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Conseils d’experts : Comment choisir son scanner 3D ?

Il y a quelques mois, nos experts vous donnaient les clés nécessaires pour bien choisir votre imprimante 3D et votre filament. Aujourd’hui, nous avons renouvelé l’expérience en demandant à 3 trois spécialistes de vous conseiller dans l’acquisition d’un scanner 3D. Un outil encore mal connu de tous et dont le choix reste difficile, surtout quand on est débutant ! Pour vous éclairer, 3Dnatives est allé à la rencontre de 3 experts : un service de numérisation 3D, un revendeur multi-marques et un bureau d’étude.

Quelles sont les technologies de numérisation 3D à privilégier ? Quels sont les critères importants quand on veut acquérir un scanner 3D : la précision, le volume de scan, la fréquence de mesure ? Vers quel modèle faut-il se tourner ? Ci-dessous, des éléments de réponse pour vous vous éclairer.

Alexis Dejoux, associé fondateur de Digitage

En 2011, Alexis Dejoux crée la société Digitage avec Orpheas Ladas avec une idée bien précise : offrir des services de numérisation 3D aux musées, au patrimoine et à la culture au sens large. Son entreprise est aujourd’hui prestataire de services de scan 3D et s’adresse à une diversité de secteur que ce soit la mode ou l’industrie. Digitage répond également aux clients désireux de « reproduire une pièce complexe, ou qui veulent changer d’échelle ou de matière. »

Alexis Dejoux de chez Digitage

Pour Alexis, il existe 3 grandes familles de technologies de scan 3D qui répondent chacune à une utilisation selon le type d’objet que l’on souhaite numériser. Les télémètres laser serviront par exemple aux scans d’extérieurs tandis que les scanners à triangulations ou en lumière structurée seront utilisés pour numériser différents objets de taille variable. Il faut donc savoir ce que l’on veut scanner et l’utilisation qu’on fera de la machine. « Par exemple, si vous devez souvent scanner des objets en extérieur, ou chez vos clients, un scanner portable à main sera sans doute très utile ; si vous scannez des bâtiments, sans hésitation un télémètre laser à différence de phase ; et si vous scannez surtout des paysages ou des chantiers, optez pour un drone et une bonne caméra ».

Son conseil pour choisir un scanner 3D ? « Allez les essayer et pensez à la question de la formation ! ». On ne se rend pas forcément compte que l’utilisation d’un scanner 3D est technique : il faut donc aller voir comment il fonctionne, tester le produit et se renseigner sur sa pise en main. Alexis conseille également de bien réfléchir à la question du logiciel pour éditer le fichier numériser car « les suites logicielles ne permettent pas toutes de faire autant d’édition sur votre fichier. »

Alexis vous conseille le scanner David SLS-3 comme entrée de gamme car il offre un bon rapport qualité de mesure/prix et est facile à prendre à main. Si vous avez un budget plus conséquent, optez pour un scanner de chez Aicon à projection de franges qui possède une très bonne précision et une fusion des données très puissante.

Michaël Lellouche – Dirigeant d’Arketyp 3D

Fondé en 2001, Arketyp 3D est un distributeur français spécialisé en impression et scanner 3D. Il est notamment le revendeur des solutions du fabricant Artec et propose différents modèles de scanners.

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Michaël Lellouche de chez Arketyp 3D

Tout comme Alexis, Michaël affirme qu’il existe 3 grands groupes de scanners, regroupés en fonction de la taille des objets à scanner car « Il n’existe malheureusement pas encore de scanner capable de scanner tous les objets allant de la figurine très précise à un bâtiment, en passant par un corps humain. ». Par exemple, pour les grands objets comme des ponts ou des bâtiments, Michaël suggère d’utiliser un scanner à laser rotatif ou bien la photogrammétrie. Si vous souhaitez scanner des objets petits de manière très précise, il faut se tourner vers certains scanners laser comme les scanners automatiques ou les scanners GOM.

Indépendamment de la taille de l’objet à scanner, les deux critères importants à avoir en tête sont la « qualité du mesh 3D qu’il est possible d’obtenir avec le scanner, aussi bien en termes de précision que de résolution » et le temps nécessaire à l’obtention du résultat final. Ce n’est qu’après ces deux critères qu’intervient la question du prix.

Michaël préconise lui aussi vivement « d’essayer ou d’assister à une démonstration avant d’acheter » afin de bien se rendre compte de l’utilisation faite du scanner, si elle correspond réellement à nos besoins. Il explique que les modèles Artec « sont ceux qui ont sans conteste le meilleur rapport qualité/prix et qui nécessitent le moins de temps d’opérateur pour obtenir un excellent résultat » : la gamme étant assez large, vous pourrez trouver un scanner adapté à vos besoins sans trop de difficulté.

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Numérisation de Clovis Cornillac avec un Space Spider (copyright : Arketyp3D, avec l’aimable autorisation de Clovis Cornillac)

Frédéric Chasseloup – Co-fondateur de Tech’n Form

Cela ne fait que quelques mois que Frédéric Chasseloup a fondé Tech’n Form, un bureau d’études et de manufacture dédié à l’artisanat et à la conservation numérique préventive et sécurisée du patrimoine. Il utilise le scanner 3D comme un outil de travail au quotidien : le fichier 3D obtenu sert de base pour modéliser et créer.

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Le travail de numérisation et de modélisation 3D d’une voiture par Tech N’ Form

Pour Frédéric, choisir un scanner 3D est une affaire de compromis : il faut bien cerner ses usages et ses attentes car il n’existe pas « d’équipement suffisamment polyvalent pour répondre à toutes les demandes. » Il faut donc se référer à la dimension des objets à scanner, à la précision recherchée, à la vitesse d’acquisition, à la mobilité de l’utilisation, etc. Un point fondamental pour Frédéric est le logiciel de traitement de données car il retravaille sur les fichiers 3D numérisés. Il faut prendre en compte « le traitement de l’assemblage, mais surtout la capacité du logiciel à conserver les zones de détail quand on réduit la taille du fichier, c’est-à-dire sa manière de condenser les points sur les zones de rayons, et de les réduire sur les zones plus planes. »

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Le logiciel des scanners Artec

C’est pourquoi il faut « apprendre un logiciel de modélisation 3D » avant de vous lancer dans l’acquisition d’un scanner 3D. C’est important car c’est un « vrai travail derrière pour profiter pleinement de la technologie. » C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles Frédéric conseille un scanner Artec car il est « accompagné d’un logiciel de traitement simple et puissant » tout en répondant à la plus grande partie des demandes que ce soit en termes de taille des objets ou de qualité de numérisation.

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Et vous, quels sont vos conseils pour choisir un scanner 3D? Partagez votre avis dans les commentaires de l’article ou avec les membres du forum 3Dnatives.


À propos melanie

Diplômée de l'Université Paris Dauphine, je suis passionnée par l'écriture et la communication. J'aime découvrir toutes les nouveautés technologiques de notre société digitale et aime les partager. Je considère l'impression 3D comme une avancée technologique majeure touchant la majorité des secteurs. C'est d'ailleurs ce qui fait toute sa richesse.