D Printing Sentiment Index est de comprendre comment la technologie perçue et quels sont les freins qui existent encore à sa pleine adoption. Si vous suivez l’actualité du secteur, vous n’êtes pas sans savoir que la plupart du temps, ce qui pêche est le manque de connaissances ou encore l’accessibilité à certains procédés et matériaux en termes de coûts. Un sentiment partagé par les sondés français : 39% d’entre eux déclarent ne pas avoir suffisamment de compétences pour pleinement exploiter les avantages de la fabrication additive. Cela semble assez paradoxal puisque 33% des utilisateurs ont un niveau de connaissances plus élevé par rapport à l’édition précédente. Il semblerait que cette barrière en termes de savoir-faire ne soit pas si difficile à lever.

Parmi les bénéfices de l’impression 3D identifiés, c’est la rapidité d’exécution qui revient le plus souvent pour les participants français. 79% affirment que la fabrication additive est le moyen le plus efficace pour produire des pièces finies en petite série contre 72% en 2019.  Enfin, notez que 56% des utilisateurs en France sont convaincus de l’impact positif que les technologies 3D auront sur leurs activités l’année prochaine, ce qui témoigne d’une marque de confiance dans la fabrication additive et ce malgré le contexte encore très incertain dans lequel nous nous trouvons.

De plus en plus d’entreprises adoptent des solutions d’impression 3D en interne (crédits photo : Ultimaker)

Jürgen von Hollen, PDG d’Ultimaker, conclut : « Les fabricants du monde entier ont dû s’adapter rapidement lorsque la pandémie a modifié leurs chaînes d’approvisionnement. Qu’il s’agisse de prototyper des innovations ou d’imprimer leurs propres outils pour faire fonctionner les machines, ceux qui ont l’esprit ouvert se sont adaptés le plus efficacement. Cela montre à quel point les innovateurs du monde entier travaillent dur pour assurer la continuité des affaires, de la production et de la vie quotidienne, malgré ou même à cause des défis externes. Les possibilités de l’impression 3D sont vraiment infinies, il est passionnant de voir les solutions étonnantes proposés par les concepteurs et les ingénieurs. Nous sommes très fiers qu’Ultimaker aide les entreprises à assurer leur pérennité, malgré les difficultés, en adoptant l’impression 3D. » Vous pouvez retrouver l’ensemble du rapport ainsi que les indicateurs des autres pays sur le site officiel d’Ultimaker.

Que pensez-vous de l’adoption de l’impression 3D par les entreprises françaises ? N’hésitez pas à partager votre avis dans les commentaires de l’article ou avec les membres du forum 3Dnatives. Retrouvez toutes nos vidéos sur notre chaîne YouTube ou suivez-nous sur Facebook ou Twitter !

Mélanie W.

Diplômée de l'Université Paris Dauphine, je suis passionnée par l'écriture et la communication. J'aime découvrir toutes les nouveautés technologiques de notre société digitale et aime les partager. Je considère l'impression 3D comme une avancée technologique majeure touchant la majorité des secteurs. C'est d'ailleurs ce qui fait toute sa richesse.

Share
Publié par
Mélanie W.

Articles récents

e-Miles L7e: une voiture électrique révolutionnaire imprimé en 3D

L'industrie automobile est en train de vivre une transformation radicale impulsée par l'impression 3D. Cette…

3 mai 2024

Shapr3D, un logiciel de CAO pour les professionnels de la conception

Pour exploiter pleinement le potentiel de l'impression 3D, il est très important de disposer d'un…

2 mai 2024

xTool Screen Printer accélère la sérigraphie grâce à la gravure au laser

La sérigraphie est une technique vieille de plusieurs siècles, appréciée des artistes comme des amateurs.…

2 mai 2024

Comment l’impression 3D a-t-elle bouleversé l’industrie musicale ?

La fabrication additive est arrivée dans le monde de la musique pour le révolutionner de…

1 mai 2024

Infographie : l’impression 3D dans le monde du sport et des Jeux Olympiques

La fabrication additive gagne en popularité dans de nombreux secteurs, y compris le monde du…

30 avril 2024

ASM lance sa solution de lissage à la vapeur VX1 pour les polymères

La startup allemande ASM GmbH a officiellement lancé sa solution de lissage à la vapeur…

30 avril 2024

Ce site utilise des cookies anonymes de visite, en poursuivant vous acceptez leur utilisation.