Interviews

Comment démocratiser l’impression 3D ? Rencontre avec le fabricant BQ

BQ est un fabricant espagnol d’imprimantes 3D qui a commencé à distribuer ses machines en 2013, d’abord en Espagne et peu à peu dans le monde entier. L’entreprise s’est ensuite lancée dans la création de ses propres imprimantes 3D avec un objectif précis : simplifier au maximum l’utilisation de cette technologie afin de l’offrir à tous. Le fabricant affirme vouloir démocratiser l’impression 3D, en mettant notamment l’accent sur le domaine de l’éducation. Nous avons rencontré Astrid Sánchez, Directrice Commerciale de l’Impression 3D et de la Robotique chez BQ afin d’en savoir plus sur la stratégie du fabricant en 2018 et ses futurs projets pour aller vers cette démocratiser.

3DN : Comment BQ a-t-il commencé sur le marché de l’impression 3D et qu’est-ce qui vous a poussé à devenir fabricant?

Astrid Sánchez

Nous sommes assez attentifs aux demandes du marché chez BQ. En 2013, nous avons commencé à distribué des imprimantes 3D alors que cette technologie était à peine connue en Espagne, obligeant les clients à se tourner vers des fabricants dans d’autres pays. Nous nous sommes rendus compte de deux choses: la difficulté pour l’utilisateur de recevoir de l’aide lorsqu’il avait un problème et que cette technologie qui pouvait intéresser une plus grande audience était réservée à une minorité possédant des connaissances très techniques. Nous avons donc décidé de fabriquer notre premier modèle DIY (Prusa i3 Hephestos) et une imprimante prête à l’emploi, la Witbox.

Désormais, notre offre s’est élargie, nous fabriquons des imprimantes du début jusqu’à la fin ce qui nous permet de contrôler tout le processus de création. Et nous le faisons en Espagne, notamment à Noáin (Navarre) où 400 imprimantes 3D environ sont produites et prêtes à être vendues chaque jour partout dans le monde.

3DN: A quel public les imprimantes 3D de BQ sont-elles principalement destinées et pourquoi?

L’impression 3D a beaucoup évolué ces dernières années. Si au début c’était une technologie que seuls quelques experts connaissaient et maitrisaient, elle a peu à peu touché différents secteurs et est utilisée en médecine, architecture, art, mode, dans l’industrie et l’éducation. Mais ses possibilités sont infinies et par conséquent notre but est désormais de simplifier la technologie et de l’amener à toutes sortes de public. La dernière imprimante que nous avons lancé sur le marché, la Witbox Go!, a un design soigné – qui a d’ailleurs gagné le Red Dot Design Award – et est très facile d’utilisation. Elle permet même d’imprimer en un clic depuis votre Smartphone. L’idée est de pouvoir l’utiliser même si vous n’êtes pas habitué aux imprimantes 3D.

3DN : Quels sont les projets de développement de la marque pour 2018?

Nous avons donc récemment lancé la Witbox Go! et notre équipe continuera de travailler sur la machine en 2018 pour qu’elle continue à démocratiser l’impression 3D. Pour l’instant, nous ne pouvons pas révéler nos futurs projets.

La Witbox Go!

3DN : Quelle est la vision de BQ dans le développement de l’impression 3D dans l’Éducation?

L’impression 3D commence à s’introduire dans l’enseignement – nous croyons d’ailleurs que l’éducation est l’un des domaines où cette technologie aura le plus d’influence. Elle deviendra un outil d’apprentissage et de création qui aidera les plus jeunes à acquérir des compétences artistiques en ingénierie, compétences qui influenceront l’industrie quand ils arriveront sur le marché du travail. Le département Education de BQ inclut depuis longtemps des imprimantes 3D dans ses formations à destination des professeurs et des enfants, car nous avons prouvé qu’elles encouragent la pensée créative.

L’imprimante 3D Hephestos

3DN : Un dernier mot pour nos lecteurs?

Nous espérons que l’impression 3D sera présente peu à peu dans les maisons. Nous continuerons à travailler sur le design et les avancées technologiques afin qu’elle touche tout le monde mais aussi pour mettre fin aux stéréotypes selon lesquels cette technologie est réservée aux geeks et ingénieurs. L’impression 3D est accessible à tous, il suffit de l’adapter à ce que l’on veut.

Le fabricant BQ peut-il démocratiser l’impression 3D? Partagez votre opinion dans les commentaires de l’article ou avec les membres du forum 3Dnatives.

Mélanie Wallet

Diplômée de l'Université Paris Dauphine, je suis passionnée par l'écriture et la communication. J'aime découvrir toutes les nouveautés technologiques de notre société digitale et aime les partager. Je considère l'impression 3D comme une avancée technologique majeure touchant la majorité des secteurs. C'est d'ailleurs ce qui fait toute sa richesse.

Share
Publié par
Mélanie Wallet

Articles récents

#Startup3D : Kupros et son filament de cuivre conducteur pour l’électronique FDM

Lorsque Ian Ramsdell, fondateur de Kupros, a commencé à interroger des spécialistes de l’électronique sur…

6 août 2026

La batterie zinc-ion imprimée en 3D de l’UCLA stocke 7 fois plus d’énergie

Une équipe de recherche dirigée par l’UCLA a utilisé l’impression 3D pour fabriquer une électrode…

5 août 2026

Tout savoir sur l’impression 3D d’acier

L'acier est un métal bien connu dans le secteur de la production industrielle et de…

4 août 2026

Craitor, l’entreprise à l’origine de FieldFab, une imprimante 3D destinée aux environnements extrêmes

L’année dernière, les troupes américaines ont démontré à quel point la fabrication additive avait progressé…

3 août 2026

Du tissu rénal et hépatique bio-imprimé pour la première fois dans l’espace

L'entreprise américaine Auxilium Biotechnologies est parvenue à bio-imprimer du tissu rénal et hépatique dans l'espace…

31 juillet 2026

Pourquoi l’industrie de la fabrication additive ne peut pas manquer le salon NPE2027

Le secteur de la plasturgie évolue rapidement, et avec lui, les frontières de la production…

30 juillet 2026

Ce site utilise des cookies anonymes de visite, en poursuivant vous acceptez leur utilisation.