Les danseuses de ballet professionnelles peuvent user des centaines de paires de chaussons par an. L’impression 3D pourrait-elle changer la donne? C’est la conviction de la startup allemande act’ble:
Le ballet est apparu en Europe aux XVe et XVIe siècles, mais ce n’est qu’au XIXe siècle que des cordonniers italiens ont renforcé le chausson de pointe, dont la conception n’a guère évolué depuis et reste majoritairement artisanale & faite à la main.
Les danseuses doivent casser, rembourrer et adapter chaque paire, et les chaussons d’une professionnelle ne tiennent souvent qu’une seule journée avant que la semelle ne se ramollisse. Ils constituent ainsi l’un des équipements les plus coûteux et les moins durables du ballet.
C’est là qu’intervient act’ble, qui a tourné le dos à l’artisanat traditionnel du ballet pour adopter une technologie bien plus efficace que ce qui se faisait ces derniers siècles : la fabrication additive. Le résultat ? Un chausson modulaire, dont les composants peuvent être remplacés entièrement.
Le chausson d’act’ble se compose de trois parties : une semelle imprimée en 3D, une enveloppe tricotée et des lacets. L’élément central est une semelle intérieure imprimée en 3D en TPU haute performance. Des incisions divisent la semelle en segments, lui permettant de se plier librement lorsque le pied est à plat. Lorsque la danseuse se dresse sur les pointes, les segments se rejoignent et se bloquent, devenant rigides lors du transfert de poids.
Autour de la semelle, une « enveloppe » tricotée s’enfile comme une chaussette, soulageant les orteils en répartissant la pression sur l’ensemble du pied. Les lacets,eux, sont dissimulés sous l’enveloppe et reliés à la semelle. Ils s’enroulent autour du pied pour le maintenir, déchargeant ainsi les orteils du poids du corps.
La fondatrice Sophia Lindner est une ancienne danseuse de ballet ayant pratiqué pendant 14 ans avant d’étudier le design. En 2018, elle a conçu un prototype de chausson de pointe dans le cadre de son mémoire de licence, qu’elle a baptisé React. Il n’était pas destiné à devenir un produit, mais les danseuses, chorégraphes et spécialistes en médecine de la danse qui l’ont essayé en ont décidé autrement, ce qui l’a poussée a continuer. Par la suite, plus d’une centaine d’itérations de design s’ensuivirent avec un nouveau prototype imprimé en 3D sortant de la machine tous les deux jours.
La production a évolué depuis. Lorsqu’act’ble s’était confié à 3Dnatives en 2022, les semelles étaient simplement fabriquées par frittage laser. Aujourd’hui, la production repose sur la technologie HP Multi Jet Fusion chez Something Added, une entreprise barcelonaise spécialisée dans la fabrication additive pour la chaussure.
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*Crédits de toutes les photos : act’ble
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