News

Le développement irrépressible des armes à feu imprimées en 3D

C’est un sujet qui irrite les professionnels du secteur mais le débat sur les armes à feu imprimées en 3D a été récemment relancé par le magazine Wired UK. Le magazine décrit le déploiement depuis quelques jours d’un nouveau réseau décentralisé de défenseurs de ces armes qui tentent de vulgariser leur usage. Il semblerait cette fois-ci que ce réseau ne possède ni leader, ni siège social, le rendant impossible à identifier par le gouvernement. On connaît toutefois le nom d’emprunt de leur porte-parole, Ivan the Troll, qui a affirmé au cours d’un interview donné à Wired UK qu’ils seraient des milliers à soutenir ce mouvement.

L’été dernier aux Etats-Unis, la légalisation des armes imprimées en 3D avait entraîné une polémique sans précédents dans le monde entier, après une bataille juridique commencé en 2013. Et pour cause, cette loi autorisait la mise en ligne des fichiers 3D de différentes armes, permettant ainsi à n’importe qui de les imprimer directement à la maison. Une décision vivement critiquée qui avait même été déclenché plusieurs opérations de sensibilisation comme celle lancée par Dagoma, les Armes Inoffensives.

Selon le porte-parole Ivan The Troll, une vague souterraine d’imprimeurs 3D d’armes à feu serait en plein développement – il affirme qu’elle comprendrait au moins 100 personnes qui utilisent activement la technologie dans ce but précis, avec des milliers qui y contribuent, et ce, partout dans le monde. Ce réseau communiquerait notamment via les outils de messagerie Signal, Twitter, IRC et Discord, s’échangeant des fichiers pour armes à feu ainsi que des conseils et bonnes pratiques pour différents projets. La majorité serait des passionnés d’armes à feu imprimées en 3D qui partagent les mêmes idées politiques sur leur contrôle. Par exemple, Ivan the Troll a filmé plusieurs vidéos où on peut apercevoir les quelques armes qu’il a créées dans son garage, avec des messages assez inquiétants comme “Tout le monde peut le faire” ou “Vivez librement ou mourrez” explique le magazine britannique.

En février dernier, Ivan et ses quelques amis passionnés ont décidé de créer un groupe, baptisé “Deterrence Dispensed”, un clin d’oeil à l’entreprise Defense Distributed de Cody Wilson, à l’origine du débat sur les armes à feu imprimées en 3D. Ce nouveau groupe a conçu ses propres designs de pistolets imprimés en 3D. Ivan the Troll affirmait : “Même si n’importe quel gouvernement m’interdisait de le faire, je le ferais quand même. Certaines personnes aiment les jeux vidéo, et moi j’aime bien passer des heures et des heures à modéliser des choses sur des logiciels de CAO.” Mais voilà, le problème est qu’il ne fait pas que modéliser : il partage des fichiers 3D d’armes à feu fonctionnelles. Le loisir devient dangereux. Un danger qui n’est pourtant pas perçu comme tel par Ivan et les autres groupes radicaux du même genre – il se considère en effet comme un simple passionné qui a choisi de suivre la mauvaise voie.

The Liberator, la première arme à feu imprimée en 3D (crédits photo : Justin Pickard/Flickr/CC-By-2.0)

Ivan justifie ses actes en expliquant que les américains ont besoin de se défendre contre les forces de l’ordre qui “tirent sur vous sans raison particulière”. Il poursuit : “Vous n’êtes même pas obligé de représenter une menace pour eux. Un flic peut te tuer et s’en tirer juste parce qu’il voulait vraiment le faire. Vous devriez être capable de posséder la même force juridique que les policiers utilisent pour vous contrôler.” Ivan invoque même le premier et le deuxième amendements de la constitution américaine à savoir la liberté d’expression et le droit de porter les armes.

La réalité est donc bien inquiétante selon Wired UK : ces groupes passionnés par les armes à feu seraient prêts à tout pour parfaire et partager les fichiers 3D correspondants, promouvant ainsi une utilisation plus importante de ces armes dans la société. On espère que le gouvernement américain pourra trouver une solution pour freiner ce mouvement et contrecarrer le partage de ces fichiers rapidement, même s’il semblerait qu’il soit déjà trop tard… Retrouver l’interview original d’Ivan the Troll ICI.

* Crédits photo de couverture : Robert MacPherson/AFP/Getty

Que pensez-vous du développement des armes à feu imprimées en 3D ? Partagez votre opinion en commentaires de l’article ou avec les membres du forum 3Dnatives.

Mélanie Wallet

Diplômée de l'Université Paris Dauphine, je suis passionnée par l'écriture et la communication. J'aime découvrir toutes les nouveautés technologiques de notre société digitale et aime les partager. Je considère l'impression 3D comme une avancée technologique majeure touchant la majorité des secteurs. C'est d'ailleurs ce qui fait toute sa richesse.

Share
Publié par
Mélanie Wallet

Articles récents

rrreefs immerge un récif corallien imprimé en 3D aux Maldives

Le resort Anantara Dhigu vient d'immerger dans son lagon aux Maldives 13 structures en argile…

10 juillet 2026

WEBINAIRE : Décryptage de la HP IF 600 HT, matériaux ouverts et haute performance sans compromis

L'impression filament industrielle a longtemps imposé un choix entre l'accessibilité des systèmes de bureau et…

9 juillet 2026

Première greffe réussie d’une cornée humaine bio-imprimée en 3D

En octobre 2025, le Rambam Health Care Campus de Haïfa, en Israël, a marqué l'histoire…

8 juillet 2026

Tout savoir sur l’impression 3D de cire

Le terme d'impression 3D de cire est quelque peu trompeur, car il s'agit d'une impression…

7 juillet 2026

Italie: WASP et Olfattiva inaugurent Shamballa, une ferme imprimée en 3D et site de recherche

Le 8 juin 2026, sur les collines d'Émilie-Romagne, WASP et Olfattiva ont dévoilé Shamballa :…

6 juillet 2026

L’Exo.1, le nouveau champion de l’horlogerie imprimée en 3D par Parivas

Une nouvelle montre fabriquée par fabrication additive fait son entrée sur la scène de l'impression…

3 juillet 2026

Ce site utilise des cookies anonymes de visite, en poursuivant vous acceptez leur utilisation.