Les drones imprimés en 3D conçus pour le champ de bataille

Des missions de reconnaissance aux missions d’attaque, les drones imprimés en 3D passent des usines aux champs de bataille. Dans différentes armées à travers le monde, la fabrication additive permet de construire, de réparer et d’adapter des drones (UAV) exactement là où et quand on en a besoin. Voici quelques-uns des exemples les plus marquants, sans ordre particulier. Les connaissiez-vous tous ?
HANX, le premier drone imprimé en 3D certifié NDAA aux États-Unis
Développé par une équipe du Corps des Marines des États-Unis, HANX est le premier drone entièrement imprimé en 3D qui répond aux exigences de la loi sur l’autorisation de la défense nationale (NDAA). Conçu dans un souci de sécurité, tous ses composants sont exempts de technologies restreintes ou potentiellement compromettantes, une condition essentielle à son déploiement dans les systèmes militaires américains. Construit comme une plateforme modulaire, le HANX peut être imprimé en 3D, modifié et réparé directement par les Marines, ce qui permet de l’adapter rapidement à différentes missions, notamment la reconnaissance, l’entraînement, la logistique et les opérations d’attaque à faible coût. Développé en seulement 90 jours après de multiples itérations, le drone a reçu l’autorisation de vol provisoire du Commandement des systèmes aériens navals (NAVAIR), ce qui a constitué une étape clé pour la fabrication additive au sein du Corps des Marines.

Crédits photo : MARINE CORPS.
Un dispositif imprimé en 3D pour larguer des munitions
Widowmaker est le nom donné à un dispositif de largage de munitions qui a été imprimé en 3D. On ne sait pas quel procédé a été adopté, seulement que ce sont des « imprimantes 3D commerciales » – on imagine des solutions de bureau FFF. Ce dispositif a été monté sur une plateforme de drone PDW C-100 et testé par des soldats américains. Ils peuvent ainsi lancer des grenades à fragmentation M67, des munitions d’entraînement et des grenades fumigènes, le tout plus précisément et plus rapidement qu’avant. Ce qui est intéressant est que Widowmaker a été entièrement conçu en interne par des soldats : ils ont utilisé des logiciels de CAO et donc des imprimantes 3D, sans expérience préalable particulière. La technologie leur a permis d’obtenir plusieurs prototypes à tester en quelques mois seulement.

Crédits photo : U.S. Army photo / Spc. Adrian Greenwood
Le drone létal Capstone de la 25e division d’infanterie de l’armée américaine
En 2025, Lightning Labs (qui fait partie de la 25e division d’infanterie de l’armée américaine) a réussi à imprimer en 3D le drone « Capstone », un aéronef équipé d’une caméra permettant la navigation du point de vue du pilote. Afin de lui conférer des capacités létales, l’équipe de neutralisation des engins explosifs (EOD) de la division a développé un système de détonation sur mesure spécialement adapté à cette plateforme. La 25e division d’infanterie est basée à Hawaï, ce qui rend la nature à la demande de la fabrication additive particulièrement vitale. Dans ce cas, la technologie offre une solution aux défis logistiques posés par les distances géographiques considérables.

Photo de l’armée américaine prise par le soldat Wyatt Moore
Des drones rapidement déployés pour l’armée britannique
L’armée britannique a récemment utilisé des imprimantes 3D FFF, plus précisément des solutions Bambu Lab, afin de concevoir des coques de drone directement depuis le terrain. Concrètement, des soldats du 3e bataillon « The Rifles » ont installé ces machines de bureau sous un auvent camouflé, les ont alimentées avec un petit générateur et ont démarré leurs impressions. Au total, 5 drones d’attaque ont été fabriqués et lancés près de Nanyuki au Kenya. Il aura fallu 3h30 environ pour imprimer chaque coque. Si on veut être plus précis, il s’agissait de drones à « vue subjective » – ou drones FPV (First Person View en anglais) – qui avaient pour objectif des frappes simulées. Une première pour l’armée britannique qui réfléchit à une adoption à plus grande échelle.

Impression de la coque d’un drone (crédits photo : armée britannique)
SPARTA, le drone conçu par des soldats
Développé par le Laboratoire de recherche de l’armée américaine (ARL) sous l’égide du Commandement du développement des capacités de combat (DEVCOM), SPARTA (Soldier Portable Autonomous Reconnaissance Transitioning Aircraft) est un drone modulaire à faible coût imprimé en 3D, construit à partir de zéro grâce aux contributions des troupes de première ligne. Pesant environ 1 kg et coûtant un peu plus de 1 000 dollars à produire, il offre une portée de plus de 30 km et une autonomie de vol pouvant atteindre 60 minutes. Son fuselage peut être imprimé en une nuit et assemblé sans outils spécialisés. SPARTA a été testé sur le terrain lors de l’exercice Danger Gauntlet à Fort Riley, en collaboration avec BISON, un espace de création d’impression 3D mobile permettant la fabrication et la réparation de drones sur place. L’ARL travaille désormais avec des partenaires industriels pour mettre cette plateforme en production à grande échelle.

