Une chimiothérapie locale grâce à un implant imprimé en 3D

Des chercheurs de l’université du Mississippi ont mis au point de minuscules capsules contenant un agent anticancéreux, intégrées à un petit implant fabriqué par impression 3D. Le principe : placer cet implant directement à côté de la tumeur, pour que le médicament agisse là où il le faut, sans se disperser dans tout le corps. Pour l’instant, les tests se limitent à des cultures de cellules cancéreuses du sein, en laboratoire.

Les travaux ont été publiés dans la revue Pharmaceutical Research et reposent sur deux innovations : une technique d’impression 3D appelée FRESH et un type de nanotransporteur connu sous le nom d’espanlastique. Chaque capsule mesure entre 200 et 300 nanomètres. Pour se faire une idée, un cheveu humain fait environ 100 000 nanomètres d’épaisseur.

Elom Doe (à gauche), doctorante en sciences pharmaceutiques, et Jaidev Chakka (à droite), chercheur principal à la faculté de pharmacie. (Crédits photo : Hunt Mercier/Ole Miss Digital Imaging Services.)

La chimiothérapie s’administre par voie orale ou intraveineuse et circule dans le sang jusqu’à atteindre la tumeur. Mais en chemin, elle s’attaque aussi aux autres cellules à division rapide : celles du cuir chevelu, de la muqueuse intestinale, de la peau. D’où la chute de cheveux, les nausées, les vomissements ou l’anémie qui accompagnent souvent le traitement. « La chimiothérapie reste une épreuve difficile en raison de la sévérité de ses effets secondaires », explique Jaidev Chakka, chercheur principal à la faculté de pharmacie d’Ole Miss et l’un des auteurs de l’étude. « La question que pose ce travail, c’est comment les réduire. »

L’idée est d’amener le médicament au plus près de la tumeur. Si l’implant est positionné à son contact, le médicament se concentre sur place au lieu de se répartir dans tout l’organisme. Les capsules, grâce à leur taille, peuvent traverser la membrane cellulaire et libérer leur contenu directement à l’intérieur de la cellule cancéreuse — là où les agents chimiothérapeutiques doivent agir. « Si le médicament n’entre pas dans la cellule, son effet est nul », résume Chakka. « En l’encapsulant, on le protège aussi de la dégradation, et on parvient à introduire une quantité significative en une seule fois. »

L’équipe, dirigée par Mo Maniruzzaman, professeur de pharmacie et de libération contrôlée des médicaments à l’université, estime que cette approche serait surtout utile pour les cancers détectés tôt, avant toute métastase. Un implant local ne sert pas à grand-chose quand la maladie s’est déjà propagée.

Pour l’heure, les expériences portent uniquement sur le comportement du médicament in vitro, c’est-à-dire sur des cellules isolées. « Il faudrait d’abord le tester sur des modèles in vivo avant d’envisager des patients, et ça ne se fait pas en un jour », prévient Elom Doe, doctorante en troisième année de sciences pharmaceutiques et coauteure de l’étude.

Que pensez-vous de cette technique pour le traitement du cancer ? N’hésitez pas à partager votre avis dans les commentaires de l’article. Vous êtes intéressés par l’actualité de l’impression 3D médicale ? Cliquez ICI. Vous pouvez aussi nous suivre sur Facebook ou LinkedIn !

*Crédits photos : The University of Mississippi

Carol S.

Share
Publié par
Carol S.

Articles récents

Maniac & Sane développe des vélos cargo grâce à l’impression 3D

L'impression 3D a depuis longtemps conquis l'industrie du vélo. Nous voyons de plus en plus…

14 août 2026

Les meilleurs générateurs de modèles 3D par IA pour l’impression 3D

L'un des aspects les plus intimidants de l'impression 3D peut être le logiciel. Si vous…

13 août 2026

Des chercheurs du MIT ont trouvé un moyen de réutiliser les supports d’impression 3D en résine

Dans le domaine de l’impression 3D en résine, les structures de support permettent de produire…

12 août 2026

Quels sont les sites de téléchargement gratuit de fichiers STL ?

Un fichier STL (de l'anglais stereolithography) est le format le plus courant pour représenter la…

11 août 2026

Des cafards cyborgs équipés de combinaisons de plongée imprimées en 3D pour sauver des vies

Les cafards sont sans doute les dernières créatures que l'on souhaite croiser. Des chercheurs de…

10 août 2026

Les projets qui utilisent l’impression 3D pour la restauration environnementale

Partout dans le monde, designers, ingénieurs, chercheurs et artistes se tournent vers l'impression 3D comme…

7 août 2026

Ce site utilise des cookies anonymes de visite, en poursuivant vous acceptez leur utilisation.