Russel Ko, étudiant en ingénierie au Republic Polytechnic College de Woodlands, à Singapour, a été grièvement blessé après un accident avec la moto de son ami en octobre dernier. Lors de l’impact, la main gauche de M. Ko s’est coincée dans la roue, coupant à la fois son petit doigt et son annulaire. Les médecins de l’hôpital Tan Tock Seng (TTSH), où Russel Ko a été soigné à la suite de l’accident, ont tenté de rattacher les doigts récupérés par son ami mais n’ont pu sauver que l’annulaire. Heureusement, l’étudiant a été choisi par l’hôpital pour une étude sur les prothèses de doigt fonctionnelles réalisées à l’aide de l’impression 3D. Le projet faisait partie d’une présentation médiatique des capacités du centre de fabrication additive médicale de l’hôpital.
D’après l’Association de Défense et d’Etude des Personnes Handicapées, 20% des amputations sont causés par les accidents. Le Dr Bernice Heng, qui travaille avec le département de microchirurgie de la main et reconstructive de TTSH, affirme aussi que leur hôpital reçoit à lui seul au moins 20 à 30 patients par an avec des amputations de doigts. Dans la méthode de traitement traditionnelle, les patients ont généralement l’option d’une prothèse de doigt cosmétique, qui imite un vrai doigt mais qui n’est pas fonctionnelle. Cependant, la version imprimée en 3D du centre médical a des articulations mobiles, permettant au patient de fonctionner presque normalement. En plus de la personnalisation et de la flexibilité, les prothèses imprimées en 3D sont une option rentable.
Le doigt imprimé en 3D sur l’étudiant (crédits photo : Kevin Lim)
En effet, une prothèse cosmétique coûte plusieurs milliers de dollars de plus que son homologue imprimé en 3D, qui peut être fabriqué pour seulement quelques centaines de dollars. Le Dr Heng décrit la prothèse de doigt imprimée en 3D comme étant « légère et fonctionnelle », les patients les acceptant mieux que les prothèses myoélectriques plus grandes, qui utilisent l’activité musculaire pour alimenter le mouvement et ne sont généralement pas appréciées des patients. Russell Ko attend avec impatience sa prothèse sur mesure, que le centre développe actuellement. “J’ai vraiment hâte de recevoir mon petit doigt. Il y a quelques difficultés dans les activités quotidiennes comme ouvrir une bouteille… ou porter des objets lourds. En tant qu’étudiant ingénieur, je dois aussi utiliser certains outils pour faire le travail. Sans le petit doigt, ma main est moins stable », a-t-il déclaré.
L’hôpital ne s’arrête pas là lorsqu’il s’agit de projets de prothèses utilisant la fabrication additive. Les patients qui ont subi une craniectomie, une opération qui vise à retirer une partie du crâne afin de soulager la pression sur le cerveau à la suite d’un accident vasculaire cérébral ou d’une lésion cérébrale importante, sont les bénéficiaires d’une autre initiative d’impression 3D. Pendant que les patients attendent (jusqu’à un an) avant de subir une deuxième intervention pour réparer le crâne, ils portent généralement un casque pour se protéger la tête. Ces casques sont souvent étouffants, lourds et inconfortables, en particulier dans les climats plus chauds comme Singapour.
Le Dr Bernice Heng avec une prothèse de doigt imprimée en 3D et le Dr Michael Yam, tenant une calotte crânienne (crédits photo : Kevin Lim)
C’est là que les calottes crâniennes imprimées en 3D s’avèrent être un substitut utile. Une équipe de professeurs conçoit des calottes crâniennes personnalisées pour s’adapter à la tête des patients à l’aide de la tomodensitométrie et d’imagerie. L’équipe collabore actuellement avec le centre d’impression 3D médical pour étendre le programme. La conception de la calotte crânienne a été améliorée afin que les victimes d’AVC qui ressentent fréquemment une faiblesse d’un côté de leur corps puissent la mettre d’une seule main. Les améliorations semblent fonctionner, car cette nouvelle solution a reçu des commentaires positifs de la plupart des patients qui l’ont essayée. L’hôpital a soumis une demande de propriété intellectuelle afin d’étendre éventuellement sa portée à d’autres établissements. Il faudra peut-être plus tôt que prévu avant que l’appareil ne remplace les casques traditionnels plus volumineux. Dans tous les cas, consultez la source originale ICI.
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*Crédits photo de couverture : Kevin Lim
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