Laboratoire de recherche DEVCOM de l’armée américaine (crédit photo : U.S. Army DEVCOM Army Research Laboratory).
Le drone Squall de Firestorm
Fruit d’un partenariat entre Firestorm Labs et la société croate Orqa, le Squall est un drone fabriqué par impression 3D et conçu pour une utilisation sur le champ de bataille. Il atteint des vitesses allant jusqu’à 130 km/h, dispose d’une portée d’environ 32 km, d’une autonomie de vol pouvant atteindre 42 minutes et peut transporter une charge utile de 2,5 kg. Tous ses composants sont conformes à la réglementation NDAA, une exigence clé pour le Pentagone et ses alliés. Ce qui distingue le Squall, ce n’est pas seulement le drone en lui-même, mais la manière dont il est fabriqué : Firestorm Labs produit des drones à l’aide de ses plateformes « xCell », des usines mobiles installées dans des conteneurs qui permettent de fabriquer des aéronefs, des composants et des pièces de rechange là où ils sont nécessaires, sans dépendre des chaînes logistiques. Ce drone a déjà été testé dans des zones de conflit, notamment en Ukraine, où il est utilisé pour des missions à haut risque.

Crédits photo : Firestorm.
Le drone intercepteur METIS
Développé par la startup allemande TYTAN Technologies, METIS est un drone intercepteur dont le châssis est entièrement fabriqué par impression 3D. Guidé par l’intelligence artificielle et la vision par ordinateur, il détecte, suit et neutralise les drones ennemis par collision cinétique à grande vitesse. Il pèse 6 kg, atteint 350 km/h, opère à une portée supérieure à 25 km et peut transporter une charge utile allant jusqu’à 1 kg. Sa conception modulaire permet son lancement à partir de conteneurs installés même sur des véhicules blindés, et un seul opérateur peut gérer plusieurs intercepteurs simultanément. Il a été testé en conditions réelles avec les forces armées ukrainiennes via la plateforme Brave1, et fait l’objet de contrats de fourniture portant sur des milliers d’unités tant pour l’Ukraine que pour la Bundeswehr allemande.

Crédits photo : TYTAN Technologies
Drones de remplacement de la 173e brigade aéroportée de l’armée américaine
Suite au retrait du drone RQ-7B Shadow en mars 2024, le « Hawkeye Platoon » a développé sa propre flotte de drones FPV en partant de zéro, à l’aide d’imprimantes 3D basiques et de composants électroniques. Ces drones, qui coûtent entre 400 et 500 dollars et se construisent en quelques heures seulement, sont produits à la demande pour des missions comprenant la reconnaissance à courte distance, des simulations d’attaque et des essais de lancement d’explosifs. Le sergent-chef Andy Ortiz, pilote et formateur de drones, a souligné qu’avec une formation et une pratique adéquates, même les soldats sans expérience préalable peuvent apprendre à construire et à piloter ces systèmes.

Crédits photo : Département américain de la Défense et Agence de santé de la Défense (DHA.gov).
Tempest 50 de Firestorm Labs
Firestorm Labs a mis au point le Tempest 50 : un drone conçu pour transporter jusqu’à 4,5 kg de charge, y compris des charges utiles standard et des explosifs. Avec un poids de 25 kg, une longueur de fuselage de 1,8 mètre et une envergure de 2,1 mètres, le Tempest 50 peut rester en vol jusqu’à 36 heures. Il est fabriqué à l’aide du système d’impression 3D breveté par Firestorm Labs, appelé xCell, qui peut être installé directement à proximité d’une zone de guerre. Plus précisément, xCell utilise la technologie Multi Jet Fusion de HP avec des matières premières disponibles dans le monde entier. Selon Firestorm, ce drone modulaire à architecture ouverte coûte environ un cinquième du coût de production de systèmes à voilure fixe similaires. De plus, l’entreprise affirme que sa fabrication prend environ dix fois moins de temps que celle de drones comparables.

Crédits photo : Firestorm Labs.
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*Crédits photo de couverture : en haut à gauche et à droite – U.S. Army foco de Spc. Adrian Greenwood ; en bas à gauche : TYTAN Technologies





