Médical et Dentaire

Des écouvillons imprimés en 3D se rétractent pour un test de dépistage au COVID-19 plus confortable

Certaines méthodes de dépistage au COVID-19 ne sont pas des plus agréables : le test virologique (RT-PCR) peut être très inconfortable pour beaucoup de patients. On vient en effet effectuer un prélèvement naso-pharyngé grâce à un écouvillon inséré dans le nez. A l’université de Wolverhampton en Angleterre, une équipe d’ingénieurs a réimaginé le design de ce fameux écouvillon afin qu’il soit plus confortable. En utilisant l’impression 3D et des méta-matériaux, ils ont pu concevoir un dispositif intelligent qui vient s’adapter à chaque patient, réduisant légèrement l’inconfort et l’éventuelle douleur causés. Pour l’instant, les écouvillons imprimés en 3D auraient été validés en laboratoire seulement.

Vous le savez déjà, la fabrication additive a été d’une précieuse aide pendant la crise sanitaire mondiale. Elle a permis d’aider nos soignants, nos hôpitaux, nos patients en permettant la conception de respirateurs, de visières, etc. Elle est également intervenue dans la phase de dépistage que ce soit dans la production d’éprouvettes d’analyse ou encore d’écouvillons bien sûr – on pense à Carbon et Formlabs par exemple qui en produisent des milliers par jour. C’est donc sans véritable surprise que l’université de Wolverhampton a imaginé des écouvillons imprimés en 3D : l’élément surprenant est davantage sur les matériaux utilisés puisqu’elle a opté pour des métamatériaux, des matériaux artificiels dotés de propriétés électromagnétiques importantes. Dr Arjunan est l’un des chercheurs de l’équipe. Il explique : “Nous avons démarré ‘un processus ouvert et collaboratif visant à améliorer de manière drastique les concepts existants des écouvillons nasopharyngés en utilisant les principes de la fabrication numérique et des méta-matériaux. La possibilité de concevoir numériquement et d’imprimer en 3D des écouvillons permet d’incorporer des caractéristiques géométriques qui peuvent potentiellement réduire l’inconfort du patient.”

De nombreuses entreprises ont imprimé en 3D des milliers d’écouvillons (crédits photo : Origin)

Les chercheurs ont donc imaginé un écouvillon auxétique imprimé en 3D, capable de se rétracter sous l’effet d’une résistance axiale. Les chercheurs précisent : “Cela permet à l’écouvillon de naviguer dans la cavité nasale, avec beaucoup moins de contraintes sur les tissus environnants. En comparaison, un matériau traditionnel aura tendance à se dilater sous une charge axiale, provoquant une gêne et une tension dans les tissus environnants”. Rappelons qu’un matériau auxétique a un coefficient de Poisson négatif, c’est-à-dire que quand on l’étire, il devient plus épais perpendiculairement à la force d’étirement. L’équipe reste discrète quant à la phase de conception même de cet écouvillon – on sait simplement qu’elle a travaillé en partenariat avec Formlabs pour réaliser les premières tests. C’est en tout cas le matériau lui-même qui confère ces propriétés de rétractation et d’adaption à la cavité nasale. 

L’équipe précise toutefois qu’il lui reste encore du travail avant de passer à une phase de production à grande échelle. Le Dr Arjunan conclut : le Dr Arjunan. « Il faudra probablement encore six mois avant de pouvoir utiliser l’écouvillon dans les centres de test, mais les avantages vont au-delà de la crise COVID car ces écouvillons intelligents sont supérieurs aux écouvillons traditionnels, réduisant considérablement l’inconfort des patients et pouvant être imprimés à la demande.« 

C’est le matériau qui permet à l’écouvillon de se rétracter (crédits photo : université de Wolverhampton)

Les chercheurs espèrent en tout cas qu’ils pourront imprimer en 3D ces écouvillons à la demande le plus rapidement possible. Vous pouvez retrouver davantage d’informations ICI.

Que pensez-vous de ces écouvillons intelligents ? Partagez votre avis dans les commentaires de l’article ou avec les membres du forum 3Dnatives. Retrouvez toutes nos vidéos sur notre chaîne YouTube ou suivez-nous sur Facebook ou Twitter !

Mélanie Wallet

Diplômée de l'Université Paris Dauphine, je suis passionnée par l'écriture et la communication. J'aime découvrir toutes les nouveautés technologiques de notre société digitale et aime les partager. Je considère l'impression 3D comme une avancée technologique majeure touchant la majorité des secteurs. C'est d'ailleurs ce qui fait toute sa richesse.

Share
Publié par
Mélanie Wallet

Articles récents

Carbone et titane : Apiar relève le défi d’un boîtier de montre 100 % additif

“Impossible watches. Made possible.” : voici ce qu’on peut lire sur le site du fabricant…

15 octobre 2026

Morpho, l’imprimante UV de bureau qui dépasse les 9 millions d’euros sur Kickstarter

En 2020, un groupe d'ingénieurs a quitté DJI pour fabriquer une imprimante 3D de bureau,…

14 octobre 2026

AMinsider, le podcast de la fabrication additive, rejoint 3Dnatives

Le podcast AMinsider rejoint l'écosystème 3Dnatives afin de proposer aux lecteurs une nouvelle perspective sur…

13 octobre 2026

La future église de Neratovice sera imprimée en 3D

On est sans doute devant l’une des plus grandes églises imprimées en 3D dans le…

12 octobre 2026

Le titane peut-il flotter ? Des chercheurs australiens y parviennent grâce à la fabrication additive

Des ingénieurs de l'université RMIT, à Melbourne, ont présenté une structure lattice en titane imprimée…

9 octobre 2026

#Startup3D : Scrap Labs réduit l’impression 3D métal au format de bureau

Les imprimantes 3D métal utilisant la fusion laser sur lit de poudre (LPBF) coûtent généralement…

8 octobre 2026

Ce site utilise des cookies anonymes de visite, en poursuivant vous acceptez leur utilisation.