Médical et Dentaire

La bio-impression 3D pour améliorer l’efficacité des opérations de greffe du cœur

Selon l’Institut Pasteur de Lille, 150 000 personnes par an en France décèdent à la suite de maladies cardiovasculaires. Ces pathologies sont les deuxièmes plus meurtrières derrière le cancer. La transplantation cardiaque, ou greffe du cœur, est généralement le meilleur traitement à long terme, mais elle entraîne de nombreuses complications. En effet, même après une opération, le risque de rejet est très élevé, ce qui peut entrainer la mort du patient.

Des chercheurs de l’Université de technologie de Sydney (UTS) ont alors mis au point une méthode qui, grâce à la fabrication additive, devrait pouvoir réduire les décès dus aux maladies cardiaques. Ils utilisent l’impression 3D pour créer des tissus cardiaques humains à l’aide d’une bio-encre personnalisée, censée réduire les complications et le risque de rejet.

En utilisant les propres cellules souches du corps, le rejet est évité (crédits photo : UTS)

Le docteur Carmine Gentile, Responsable du Groupe Régénération Cardiovasculaire à l’UTS explique : « nous avons développé une technologie qui permet de modéliser en 3D et de bio-imprimer des cœurs personnalisés pour la transplantation à partir des propres cellules souches du patient afin qu’il n’y ait aucun risque de rejet ». Le tissu cardiaque produit n’a que la taille d’un demi-ongle. En revanche, les possibilités offertes par ce nouveau développement sont bien plus grandes. Après une crise cardiaque, le tissu imprimé pourrait être utilisé pour régénérer les organes endommagés. De plus, grâce à cette technologie, de plus en plus d’expérimentations animales pourraient être supprimées à l’avenir. Après un scan à l’hôpital, un modèle 3D du cœur entier est d’abord créé. « Nous modélisons en 3D la zone qui doit être transplantée et un patch cardiaque qui recouvre la zone endommagée, explique le Dr. Gentile. Cette information est ensuite utilisée par la bio-imprimante pour créer un tissu cardiaque battant à partir de la bio-encre contenant les cellules souches du patient. »

Le développement de la technologie de bio-impression 3D

Les raisons de la motivation du Dr Gentile remontent à des années dans le passé. Après une formation de pharmacien à Pise, il étudie le mimétisme des vaisseaux sanguins. « C’était un projet court, mais il a suscité un intérêt pour la vie », a déclaré l’Italien d’origine. Il a ensuite déménagé en Caroline du Sud pour un poste de chercheur et a travaillé dans le domaine de la bio-impression. Arrivé plus tard en Australie, Gentile s’est vu offrir l’opportunité de créer son propre groupe de recherche. Depuis lors, il a travaillé en étroite collaboration avec des chirurgiens, des cardiologues et les industries de la bio-impression 3D et pharmaceutique à l’UTS. « Nos études sont guidées par notre passion et je suis très heureux du soutien que mon équipe à l’UTS a reçu. Nous faisons de notre mieux pour faire progresser le domaine et rendre nos technologies largement disponibles », a déclaré Gentiles.

Docteur Carmine Gentile, responsable du groupe de régénération cardiovasculaire à l’UTS (crédits photo : UTS)

Que pensez-vous de cette nouvelle innovation de l’UTS ? Partagez votre avis dans les commentaires de l’article et retrouvez toutes nos vidéos sur notre chaîne YouTube ou suivez-nous sur Facebook ou Twitter !

*Crédit photo de couverture : Université de technologie de Sydney

Tom Comminge

Share
Publié par
Tom Comminge

Articles récents

Nike utilise l’impression 3D pour rendre la combinaison de Keely Hodgkinson plus aérodynamique

Et si quelques millimètres de matière imprimée en 3D suffisaient à gagner du temps sur…

2 octobre 2026

Résistance à la rupture et à la fatigue démultipliée : un élastomère imprimable en 3D surprend par ses propriétés

À l’école Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), des chercheurs ont découvert qu’une encre élastomère originellement…

1 octobre 2026

Škoda partage des fichiers 3D pour personnaliser votre voiture

Škoda a récemment partagé une collection de fichiers 3D pour personnaliser l’intérieur de ses voitures…

30 septembre 2026

Surveillance in situ ou inspection post-fabrication : que choisir pour garantir la qualité des pièces imprimées en 3D ?

Lorsqu’on fabrique des pièces métalliques par fabrication additive pour des secteurs exigeants tels que l’aérospatiale,…

29 septembre 2026

Le porte-avions Charles de Gaulle imprime ses propres pièces métalliques…avec une solution tricolore

Imprimer des pièces en pleine mer, un rêve pour beaucoup, une réalité pour d’autres :…

28 septembre 2026

Des chercheurs impriment en 3D un guide sur mesure pour aider les débutants à jouer du shakuhachi

Des chercheurs de Science Tokyo ont conçu et fabriqué en 3D un dispositif qui reproduit…

25 septembre 2026

Ce site utilise des cookies anonymes de visite, en poursuivant vous acceptez leur utilisation.