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CoroNaspresso, le test de dépistage de COVID-19 dans une capsule de café

Réaliser un test de dépistage de COVID-19 avec une capsule de café et une casserole ? C’est l’idée originale d’un scientifique de l’université de Wageningen aux Pays-Bas : souhaitant réduire le coût des tests de détection de COVID-19 aujourd’hui proposés sur le marché, il a utilisé une capsule de café en aluminium vide et l’a transformée en un petit réacteur chimique. Et si ce projet nous intéresse particulièrement, c’est qu’il a imprimé en 3D un support en plastique pouvant contenir 4 tubes pour effectuer les tests. Baptisée CoroNaspresso, cette nouvelle méthode de dépistage pourrait permettre d’accroître le nombre de tests réalisés chaque jour tout en facilitant le processus. Elle ne coûterait d’ailleurs que 0,20€. 

Vittorio Saggiomo est un chimiste italien du groupe Bionanotechnology de l’Université de Wageningen aux Pays-Bas. En mars dernier, il s’est attaqué au problème de la centralisation des tests PCR, expliquant que les moyens de dépistage devaient être aujourd’hui plus facile à faire et peu chers à produire en grande quantité. Pour cela, il s’est appuyé sur l’amplification isotherme à médiation par boucle (LAMP), une technique peu coûteuse pour détecter certaines maladies. Elle peut surtout être réalisée à température constante (65°C) – pas besoin de matériel de laboratoire. Concrètement, l’échantillon de salive est chauffé et, grâce à des indicateurs de pH, change de couleur si le Sars-CoV-2 est présent. Vittorio Saggiomo explique : “Le changement de couleur est très frappant : les échantillons négatifs sont roses et les positifs sont jaunes.” Mais comment maintenir une température constante tout en restant accessible ? 

Les échantillons positifs sont jaunes (crédits photo : Vittorio Saggiomo)

CoroNaspresso, entre café et impression 3D

C’est là que la capsule de café intervient : produit du quotidien, elle a servi de contenant qui pouvait être plongée dans une casserole d’eau bouillante. La capsule est remplie d’un matériau à changement de phase, plus particulièrement de RT64HC, une cire qui fond entre 63 et 65°C. C’est un  matériau peu cher (environ 13€ le kilo) dont le processus de fusion/solidification prend environ 25 minutes (5 grammes pour 1 litre d’eau). Un support imprimé en 3D permet de tenir les 4 tubes de 200μl contenant les échantillons de salive. Peu de détails sont donnés quant à l’impression 3D même, on sait juste que c’est du PLA qui a été utilisé. La pièce semble peu complexe, accessible à quiconque aurait une imprimante 3D FDM à la maison. Le recours à la fabrication additive s’inscrit très probablement dans cette logique de facilité d’exécution du test mais aussi de production en grande série : la pièce étant assez petite et peu complexe, on pourrait facilement en imprimer des dizaines en une seule fois. 

Le chimiste italien insiste également sur le caractère durable de ce test, en affirmant qu’il ne génère que très peu de déchets : « La même capsule peut être utilisée plusieurs fois, sans générer de déchets indésirables. À la fin de son cycle de vie, l’aluminium peut être recyclé, la paraffine brûlée et le plastique imprimé en 3D biodégradé. » Attention toutefois, le PLA est biodégradable dans certaines conditions, il ne faut bien évidemment pas le jeter dans la nature.

Le test génère peu de déchets (crédits photo : Vittorio Saggiomo)

En tout cas, Vittorio Saggiomo espère que son projet de CoroNaspresso pourra passer à l’étape de production, convaincu qu’il pourrait permettre de décentraliser les tests et faciliter le dépistage de COVID-19. Rappelons quand même que cette méthode ne coûterait que 20 centimes en termes de matériaux à acheter – le chimiste a d’ailleurs publié les étapes de fabrication de son réacteur ICI. Allez-vous tester cette méthode de dépistage ? N’hésitez pas à partager votre avis dans les commentaires de l’article ou avec les membres du forum 3Dnatives. Retrouvez toutes nos vidéos sur notre chaîne YouTube ou suivez-nous sur Facebook ou Twitter !

Mélanie Wallet

Diplômée de l'Université Paris Dauphine, je suis passionnée par l'écriture et la communication. J'aime découvrir toutes les nouveautés technologiques de notre société digitale et aime les partager. Je considère l'impression 3D comme une avancée technologique majeure touchant la majorité des secteurs. C'est d'ailleurs ce qui fait toute sa richesse.

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Mélanie Wallet

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