Recherche & Education

La bio-impression volumétrique : vers la création de tissus artificiels en quelques secondes ?

A l’Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), une équipe de chercheurs a développé une technique de bio-impression volumétrique (volumetric bioprinting – VBP en anglais) qui permettrait de créer en quelques secondes seulement des structures dans un hydrogel comprenant des cellules souches. Ces formes complexes pourraient alors être vascularisées, ouvrant alors des portes en termes de fabrication de tissus artificiels et d’organes. 

Grâce aux progrès de la bio-impression, plusieurs initiatives ont été menées ces derniers mois dans le but de concevoir des tissus, des vaisseaux voire des organes bio-imprimés en 3D. Elle vient inévitablement impacter l’ingénierie tissulaire et a déjà des conséquences sur le secteur pharmaceutique où elle permet de tester des médicaments, mais aussi en chirurgie où le remplacement d’organes devrait être facilité. Rien que l’impression 3D permet aux médecins d’être mieux formés grâce à la création de modèles anatomiques sur-mesure, adaptés à la morphologie de chaque patient. 

Crédits photo : Alain Herzog / 2019 EPFL

La technologie de bio-impression VBP développée par les chercheurs de l’EPFL est basée sur un laser qui est envoyé sur un tube d’hydrogel qui tourne. Ce tube comprendrait des cellules souches. Le laser viendrait solidifier l’hydrogel sur des zones précises, ce qui permettrait de former rapidement la forme finale. Celle-ci est donc en suspension dans le gel. La structure obtenue pourrait alors être vascularisée en la mettant en contact avec des cellules endothéliales c’est-à-dire avec la couche la plus interne des vaisseaux sanguins. Un des avantages de cette technique serait sa rapidité : les chercheurs affirment que l’obtention de la forme finale se ferait en quelques secondes seulement, là où la bio-impression couche par couche est plus lente. Damien Loterie, chercheur et co-auteur de l’étude précise en effet : “Au contraire des méthodes de bio-impression traditionnelles, qui procèdent lentement et couche par couche, notre technique rapide offre plus de liberté en matière de design, tout en maintenant la viabilité des cellules.”

Pour le moment, l’équipe a démontré qu’elle pouvait bio-imprimer des formes de plusieurs centimètres comme un ménisque, un morceau de fémur ou encore une valve. A terme, elle espère concevoir des tissus artificiels et des organes, des applications intéressantes pour tester des médicaments autrement que sur des animaux, ou encore pour créer des implants sur-mesure. Paul Delrot, co-auteur de l’étude conclut : “Comme les caractéristiques des tissus humains dépendent largement de leur structure extracellulaire très sophistiquée, la possibilité de reproduire cette complexité est prometteuse pour de véritables applications cliniques.” 

Les résultats de ces travaux de recherche ont été publiés dans la revue Advanced Materials. Les chercheurs souhaiteraient commercialiser leur technologie et créer une spin-off dédiée pour ce faire.

*Crédits photo de couverture : Alain Herzog / 2019 EPFL

Que pensez-vous de cette technique de bio-impression volumétrique ? Partagez votre opinion en commentaires de l’article ou avec les membres du forum 3Dnatives.

Mélanie W.

Diplômée de l'Université Paris Dauphine, je suis passionnée par l'écriture et la communication. J'aime découvrir toutes les nouveautés technologiques de notre société digitale et aime les partager. Je considère l'impression 3D comme une avancée technologique majeure touchant la majorité des secteurs. C'est d'ailleurs ce qui fait toute sa richesse.

Share
Publié par
Mélanie W.

Articles récents

Tùr House, une future maison imprimée en 3D en sable ?

Et si on pouvait vivre dans une maison de sable ? Cela paraît complètement absurde…

16 janvier 2026

#Startup3D : OsseoLabs et ses implants 3D en magnésium pour une chirurgie personnalisée

Les implants imprimés en 3D ont déjà démontré leur énorme potentiel dans le domaine chirurgical.…

15 janvier 2026

Les innovations de l’impression 3D présentées au CES 2026

Présenté comme une scène mondiale dédiée à l'innovation, le Consumer Electronics Show (CES) est revenu…

14 janvier 2026

Une certification supplémentaire pour le secteur ferroviaire japonais

Roboze, fabricant italien spécialisé dans la fabrication additive de polymères hautes performances et composites, a…

14 janvier 2026

Stealth 3D de PRO, une selle imprimée en 3D pour améliorer confort et performance

L’impression 3D continue de s’imposer dans le secteur des équipements sportifs, et plus particulièrement dans…

13 janvier 2026

Comment l’impression 3D transforme les infrastructures hydrauliques

Vous l'avez appris en cours de sciences : l'eau est à la base de la…

12 janvier 2026

Ce site utilise des cookies anonymes de visite, en poursuivant vous acceptez leur utilisation.